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 Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)

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Lirya Sandman

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MessageSujet: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Mar 2 Aoû - 20:46

    Aujourd’hui, Lirya avait décidé d’explorer l’établissement. Soyons honnête, elle n’avait surtout pas envie de participer au cours du jour. S’étant réveillée un peu après midi, elle avait donc décidé de se balader dans les couloirs vides de l’école histoire de trompé l’ennui. Elle avait enfilé une tenue sans se soucier d’avoir chaud, puisqu’elle comptait rester à l’intérieur, avait mis de l’ordre sans ses longs cheveux avant d’enfoncer une casquette sur sa tête. Pourquoi une casquette alors qu’elle ne sortait pas ? Parce que l’apparat n’était pas fait de que tissus pour s’habiller. Une tenue ne serait être complètement sans les accessoires adéquats. Le duo que faisaient le petit short et le t-shirt qui le couvrait presque entièrement, ne saurait être complet sans les longues chaussettes qui lui remontaient au dessus du genou et cette fameuse casquette.

    Laissant tranquillement claqué ses pas sur le carrelage, elle fredonnait en regardant ce qui l’entourait avec un vague intérêt. Non, sérieusement, le type qui avait pensé à la décoration de cet endroit avait un sérieux souci. Des armures. Une rangée qui semblait presque interminable. C’était à douté qu’on se trouvait dans une école. Mais cette école était de toute façon tout SAUF normale. Dans le fond, même ses élèves ne l’étaient pas… mais tout de même !

    - On se croirait dans un bouquin, finit-elle par soupirer à mi-voix.

    Un bouquin. C’est ça. Elle était l’héroïne d’un grand roman d’aventure. Forcée à rejoindre un endroit louche remplis de personne agaçantes et aux dons bizarre. Elle allait presque devoir peut-être songé à tenir un peu sa langue -enfin, on peut voir par la formulation, toute l’importance qu’elle mettra à le faire- histoire d’éviter les ennuis. Parce que bon, éviter les coups de personne normal, c’est plutôt facile mais s’il s’agit de chose un peu moins ordinaire, rien ne dit qu’elle pourra s’en sortir sans heurt.

    Elle grommela à cette idée avant de regarder sa main. Elle n’était pas non plus sans défense à présent. Elle aussi était un membre de cette foire au monstre. Esquissant un mince sourire en coin, elle s’arrêta devant une armure et se concentra un peu. Fixant le casque des yeux, elle fit un petit geste de l’indexe vers le haut et la visière se releva comme si elle l’avait tout simplement poussé du doigt. Se redressant, fière de sa petite prouesse, elle adressa un sourire goguenard à l’armure.

    - Tu dois y voir plus clair comme ça.

    Lirya parlait parfois, même souvent, aux objets. C’était une mauvaise habitude qu’elle avait prit pour palier sa solitude. Oh bien sûr, elle avait voulu cette solitude. Et puis, parlé à un objet ou à une personne relevait pour elle d’un même acte. Elle n’élevait pas l’objet au rang d’humain, elle se contentait de considéré les autres à peu près autant qu’elle pouvait le faire avec cette armure.

    Elle reprit sa marche en regardant sa main. Elle avait, depuis son arrivée, acquit une certaine maitrise sur les objets, la difficulté croissant avec le poid et/ou la taille de l’objet. Mais elle n’avait, pour le moment, jamais tenter d’exercer son don sur un être vivant. Ca aurait été un peu cruel et pourtant… C’était plutôt tentant. Mais maintenant, il y avait un autre problème. Comment créer la situation propice à une utilisation de son don sur quelqu’un d’autre sans finir avec une sanction ou quelque chose s’en approchant ?

    Perdu dans ses pensée, elle ne fit pas attention au fait qu’elle n’était désormais plus seule dans les couloirs, le bruit cadencé de ses pas ayant été rejoint par ceux d’une autre personne.


Dernière édition par Lirya Sandman le Mar 9 Aoû - 14:06, édité 2 fois
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Sam 6 Aoû - 22:33

Parfois, quand on fait encore partie d'un quelconque système scolaire, il arrive que les emplois du temps soient bouleversés par un évènement tout simple, communément appelé "absence du professeur". Quelque qu'en soit la raison, problèmes familiaux, maladie, crise de monocapillopalmie aiguë, enlèvement par des extra-terrestres, on se retrouve avec le même résultat, à savoir toute une classe qui erre en attendant le cours suivant, qui bien évidemment est assuré. Parfois, certains professeurs décident de profiter de l'absence de leurs collègues pour décaler leurs propres horaires, mais c'est rare.

Et ce n'était pas le cas ce jour-là. Enfin, il y avait bien un professeur absent, mais aucun de ses collègues n’avait eu envie de le remplacer. Il fallait dire que malgré la présence de leurs deux délégués, faire cours aux Winterhoods de seconde année n’était pas forcément exempt d’humiliations en tout genre, voire vague de mépris émanant des étudiants assis face à vous. Sans compter que les étudiants en question n’étaient pas les seuls à avoir un peu de mal à supporter l’étage où se trouvaient leurs salles de cours, et que voir ses élèves arriver au compte-gouttes après avoir été soi-même en retard n’était pas particulièrement plaisant. On n’en demandait pas du rab, quoi. Du coup, on se retrouvait avec toute une classe libre de faire ce qu’elle désirait durant cette heure de milieu d’après-midi. Si certains préféraient profiter du soleil au dehors, ou encore se retrouver entre eux dans leur salle commune, Gabriel, lui, avait choisi de mettre ce laps de temps à profit pour remplir son devoir de délégué. Après tout, comme son père le lui avait si bien dit la dernière fois qu’ils en avaient parlé, cela l’entraînait pour plus tard, quand il aurait à s’assurer que ses subordonnés travaillaient bien et méritaient le salaire qu’on leur versait tous les mois. Si ce n’était pas le cas, on baissait le salaire en question en rétrogradant l’employé, voir même on supprimait la dépense en supprimant le poste. Mais il fallait aussi savoir accepter les plaintes, afin que personne n’ait de raison de se mettre en grève, ce qui ralentirait le travail de tout le monde, et donc les revenus pour le patron. Eh bien le poste de délégué, dans cette école de fous, revenait à peu de choses près au même. D’un côté, on était le porte-parole du reste des élèves, pour rapporter aux autorités compétentes les problèmes qui ne résolvaient pas d’eux-mêmes, et l’on gérait les petits conflits, et de l’autre, on avait le pouvoir de punir ceux qui ne respectaient pas le règlement. Le mieux étant que personne ne viendrait contester vos décisions.

On pouvait donc voir se promener dans les couloirs un jeune homme blond, en apparence oisif et nonchalant, mais surtout en train de chercher quelqu’un en train de faire quelque chose. Certes, c’était vague. En fait, la description plus précise serait "quelqu’un en train de faire quelque chose qui pourrait passer pour contraire au règlement", de manière à pouvoir corriger le quelqu’un en question. Une occupation comme une autre, me direz-vous. Pour l’instant, il avait déjà renoncé à inspecter le quatrième étage –un mur agressif l’avait gardé coincé dans quatre mètres carrés directement en sortant de sa salle, il avait moyennement apprécié- et passé en revue le deuxième et le troisième sans rien trouver. Enfin, rien. Quelques filles de sa classe en légère infraction, la clope au bec à l’intérieur, mais ce n’était pas comme si les Winterhoods n’avaient pas tous les droits. Si l’on se mettait à blâmer l’élite de l’école pour une simple petite cigarette à l’intérieur de l’établissement, on n’était pas près de s’arrêter. Mais pourquoi donc est-ce que les gens de cette école avaient, pour une fois, décidé de ne pas faire la moindre connerie ? Attendez, ce n’était pas comme s’il y avait TOUJOURS quelqu’un en train d’en faire une, ici, mais pas loin. Alors si, le jour où il avait décidé de faire un peu de surveillance, monsieur de St-Andrez ne trouvait rien, il allait finir par être frustré. Et s’il était frustré, il s’énerverait encore plus vite que d’habitude. Et ça, c’était mauvais pour tout le monde. Bon, direction le cinquième étage. C’était là que se situait la salle commune des summerers, après tout, et il était bien connu que ces imbéciles méritaient toujours d’être punis, même et surtout s’ils ne faisaient rien. La preuve, ils n’avaient pas le droit d’avoir une majuscule à leur nom.

Mais ce n’est pas une summerer qu’il trouva errant dans les couloirs. Non, il lui semblait plutôt qu’il s’agissait d’une Faithbee, une première année, dont le nom lui échappait. Mais il en savait assez à son sujet pour pouvoir dire qu’elle n’avait aucun intérêt. Si ce n’est celui de ne pas être en cours à l’heure où, selon la maigre notion qu’il avait de l’emploi du temps des premières années, le reste de sa classe y était. Ce qui était suffisant pour pousser Gabriel à l’aborder.

    - Dis donc toi, tu devrais pas être en cours ? Les nains de première année n’en sont pas dispensés, il me semble…


Bon, elle avait de la chance pour l’instant, il était calme. Et il n’avait même pas été grossier. Pour une fois.
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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Dim 7 Aoû - 9:05

    Il y avait plusieurs façon de prendre Lirya à rebrousse poil. Certaine sur lesquels on pouvait influer, d’autre non.
    La première était l’attitude. S’il y avait une chose qu’elle ne supportait pas, c’était les gens arrogants. Du moins ceux qui osaient l’être ouvertement plus qu’elle. Ca l’agaçait au plus au point. Appelez ça de la susceptibilité ou simplement de la fierté mal placée, peu importe, le fait était qu’elle estimait que la seule personne à pouvoir la prendre de haut n’était pas encore née.
    La deuxième était le statut. Une personne sociale ou hiérarchiquement supérieur à elle et qui se plaisait à le lui rappeler (voir la première façon) était le plus à même de lui courir franchement sur le haricot. Les nobles n’étaient que des empafés bien trop prétentieux pour rien. Les détenteurs de pouvoirs exécutifs étaient bien trop avides de s’en servir pour mériter son respect.
    Et la dernière mais plus importante chose était, sans le moindre doute, de faire allusion à sa taille. Que ce soit en des termes positifs ou négatifs, ca n’avait pas d’importance. Elle ne supportait tout simplement pas qu’on évoque ce léger détail de sa personne. Et puis d’abord, elle était complètement et parfaitement compenser par son charisme et son intelligence, alors à quoi bon en parler ?

    Toujours est-il que l’intrus dans le couloir qu’elle avait décidé de visiter à cet instant n’avait vraiment pas eu la chance de son coté. Il avait commencé par être simplement présent, ensuite, rien qu’à voir son allure, il ne faisait pas le moindre doute qu’il était un de ses petits gosse de riches. Supposition confirmée lorsqu’elle finit par le reconnaitre, parce qu’EN PLUS, il était délégué. Avant même d’ouvrir la bouche, il avait déjà deux choses sur trois contre lui qui faisait qu’elle ne le porterait surement pas dans son cœur. Comme dans un souci de perfection, histoire d’apposer la touche finale à ce tableau avec brio, il ouvrit la bouche pour compléter la trinité.

    - Dis donc toi, tu devrais pas être en cours ? Les nains de première année n’en sont pas dispensés, il me semble…

    C’est bon. Elle ne le supportait pas. C’était radical et surement définitif.
    Comme pour gagner quelques centimètres –chose qu’elle faisait inconsciemment-, elle se redressa en se tenant bien droite, adressant un regard méprisant au blondinet. Cependant, elle réfléchit un peu avant de lui répondre. Il valait mieux marcher sur la fine ligne de l’insolence sans dépasser les limites. Ce délégué était des Winterhoods. Il ne faisait pas le moindre doute qu’il prendrait un malin plaisir à ôter des points à sa classe si elle lui en donnait l’occasion. Non pas que gagner la coupe lui importe vraiment mais sa fierté se refusait à être la cause possible de la perte du dit-trophée.

    Finalement, elle ouvrit la bouche, d’un ton mielleux qui débordait faux-semblant.

    - Et qu’est-ce que môsieur le Délégué peut bien en savoir?

    Bien qu’elle n’ait pas décidé de faire acte de présence, elle connaissait son emploie du temps par cœur. Actuellement, sa classe avait ce qu’on pouvait le plus rapprocher de l’éducation physique dans cette école bizarre. Elle aurait très bien pu être dispensée pour des raisons que le Winterhoods ignorait. Ce qui en plus n’était pas un complet mensonge. Bien qu’elle n’ait pas jugé souhaitable de le crier sur les toits, ses problèmes respiratoires –bien que maitriser- étaient plutôt problématiques pour toutes activités sportives.

    - Je pourrais tout à fait être dispensé de certain cours pour raison médicale. Ou bien autre chose couvert par un quelconque secret professionnel. Mon professeur pourrait tout aussi bien m’avoir dispensé de son cours. Ou bien être absent. Et je pourrais tout aussi bien mettre perdu. Après tout, je ne suis pas là depuis si longtemps que ça.

    Esquissant un léger sourire en coin, elle croisa les bras, avant de faire mine de réfléchir en posant sa main sous son menton. La ligne, jamais au delà. Il fallait faire attention à ne pas tanguer. Mais elle était une funambule expérimenté et les acrobaties à la limite du danger ne lui faisaient plus peur depuis longtemps.

    - Ca fait beaucoup d’autre explication possible. Et puis, ce n’est pas comme si tu cherchais simplement une bonne poire à punir, hein? Ca serait un abus de pouvoir et ça n’aurait rien de très reluisant, même pour un délégué de Winterhoods… n’est-ce pas ?

    Le fil du rasoir. Il avait piqué sa fierté à vif en lui parlant de sa taille. Autant piquer là où sa faisait mal pour la plupart des Winterhood. Leur prétendue supériorité face à autrui. Elle comptait bien lui faire ravaler ses grands airs princiers, à ce blond à la langue trop pendue. Et puis, elle détestait les français. Mettez ça sur le compte d’une rancune patriotique…
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Sam 20 Aoû - 14:11

Alors là. Mais c'est qu'elle faisait fort, la gamine. Non seulement elle n'obéissait pas, bien qu'il n'ait pas donné d'ordre, mais ça, ce n'était pas grave, non seulement elle n'obéissait pas, donc, mais elle osait lui tenir tête ! Elle devait avoir quelques tendances suicidaires, il ne voyait que ça. Pour aller aussi loin dans l'insolence en s'adressant à Gabriel de St-Andrez, futur baron de Mertoz, il fallait bien être un peu maso. D'accord, elle n'avait pas été si terrible que ça. A part une légère trace d'ironie, ses propos étaient restés anodins, et n'importe qui les aurait laissé passer sans même relever, admettant pouvoir se tromper et demandant des explications pour que tout se règle calmement. Enfin, n'importe qui. Les délégués des Summerers et des Springties, en tout cas. Ce qui revenait au même, n'importe qui, donc. Mais pas Gabriel. Parce que Gabriel avait un orgueil hypertrophié, parce qu'on ne prenait pas Gabriel de haut, ce rôle lui revenant étant donné sa supériorité. Alors celle-là, qui tentait de l'impressionner en se grandissant de quelques malheureux centimètres, elle l'aurait bien fait rire, si elle ne l'avait pas autant mis en rogne. Non. En rogne n'était pas le mot juste. Pas encore. Disons que, pour l'instant, elle l'irritait. Un peu comme un bouton de moustique qui vous ferait une bosse rouge sur la jambe et finirait par vous énerver au point de se voir gratter jusqu'au sang. Voilà. Elle l'irritait de cette manière très précise. Et quand il en aurait marre, il la gratterait jusqu'au sang. Et ce serait bien fait pour elle. Non mais elle croyait quoi, qu'après sa petite tirade il s'excuserait d'avoir os respirer un peu de son oxygène personnel et repartirait d'où il était venu sans rien lui demander d'autre, sinon à nouveau son pardon ? Mauvaise pioche, cette après-midi il était de mauvaise humeur.

- Môssieur le délégué, comme tu dis si bien, est non seulement ici depuis plus longtemps que les nains dans ton genre, mais aussi bien plus impliqué dans les activités de cette école de fous, et en sait donc beaucoup plus que toi sur son fonctionnement.

Ah, elle voulait paraître plus grande ? Loupé, Mr de St-Andrez appuyait sur le nain comme s'il s'agissait d'une main posée sur sa tête.

- Mais comme je suis dans un jour de bonté exceptionnelle, je vais t'expliquer deux-trois trucs. D'abord, le seul professeur absent aujourd'hui étant celui que je devrais avoir en ce moment même, on peut en déduire qu'il y en a forcément un qui t'attend quelque part. Même si je suppose que ton absence doit plutôt être un soulagement pour lui, j'imagine mal comment tu pourrais manquer à quelqu'un.

Hop, premier argument réfuté. Ça, c'est fait. Comment ? Elle en voulait encore ? Pas de soucis.

    - Ensuite, en général, être dispensée de participer à un cours n'implique pas d'être dispensée d'y assister. D'ailleurs, quand bien même ce serait le cas, tu dois aller en salle d'étude, et pas traîner dans les couloirs. Enfin, tu as peut-être un mot spécial te dispensant aussi d'étude, et dans ce cas, tu ferais mieux de me le montrer.


Légère pause, comme s'il portait un réel intérêt à ce qu'elle avait dit.

    - A moins bien sûr que tu ne te sois vraiment perdue. Ce qui dénoterait d'une certaine stupidité, étant donné que nous sommes au milieu de l'après-midi et que ça ferait donc trois heures que tu te trompes d'étage. Ce qui est très con, tu l'admettras, surtout pour une Faithbee… Ils doivent s'être trompés, à la répartition, tu n'as pas l'air de correspondre à ta classe. En général, ce sont plutôt les Springties qui sont incapables de fournir des excuses cohérentes, je suis sûr qu'en fait tu serais bien mieux avec eux.


Et un petit sourire pour accompagner cet avis éclairé. A mépris, mépris et demi.

    - Et au fait, pour ta gouverne, je ne suis pas à la recherche d'une "bonne poire à punir", je fais mon boulot, à savoir vérifier que tout ne se passe pas trop mal ici. Et il se trouve qu'actuellement, tu n'es ni là où tu devrais être, ni en position de force pour discuter. Ça te paraît plus reluisant, petit conne ?


Et voilà. Il avait été grossier. Mais il fallait bien admettre qu'elle l'avait cherché, la naine. Qui devait d'ailleurs se sentir vraiment très grande, étant donné qu'il s'était rapproché et toisait maintenant Lyria du haut de son mètre soixante-seize.
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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Sam 20 Aoû - 15:04

    Il l’agaçait. Vraiment. Il était… puant d’orgueil. Elle n’était pas particulièrement humble, il fallait l’avouer mais lui, c’était tout de même un stade au dessus. Elle n’écoutait même plus ce qu’il pouvait dire. Son oreille ne semblait faire attention qu’au détail qui lui faisait prendre la mouche un peu plus. Sa taille. Sa taille. Le statut de môsieur. Et moi. Et moi. Moi je. Moi Je. Il l’agaçait. Lui mettre un poing dans la figure aurait été une perspective si séduisante s’il n’avait pas été franchement plus avantagé par la nature. Non seulement, elle ne lui ferait pas le moindre mal, si tant est qu’elle puisse l’atteindre, mais il ne faisait nul doute que la réplique ne serait pas de la même intensité. Et ça l’énervait. Encore. Et encore. Juste un peu plus.

    Et lui ne s’arrêtait pas de parler. Pour aligner les absurdités, les arguments creux et présomptueux. Et bla, et bla, et bla. Il semblait se plaire à s’écouter parler. L’agacement était toujours là mais l’ennuie commençait à tranquillement faire son nid aussi. Il semblait partit dans un laïus à propos de son intelligence. Ce qu’il pouvait savoir d’elle et de ses facultés intellectuelles ne devait même pas remplir le creux de la main de la jeune Faithbees. Alors il pouvait bien penser ce qu’il lui plaisait. Ce n’était pas comme si l’avis d’un petit ploutocrate français de surcroit lui importait.

    Un rictus. Il semblait fier de sa tirade. Il n’y avait vraiment pas de quoi. Elle n’en avait pas écouté la moitié et à peine entendu l’autre. Son regard vagabondait vaguement. Tant qu’il ne recommençait pas à attaquer sa taille, il n’ajouterait pas la goutte d’eau qui ferait déborder le verre que pouvait représenter la patience de la demoiselle. « Et au fait, pour ta gouverne, je ne suis pas à la recherche d’une "bonne poire à punir", je fais… ». Ca n’en finissait plus. Il semblait soudainement atteint de diarrhée verbale. C’était plus épuisant qu’agaçant. Elle pensait que seul les Sprinties pouvaient être aussi bavard pour ne rien dire.

    Petit à petit, dans son discours, il avait avancé. Il s’était rapproché. Jusqu’à n’être qu’à un petit mètre d’elle. Il semblait prendre un soin tout particulier à se tenir bien droit, à baisser les yeux aussi bas que possible. Lamentable. Très énervant mais lamentable. Le poing de Lirya se serra. Elle devait respirer. Ca ne serait pas une bonne idée d’avoir des ennuis si rapidement. Pourquoi avait-il que ce mangeur de grenouille passe par ici ?

    « Ça te paraît plus reluisant, petit conne ? »

    Le mot de trop. La goutte qui faisait déborder la maigre patience de la jeune fille. Ce bouffeur d’escargots persillés était vulgaire en plus. Non pas qu’elle soit particulièrement choquée –elle avait aussi une certaine propension aux insultes quand ses nerfs lâchaient- mais c’était le détail qui tuait tout. Son poing se serra et leva un regard noir vers Gabriel. Pas un mot ne passa ses lèvres. Et pourtant, cette colère s’exprima d’une façon aussi inattendue qu’involontaire. Le pied gauche du préfet prétentieux glissa soudainement, comme s’il s’était posé sur une savonnette humide ou une peau de banane. Le résultat fut assez rapide et plutôt radicale. Celui qui la toisait il y a quelques secondes était à présent sur derrière, bien plus petit qu’elle. Il y eu un bref moment de flottement, Lirya songeant vaguement qu’elle pourrait être la cause de ce retournement sans en avoir la certitude. Après tout, elle contrôlait son don quand elle était calme et concentré. Mais sous le coup de la colère, il était déjà arrivé que des objets traversent le dortoir qu’elle occupait, sans qu’elle le fasse exprès.

    Elle du faire appel à toute ses ressources pour ne pas rire ouvertement de la chute du Winterhoods. Il y avait très peu de chance qu’il avale le fait que ca avait été parfaitement volontaire. Même si c’était le cas. Prenant sur elle pour garder son sérieux, elle n’y parvient qu’à moitié, plaçant une de ses mains devant ses lèvres, le regard moqueur. Ne pas rire. Ne surtout pas rire. Elle pouffait. Il fallait absolument qu’elle reprenne son calme. Ravalant son fou rire, elle réussit à prendre la parole, la voix un peu railleuse malgré elle –ou presque-.

    « Maintenant que tu as… finis, j’peux te signaler à toute fins utiles que tout ce que j’ai pu dire était mis au conditionnel. Je n’y suis pour rien si tu l’as pris pour argent comptant. Il n’y a pas lieu de prendre la mouche pour si peu. »

    Tu fis une pause, ravalant un nouveau rire qui avait presque passer tes lèvres. Pas un de ses rires mignons et adorable que peuvent avoir les filles d’ordinaires. Juste un rire narquois et moqueur. Mais qui n’avait finalement pas vu le jour.

    « Être en salle d’étude aurait été sans doute plus approprié, c’est peut-être vrai mais je n’ai pas particulièrement besoin d’étudier. Alors j’ai simplement préféré me familiariser avec les lieux. Après tout, je ne suis qu’une nouvelle, monsieur le prefet. Je ne pouvais pas savoir qu’il était si dramatiquement scandaleux de marcher dans un couloir. »

    Ne pas en rajouter. Ne pas finir ta pensée. Cette petite voix raisonnable que certaine personne ont dans la tête, qui conseille la prudence, et l’humilité. Cette petit voix qui lui aurait conseillé de se taire. Lirya ne l’avait pas du tout.

    « Surtout que je tiens sur mes jambes, moi. »
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Lun 29 Aoû - 21:15

En plus de l'irritation de plus en plus forte que cette fille lui inspirait, voilà que deux nouvelles sensations apparaissaient dans la tête de Gabriel. L'une, plus ou moins familière, relevait du fait qu'il venait, sans raison apparente, de se retrouver l'arrière-train sur le carrelage gelé de manière plus ou moins brutale. En clair, il avait mal. Pas trop, puisqu'il avait amorti sa chute en plaçant les mains derrière lui, mais suffisamment pour que, au moment du choc, il serre les dents. Et suffisamment, surtout, pour que son irritation augmente encore d'un cran. Mais la deuxième nouvelle sensation, même si elle aussi découlait directement de sa chute, était bien pire. Gabriel se sentait humilié, Gabriel était humilié, Gabriel n'aimait pas ça du tout. Et le pire, c'est que cette petite garce osait se moquer de lui, rajoutant encore à son humiliation. Non, d'ailleurs. Le pire, c'est qu'elle avait réponse à tout, qu'elle se permettait tout, et qu'elle ne montrait aucun respect. Aucun respect pour son rang, aucun respect pour son âge, aucun respect pour son poste de préfet. Elle bafouait tout ça, joyeusement, avec son rire moqueur, se jouait de tout ce qu'il disait, ne l'écoutait qu'à peine. Elle l'avait irrité, elle allait finir par l'énerver vraiment. Et s'il s'énervait vraiment, elle le sentirait passer, aucun doute là-dessus. Ce n'était pas pour rien que les éclats de colère de Gabriel de St-Andrez étaient réputés et craints. Ce n'était pas pour rien que les rares personnes qui s'autorisaient et qui osaient lui donner des conseils estimaient qu'il ferait mieux, parfois, de se contenir, et de laisser passer quelques offenses sans importance. Mais justement, il ne pouvait pas. Il n'était pas de ces gens calmes qui encaissent tout, sans jamais s'énerver, et dont ceux qui les connaissent guettent avec frayeur le moment où, la pression étant trop forte, ils exploseront. Ou plutôt, si, il était comme eux. Sauf que, chez les gens comme ça, la colère pouvait mettre des années à sortir. Chez Gabriel, le processus était accéléré, un rien l'enclenchait. Or, en ce moment, plus les secondes passaient, plus la voix de la gamine résonnait à ses oreilles, et plus il s'approchait du rien suffisant. Parce que même quand elle ne riait pas, un sourire transparaissait dans sa voix, ses yeux brillaient d'ironie, les commissures de ses lèvres frémissaient pour ne pas se relever. Elle se moquait, elle pouffait, et c'était de lui qu'elle rigolait. C'était lui qu'elle prenait pour un imbécile, c'était lui qu'elle toisait, qu'elle prenait de haut, maintenant que leur positions s'étaient inversées.

Et lui restait là, au sol, les yeux fixés sur un joint du carrelage, quelque mètres plus loin. Il fixait cette intersection entre quatre carreaux, entre noir et blanc, et il tremblait. Mais il ne tremblait pas de honte, non. Il tremblait parce que la colère montait, parce que comme à chaque fois qu'elle apparaissait, l'adrénaline l'accompagnait. Et puis là, le mot de trop. Alors comme ça, contrairement à lui, elle tenait sur ses jambes ? Alors comme ça, elle sous-entendait que lui était trop stupide pour rester debout ? Bien. Si c'était ce qu'elle pensait. La tête toujours baissée, un sourire étira doucement ses lèvres, avant que ses épaules ne se mettent à tressauter doucement. C'était lui qui riait à présent. Un rire sans joie, sans sarcasme, le rire de celui qui va bientôt se laisser aller à la violence. Et il continuait à rire pendant qu'il mettait un genou à terre, et prenait appui dessus pour se relever. Puis le rire cessa. Brusquement, comme il était venu. Il la toisait, maintenant, et il était proche, très proche, tellement proche que lorsqu'il baissait les yeux vers elle, il n'apercevait que la racine de ses cheveux. Alors il commença à avancer, la poussant plus ou moins jusqu'au mur le plus proche, duquel à vrai dire elle ne s'était guère éloignée depuis qu'il l'avait trouvée. Une fois là, il plaça l'une de ses mains contre la pierre, une main qui commençait déjà à chauffer, une main autour de laquelle des flammes, intermittentes, commençaient déjà à se former, apparaissant et disparaissant, dansant à toute vitesse. Comme toujours, il perdait le contrôle. Le feu, ce feu détestable, n'attendait que sa colère pour se manifester. Et pourtant il ne l'utiliserait pas. Il ne voulait pas l'utiliser, mais il était quand même là, guettant la perte de contrôle, et ne faisait que l'énerver plus encore. Alors Gabriel quitta ses doigts des yeux, alors sa main quitta le mur pour aller rejoindre sa coéquipière sur le col trop grand du t-shirt de Lyria, qu'il souleva sans peine de terre. Elle n'était pas très grande, ne devait pas peser beaucoup plus, peut-être autant que Chloé, qu'il lui arrivait de porter à travers tout le manoir telle une princesse. L'apparition fugace de sa petite sœur dans ses pensées faillit le faire mollir, mais ses yeux tombèrent sur ceux de Lyria, désormais à hauteur des siens, et la colère reprit le dessus.

    - Et quand elles ne touchent plus le sol, tu tiens toujours sur tes jambes ? Ah, c'est sûr que c'est moins marrant maintenant…


Spoiler:
 


Ava by Cam~
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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Mer 31 Aoû - 19:52

    Tu n’avais pas pu t’empêcher. Il avait fallut que tu rajoutes cette pointe de moquerie. Cette touche narquoise qui faisait plus ou moins ta marque de fabrique. Parfois, c’était à se demander pourquoi tu n’avais pas finit chez les Winter. Surement parce que, tant qu’on ne te provoquait –ou simplement parlait– pas directement, tu te contentais de rester dans ton coin. En marge, à cracher ta haine sur le monde. Ce monde idiot et qui t’était si inférieur. Comme ce prétentieux délégué. Qui se retrouvait le derrière au sol. Lui qui s’était cru tellement grand il y a quelques instants. La grandeur n’était qu’affaire de perspective. La preuve. Tu l’étais bien plus que lui à présent. Et il fallait bien que tu l’avoues, au moins à toi-même, ca te plaisait bien comme retournement de force. De situation plutôt. Mais peu importe.

    Il restait là, sur le sol. Bien silencieux. Tu le savais au fond de toi. C’était le calme avant la tempête. Tu avais joué un jeu un peu dangereux. Mais dans le fond, s’il perdait son calme, il perdait aussi face à toi. Toi qui avais réussis à rester maitre de toi-même. Ou presque. Parce que tu ne l’avais pas remarque Lirya, que cette chute vraisemblablement accidentelle ne l’était pas du tout. Tu en étais la cause, même si tu l’ignorais. Tu devrais prendre garde à ce que la tête bien faite de ce Winterhoods ne fasse pas trop vite le rapprochement. Sinon, tu aurais surement de gros problème. Sans aucun doute même. Et pas simplement d’un point de vue disciplinaire.

    Et puis soudain, brisant le silence du couloir, un rire se mit à résonner. Un de ses rires qui annonce. Qui annonce que les choses commencent. Que le calme qui avait précéder arrivait à son terme. Maintenant, tu allais devoir faire face à la tempête. De façon légère, ton air narquois s’effaça sans disparaitre complètement pour autant. Et il se relevait. Ce rire, tu l’avais déjà souvent entendu. Toi qui avais toujours tendance à pousser les autres à bout. Toujours une fois de trop. Et dans un reflex mué par l’habitude, tu fis un pas en arrière. Trop tard Lirya. Tu viens de déclencher la colère de quelqu’un de bien trop grand pour toi. Et ce n’était pas qu’une question de taille. Aussi brusquement qu’il avait pu démarrer le rire se stoppa. Rien de rassurant en soit. Mais tu préfères mourir plutôt que de montrer ta crainte. La peur sourde qui se terre au fond de ton estomac. Celle que beaucoup appelle tout simplement l’instinct de survie. Dommage pour toi que cet instinct soit bien moins développer que ta fierté. Parce que tu te serais surement sauvé sinon.

    Tes pas, forcés par l’habitude, que tu avais fait l’un après l’autre sans vraiment le réaliser, t’avaient mené jusqu’à ce mur. Prise au piège. Mais tu ne montrais pas ta peur. Tu n’avais plus cet air moqueur, c’est vrai. Mais tu gardais ton regard dur. Levé, trop haut pour que ton ego en soit indemne mais tu ne baissais pas les yeux. Brusquement, une main frôla ton oreille. Et une chaleur, tout sauf naturelle, te fit faire un très léger mouvement de coté. Tu te retins. De regarder la provenance de cette chaleur. La curiosité n’était pas de mise pour le moment. Tu ne devais pas baisser les yeux. Tu ne devais pas détourner le regard. C’était pour le moment, la seule chose que tu arrivais à contrôler.

    Finalement, il te souleva de terre, t’extirpant bien malgré toi, une fine grimace. Ca n’avait rien de très agréable d’être soulevé par les vêtements. Quand bien même qu’on ne pèse pas grand-chose. Mais tu ne te démontas pas pour autant, une main accrochée au bras de Gabriel pour éviter de rendre la position dans laquelle tu te trouvais encore plus inconfortable. Et dans le regard de ce Winterhood, tu vis ce que tu avais provoqué. Une colère sourde. Une colère comme toi seul avait le chic pour les déclencher. Une de celle qui ne s’apaise que lorsque tu courbes l’échine. Mais pour ça, il aurait fallut que tu sois quelqu’un d’autre.

    « Et quand elles ne touchent plus le sol, tu tiens toujours sur tes jambes ? Ah, c'est sûr que c'est moins marrant maintenant… »

    Et même dans ce genre de situation, tu ne pu t’en empêcher. Même avec cette peur au ventre. Le souvenir de cette chaleur, comme si des flammes avaient frôlé ton oreille. Même avec cette colère brulante dans les yeux du blond. Il fallait. Que tu restes toi. Que tu ne laisses pas tomber les armes. Ce regard de défis. Ce sourire qui revint se poser doucement au coin de tes lèvres.

    « Je ne savais pas que la violence physique faisait partit de tes prérogatives, monsieur le délégué maladroit. »

    Ta main restait accrocher à son bras. Tu t’efforçais de ne pas trop bouger. Pour ne pas avoir l’air d’un simple asticot accroché à un hameçon. Et malgré tout. Malgré cet air arrogant et sans peur. Malgré cette apparente insolence qui ne craignait rien, pas même la colère du blondinet. Ta main tremblait un peu. Parce que tu savais de quoi pouvait être capable les gens qui te détestait. De quoi était capable l’être humain sous le coup de la colère. Tu savais ce qu’un être humain lambda pouvait faire. Mais même avec toute ta connaissance, tu restais face à l’inconnu quand il s’agissait des retombés de la colère d’une personne dotée d’un don. Incapable d’utiliser ton don sur une personne vivante. Incapable de te défendre si les choses finissaient par franchement dégénérer. Parce que ton esprit avait toujours eu ce reflex de Murphy. Prévoir le pire. Et c’est ça. Cette pensée. Cette idée. Le pire. C’est ce qui faisait trembler ta main. Légèrement mais bien suffisamment pour qu’il s’en rende compte. Pas assez pour que tu le réalises surement. Tu t’étais mis dans un sacrée pétrin Lirya.


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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Sam 3 Sep - 14:07

Pour un peu, il aurait pu l'admirer. Sa manière de garder contenance, de ne baisser ni la tête ni même les yeux alors que tout l'y incitait, alors même que les tremblements de sa main sur le bras du blond trahissaient sa peur, alors qu'au fond de son regard on voyait qu'elle n'était plus aussi sûre d'elle qu'elle voulait le faire croire. Ses paroles, toujours empreintes d'insolence, toujours accompagnées du même sourire, même quand elle était en mauvaise posture. Oui, pour un peu, dans d'autres circonstances, il aurait pu l'admirer. Si ce n'était pas vers lui que tout cela avait été dirigé. S'il avait été un observateur extérieur, n'intervenant pas, se contentant de regarder. Là, oui, il l'aurait admirée. Sauf qu'en l'occurrence, c'était lui qu'elle mettait au défi. Lui qu'elle continuait à haranguer, sans répit. Alors plutôt que de l’admirer, il la méprisait. Méprisait son air bravache si peu crédible, méprisait sa fierté qui l’empêchait d’abdiquer alors même qu’elle avait perdu la partie, et qu’elle était là, au bout de ses bras, littéralement, à sa merci. Alors que s’il le décidait, il pouvait parfaitement la briser, la brûler. Mais il ne le ferait pas, la deuxième option tout du moins, parce qu’au fond de lui, une voix hurlait que ce qui lui avait été infligé il y a maintenant plusieurs années, personne ne le méritait, personne sauf un, et ce n’était pas Lirya. Mais il lui restait la première. Et il y songeait, sérieusement. Il réfléchissait, tout en écoutant les insolences de la jeune fille. Il réfléchissait à la meilleure manière de lui faire ravaler chacune de ses insultes, chacune de ses offenses, une à une. Déjà, lui renvoyer ses mots. Sans en faire trop, il avait retenu la leçon quelques instants auparavant, la demoiselle n’était pas sensible aux longs discours, elle n’en tirait que plus de matière pour son effronterie. Soit, Gabriel opterait donc pour les formules lapidaires, puisque tel était son choix. De toute manière, quoi qu’elle puisse répondre, le point de non-retour était passé, et le blond ne se calmerait qu’une fois que chaque coup aurait été rendu. En contre-attaquant, l’albinos ne ferait qu’augmenter le nombre de ceux qu’elle subirait, tandis que lui resterait indemne, protégé par son bouclier de colère.

    - Tout comme je ne savais pas que l’insolence faisait partie des tiennes, mademoiselle la première année sans peur…


Une phrase, deux propositions, tout simplement. Calquée sur la sienne, pour bien lui montrer qu’elle n’avait plus aucune capacité à l’énerver encore un peu plus. Pour lui montrer qu’il était inutile qu’elle réplique. Oh, bien sûr, il ne s’attendait pas à ce que l’efficacité soit immédiate. Il fallait toujours plusieurs traitements pour se débarrasser totalement de la vermine. Mais il avait le temps, il avait tout son temps. Malgré toutes ses belles paroles, il était évident que Lirya avait décidé de sécher les cours, cet après-midi. Qu’elle en loupe un de plus ne devrait donc pas lui poser de problème, n’est-ce pas ? Quant à lui, il pouvait se permettre un retard, ou même une absence à son dernier cours. Les professeurs n’oseraient, de toute façon, rien lui dire. Alors il pouvait se concentrer sur sa tâche.[/color][/list]

Presque amusé, il contempla la main qui tremblait sur son bras, sentant la pression qu’elle y mettait pour se maintenir dans un certain confort, parfaitement relatif lorsque l’on observait la situation. Il sourit, et puis… Et puis il la lâcha. Comme ça, sans prévenir, il ouvrit les mains. Se délecta du son sourd lorsqu’elle heurta le carrelage. L’observa un instant. Elle avait aimé l’observer de haut lorsque qu’il était au sol, elle pouvait désormais le regarder de bas. Encore plus que lorsqu’elle était debout. Il l’avait maintenue à sa hauteur quelques instants, maintenant il la faisait redescendre plus bas que jamais. C’était aussi simple que cela.

    - Qu’est-ce que tu disais tout à l’heure, déjà ? Tu as l’air d’avoir du mal à tenir debout, ma pauvre…


Le mépris, toujours. Caché sous la fausse pitié, dégoulinant dans la voix complaisante. Elle n’allait pas tarder à comprendre ce qu’elle avait déclenché. Il garda encore les yeux fixés sur elle, quelques secondes, croisa les bras. Les décroisa. Tendit une main vers elle, sans se soucier du fait que, même s’il parvenait à contenir les flammes que sa colère déclenchait, il n’en restait pas moins que sa paume était brûlante. Puis parla. Sans chercher à masquer ce même mépris qui ne le quittait jamais, ou si peu.

    - Tu veux peut-être un peu d’aide ? J’ai l’impression que tes jambes ne te portent plus très bien.


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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Dim 4 Sep - 23:55

    Là, au bout de ce bras que tu aurais volontiers brisé si tu en avais eu la force, tu ne pouvais qu’attendre. Attendre un retour. Un de plus. Au fond, tu ne pouvais faire que ça. Te mordre l’intérieur de la joue pour t’empêcher d’en rajouter. Encore un peu plus. Juste un peu plus. Parce que tu étais simplement toi. Ce petit bout de femme, bien trop orgueilleux. Beaucoup trop sure d’elle. Et sans le moindre doute, désespérément grande gueule dans les mauvaises circonstances.

    Tu étais assez maligne pour savoir que continuer d’ouvrir la bouche pour répliquer, pour lui renvoyer le moindre de ses mots, ne ferait que donner de l’eau à son moulin. Le tout maintenant, était de le faire entendre à ton caractère. Ce foutu caractère qui t’avait mis dans cette position. A plusieurs centimètres du sol. Jaugée et méprisée du regard. Avec une envie de mordre qui aurait fait pâlir d’envie un pitbull.

    L’insolence. C’était plus qu’une attribution chez toi, Lirya. N’est-ce pas ? C’était pour ainsi dire une marque de fabrique. Ou un défaut de fabrication. Tout dépendait du point de vue. Toutes ces remarques, tu les connaissais déjà. Tu les avais entendu tout ta vie et avec des détails bien plus mauvais de la part de ceux qui se prétende être ta famille. Alors il pouvait toujours t’attaquer sur ça. Grand bien lui fasse. Tu ne te laissais plus atteindre sur les remarques ayant attrait à ton caractère. Parce que tu avais même décidé. Là. A l’instant. Tu avais décidé que la moindre remarque qui sortirait de cette détestable bouche de français mal embouché ne t’atteindrait plus. Tu allais le laisser refaire un de ses discours sans y prêter plus d’attention que ça.

    Mais soudain, le contact avec la terre ferme la surpris. Le salaud l’avait lâché. Comme ça. Sans prévenir. La suite n’avait pas manqué. Tu n’avais pas réussit aussi bien que tu l’aurais voulu à te rattraper et s’était à ton tour d’avoir les fesses sur le carrelage. Tu avais au moins les circonstances de ton coté. Tu n’étais pas bêtement tombé de ta hauteur mais tu avais été brutalement lâché sur le sol. En voilà une bien piètre excuse à trouver pour soigner ton égo, ma petit Lirya. Et l’autre. L’autre lui jubilait. Il osait lui retourner ses paroles. Avec son air méprisant. Ce ton mielleux. Cette voix doucereuse. Comme tu en rêvais. De lui faire ravaler tout ça.

    Et pourtant, tu n’avais qu’une seule arme. De ne pas baisser les yeux. De ne pas courber l’échine. Même lorsque tu avais chuté, tu avais relevé ton regard d’ambre vers le blond. Irrémédiablement. Sans faille et sans sourciller. Lui exposer tout la colère que tu avais en toi. Etrangement, sans que tu saches pourquoi, les fers des armures autour de vous semblaient vibrer légèrement, comme subissant l’écho de ton courroux. Et bien que tu l’ignores, c’est bien toi. Toi et ta colère qui provoque ce phénomène. Comme si ton don avait décidé de faire une résonnance plus physique à cette rage que tu contenais. Une trop grande rage dans un si petit corps. Incapable de s’exprimer.

    Lorsqu’il eu ce geste. Plein de suffisance et de complaisance. Ce geste de te tendre la main, comme on le fait pour un miséreux qui baigne dans sa crasse. Avec magnanimité. Tu ne pu retenir une franche expression de colère. De haine. Les traits durcis, le regard froid, tu repoussas sa main, d’un geste de façon brutale et sèche. Au contact, tu ne pu retenir une vague grimace. L’espace d’un bref instant. Cette sensation d’avoir touché un fer chaud. La douleur d’une brûlure superficielle mais pourtant bien présente. Mais cela ne t’arrêta pas. Et tu te redressas par tes propres moyens.

    « Ne prend pas ton cas pour une généralité. » sifflas-tu de façon bien moins enrobée d’hypocrisie et bien plus acerbe.

    Tu étais vexée mais pas idiote. Tu avais encore cette sensation de chaleur sur ta peau rougie. Cette main que tu frottais légèrement sans en avoir l’air. Tu le savais. Tu l’avais déjà sentit avant mais maintenant c’était une certitude. Ce type était dangereux. Tu savoir que tu devrais simplement t’éclipser. Que c’était la meilleure des options. Trouver un prétexte. Tu savais parfaitement comment trouver des excuses pour ne pas rester à un endroit où tu n’avais pas envie d’être. Mais il t’avait agacé. Et tu avais cru remarquer que ta simple présence avait pour conséquence de l’irriter. Alors tu restais là. Droite comme i. Tenant presque fièrement sur tes jambes.
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Ven 23 Sep - 17:08

C’est qu’elle était tenace, en plus. De la vraie mauvaise herbe, de celle qu’on s’acharnait à déraciner, et qui repoussait, toujours. Qui se reproduisait, qui envahissait votre espace vital, qui vous narguait. Et monsieur de St-Andrez n’aimait pas qu’on le nargue. Surtout que son seuil de tolérance, déjà bas au naturel, devenait quasi inexistant lorsqu’on l’énervait. Manque de bol, c’était actuellement le cas de Lirya. Mais comme elle n’en avait pas conscience, ou plutôt, même si elle en avait conscience, parce qu’il fallait être vraiment loin en dessous de toute notion d’intelligence pour ne pas s’en apercevoir, elle continuait, elle en rajoutait, sans faiblir, sans s’arrêter. Et ce, malgré la peur qu’il voyait dans ses yeux, malgré les tremblements dans ses jambes, malgré la fêlure dans sa voix plus aussi assurée qu’avant. Moins hypocrite, plus acerbe. Comme si elle sentait qu’il fallait qu’elle se protège, qu’elle érige des défenses d’insolence. Elle lui lançait un défi, ou relevait celui qu’il lui avait lancé, impossible de dire, mais dans tous les cas, le défi était clair. C’était à celui qui tiendrait le plus longtemps. Qui ne cèderait pas. Qui aurait le plus d’arrogance. Qui dépasserait l’autre, tout simplement. Et question arrogance, pour battre Gabriel quand il était en colère, il fallait se lever tôt. En temps normal, il l’était déjà, persuadé de sa supériorité et de la médiocrité des autres, les mortels, les prolétaires. En colère, plus rien ni personne ne pouvait arrêter l’expansion de son orgueil. Et surtout pas les piques acerbes d’une première année.

    - Il me semble pourtant que de nous deux, celle qui pourrait s’effondrer à la moindre pichenette, c’est toi.


Et toujours ce ton mielleux, dégoulinant de fiel, teinté d’une ironie puisée dans sa suffisance, dans sa certitude, qu’elle soit justifiée ou non, qu’il était plus fort qu’elle. Qu’il valait mieux. Qu’elle n’était rien face à lui. Puis un petit regard vers cette main qu’elle frottait négligemment, comme pour chasser une douleur dont il connaissait la cause, une cause qu’il haïssait, plus que tout, juste en dessous d’un certain brun, parce que ce brun était à l’origine de cette haine. Mais, cette brûlure, maintenant qu’elle était faite, il ne la regrettait plus. Parce qu’au fond, elle le méritait, cette petite peste. Et puis il pouvait bien l’utiliser. Et pourtant. Et pourtant, quelque part en lui, quelque chose répugnait à se dire qu’il avait infligé à quelqu’un ce que seul Jean-Camille méritait, ce qu’il ne souhaitait à personne sauf lui. Mais sa colère était plus forte, sa colère pouvait transformer le remord en hargne, la compassion en mépris.

    - Tu veux peut-être que je t’accompagne à l’infirmerie, tu as l’air épuisée… Et puis ils pourront sans doute quelque chose pour ta main, un petit pansement pour ton petit bobo.


A nouveau, ce ton doucereux. A nouveau, il choisissait soigneusement ses mots, phrases courtes, assassines, infantilisantes. Pour qu’elle saisisse la différence entre eux. Entre lui qui la regardait de haut et elle qui levait les yeux pour ne pas quitter les siens. Entre lui qui pouvait l’écraser et la brûler d’un geste et elle qui lui ferait l’effet d’une pichenette en mettant toutes ses forces dans un coup. Entre lui qui avait le pouvoir de lui pourrir la vie par son seul rang au sein du CES et elle qui n’était rien dans l’école, sinon une pauvre élève de première année. Entre lui, tout simplement, qui lui était si supérieur, et elle, qui ne valait rien. Et il espérait qu’elle finirait par comprendre vite. Cet enseignement laborieux de la petitesse commençait à le lasser.

[Pardon je. Non seulement je te fais attendre mais en plus c'est tout caca. Tu as le droit de me frapper, de me martyriser, de me donner un gage, je mérite tout.]


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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Sam 24 Sep - 22:17

    Un combat. C’était un véritable combat. Une guerre des mots. D’attitude. Et d’arrogance. Son rang et ses origines françaises méprisable lui avait peut-être donné la suffisance de dix rois mais toi, tu avais un atout dans sa manche. Tu avais baigné dans la fange. Tu avais expérimenté toute les sortes de fierté, de colère, de mépris… et tu les avais tous usés et dominés. Au moins jusqu’à maintenant. Cet affrontement se muait doucement en un défi. Un défi brulant. Une tentation bien trop dangereuse mais aussi bien trop irrésistible.

    Tu étais partagée. Entre la peur de ce que cette colère qui brulait dans ses yeux qui te dédaignaient, serait capable de te faire. Entre l’envie de gagner ce combat, de rabattre son clapet. Une bataille perdue d’avance. N’importe quel stratège savait que le repli était aussi une sorte de tactique en soit. Tu en faisais partis. Mais jamais trop tôt. Tu ne voulais pas céder. Tu ne voulais pas lui faire le plaisir de le laisser gagner trop tôt. Pas sans t’être farouchement battus. Avec les mots. Avec ton insolence. Avec toute la verbe que tu avais en réserve. Tout en essayant de ne pas perdre le contrôle de toi-même. Parce que ca serait plus accordé une petite victoire. Rester maitre de toi-même était aussi un défi en soit. Restait à voir si lui y arriverait.

    - Il me semble pourtant que de nous deux, celle qui pourrait s’effondrer à la moindre pichenette, c’est toi.

    Et tu laisses filer un léger ricanement narquois. C’était tellement facile comme attaque que ca en était navrant. Tu ne pris pas la peine de relevé. Oui, tu étais plus faible que lui. Oui, tu étais une fille. Tu ne pesais pas lourd à coté de lui, preuve avait été faite quelques instants plus tôt quand il t’avait soulevé avec une aisance agaçante. C’était ta morphologie. Physiquement parlant, il était plus fort que toi. Physiquement. Mais tu étais tellement plus qu’un physique.

    Tu avais encaissé tellement plus que la plupart des gens qu’à défaut de la force, tu avais l’endurance. Tu tenais la distance là où les autres s’épuisaient. Avec des mots. Avec des gestes. Toi, tu restais. Tu finissais toujours par être la dernière debout, peu importait le prix. Fierté. Entêtement. Refus d’admettre ta défaite. Défaut ou qualité, ces traits faisait de toi la mauvaise herbe increvable que tu étais. Le plus persistant des chiendents que la terre est pu porter. Et ce n’était surement pas ce gosse de riche qui viendrait à bout de toi. Oh ça non.

    - Tu veux peut-être que je t’accompagne à l’infirmerie, tu as l’air épuisée… Et puis ils pourront sans doute quelque chose pour ta main, un petit pansement pour ton petit bobo.

    Et tu haussas un sourcil. Un petit bobo ? Comme si une rougeur sur ta main pouvait être comptée comme un point marqué par monsieur le préfet. Et puis quoi encore. Tu ne sentais déjà plus rien même si ta peau gardait une marque. Tu avais toujours eu cette mauvaise manie de marquer beaucoup trop facilement. Il présumait de beaucoup de chose. Lui qui avait dévoilé toutes les cartes de son jeu. Son don. Son arrogance. Son statut. Mais lui, que savait-il de toi ? Si ce n’est ta maison et ton année. Si ce n’est ce dont on pouvait juger au premier regard. Pas grand-chose au final. C’était un avantage. Tu ne comptais pas te laisser surprendre deux fois de suite. Quitte à briser cet interdit que tu t’étais donné de ne jamais utiliser ton don avant d’en avoir la maitrise complète. En dernier recours. Au cas où. Parce que l’insolence n’avait pas de limite alors que la patience et la maitrise de soit, c’était autre chose.

    - C’est ton interminable déblatération qui me donne envie de dormir surtout. Avec du silence, ca va tout de suite mieux.

    Petit sourire en coin, une petite pause au milieu de ta phrase. Comme pour laisser place à un silence qui illustre tes propos. Et puis, ton regard se porta sur ta main. Une marque. C’était agaçant cette peau si blanche. Surement quelque chose que tu tenais de ta génitrice. Ou peut-être de l’autre coté. Tu n’en savais rien et tu t’en moquais.

    - Et bien, ce n’est pas très joli joli de faire usage de son don pour intimider les pauvres premières années, dis-tu d’un ton faussement peiné avant de hausser les épaules, un mince rictus accroché aux lèvres. A moins que ce ne soit une question de contrôle. Dans ce cas, c’est juste navrant.

    Un peu trop. Toujours beaucoup trop. Dans un cas comme dans l’autre, tu avais réussis à mettre la situation son un jour qui n’était pas très flatteur pour ton interlocuteur. Soit c’était un prétentieux tyrannique –ce qu’il était en fait-, soit c’était un faible victime de son don. Bien que la seconde solution soit plus mauvaise pour l’égo du blond que la première, ni l’une ni l’autre n’avait de quoi le réjouir.

    Il usait de suffisance et de ton mièvre. Tu surenchérissais avec du cynisme et de l’insolence. L’aîné arrogant et l’enfant têtue. Un combat déjà vu. Un affrontement qui ne se terminerait jamais dans les âges. Mais qui risquait surement de s’écourter rapidement à force d’entamer ce qu’il lui restait de maitrise de soi.
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Dim 25 Sep - 14:14

Il allait finir par perdre le contrôle. De sa colère, de ses gestes, de son don qu'il sentait n'attendre qu'un instant d'inattention pour tout consumer. Parce qu'elle le titillait. Cherchait les points faibles, appuyait dessus, essayait de le faire craquer, un niveau de plus, au-dessus de la simple colère. Elle voulait déclencher sa rage, elle allait finir par l'obtenir. Elle insistait, traitait de déblatérations de simples phrases, comme si sa petitesse l'empêchait de se concentrer plus de dix secondes. Peut-être était-ce ça, en fin de compte. Peut-être était-elle trop insignifiante pour pouvoir ne serait-ce que saisir le sens de quelques mots. Mais non. Cette explication de lui suffisait pas, elle n'était pas crédible, il savait bien que, malgré ses sarcasmes de tout à l'heure, elle ne devait pas être chez les Faithbees pour rien. Et il savait surtout, pour l'avoir longtemps expérimenté avec l'Autre, qu'il était souvent difficile de les faire taire, de leur faire admettre leur impuissance. Ce n'était pas pour rien que Winterhoods et Faithbees s'entendaient si bien, les deux classes partageaient souvent cette même arrogance, bien qu'elle soit souvent atténuée chez les érudits. Alors que celle-là. Celle-là était comme l'Autre, elle le narguait, ne lui laissait pas un instant de répit, comme l'Autre, comme l'Autre, et c'était sans doute pour ça qu'elle l'énervait toujours plus, plus encore que ne le faisait habituellement les morveux de son espèce. Parce qu'elle lui rappelait l'Autre, dans sa manière d'avoir réponse à tout ce qu'il pourrait lui dire. Non, Gabriel de St-Andrez n'était pas un expert en mot. Il savait les manier, savait comment donner aux autres le sentiment de n'être rien, mais n'y excellait pas non plus. Et invariablement, il finissait par en venir aux mains. Parfois ça restait raisonnable. Et parfois il allait trop loin. Et ça risquait de ne plus tarder. Qu'elle attaque sa dialectique, passait encore, il la savait encore imparfaite. Mais tout de suite après sa pause narquoise, elle s'était aventurée dans un terrain dangereux. Dans l'une des seules failles de Gabriel. Elle touchait sa corde sensible, son point faible. Son don. Des flammes détestées, exécrées, qui lui faisaient peur, même s'il sentait confusément que celles qu'il créait lui-même ne pouvaient le blesser. La preuve, elles pouvaient tourner autour de ses doigts sans qu'il ressente leur brûlure. Mais cela ne changeait rien. Il ne les aimait pas, ne les supportait pas. Et elle osait insinuer qu'il les utilisait dans le but de la terroriser. Comme si c'était quelque chose qu'il faisait souvent. Puis lui empêchait toute chance de démenti en sous-entendant qu'il ne maîtrisait pas ce qu'il faisait. Ce qui était vrai, d'une certaine manière. Mais tellement blessant. Tellement rabaissant. Oui, voilà, elle le rabaissait au rang de ces gamins qui arrivaient chaque année à l'académie et qui perdaient le contrôle à chaque instant. Et le pire était qu'elle avait raison, qu'il ne maîtrisait pas vraiment ce qu'il faisait. Un éclair de doute le traversa, juste un instant, pas même une seconde. Et si elle avait raison ? S'il n'était pas aussi supérieur que tout lui laissait croire depuis sa naissance ? Non. Impensable. Cette petite peste était vraiment insupportable, avec ses tentatives de déstabilisation. Après tout, il était supérieur, il n'y avait aucune place pour le doute. Riche, puissant, il avait un rôle à responsabilité, simple coup d'essai de ce qu'il serait plus tard. S'il ne maîtrisait pas son don, c'était uniquement par choix, parce qu'il n'avait aucune envie de l'exercer, seule manière d'accéder à cette maîtrise dont elle soulignait l'absence. Et il valait mieux pour elle qu'elle comprenne ça.

    - Est-ce qu'on demande aux Winterhoods d'être jolis jolis ? Allez, casse-toi avant que je ne m'énerve vraiment.


Comme s'il n'était pas déjà assez énervé. Comme s'il n'avait pas serré les mâchoires quand elle avait évoqué son don, comme si ses poings ne se crispaient pas assez. Comme s'il ne savait pas que si les paumes de ses mains s'ouvraient, des flammes s'en échapperaient, signe qu'il était bien loin de retrouver son calme. Comme s'il n'avait pas volontairement fait l'impasse sur ce contrôle qu'elle sous-entendait inexistant. Comme s'il ne lui barrait pas la route, coincée qu'elle était entre lui, le mur et deux armures.


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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Dim 25 Sep - 15:29

    Tous les animaux ont un instinct. L’Homme, bien que civilisé, n’est pas en reste. Sixième sens. Sensation. Réaction épidermique. Autant de signe qui agissait en guise de sonnette d’alarme. C’était inscrit en chacun. Même en toi Lirya. Et ton instinct te hurlait de déguerpir de ce nid de vipère dans lequel tu venais de sauter à pied joint. Tu n’avais pas besoin de lire les pensées, de posséder un don quelconque pour savoir qu’à cet instant là, tu avais visé juste. Trop juste. Comme à ton habitude.

    Et tu ne pouvais t’empêcher d’en être fière. Suffisamment pour estimer avoir gagné cette manche. A ta façon. Même si cette victoire commença déjà à avoir un gout amer. Même si sous son léger sourire en coin, tu serrais les dents. Même si, coincée et sans la moindre issue possible, tu aurais apprécié avoir le pouvoir de te téléporter. Pas pour disparaitre loin. Juste derrière lui. Hors de son bon vouloir. Parce que pour le moment, toute l’insolence que tu pouvais exprimer, tout l’indifférence et toute la témérité que tu avais en toi ne pouvait rien contre le fait qu’en plus de te surplomber, il te coupait toute retraite possible.

    Et pourtant, la retraite semblait être devenue une priorité. Vainqueur au Top3 de meilleures idées que tu pouvais avoir. Parce qu’à défaut de savoir correctement contrôle son don, on pouvait voir aux muscles tendus de sa mâchoire, aux poings étroitement fermés et aux dents serrées qu’il retenait tant bien que mal sa colère. Ou peut-être sa rage. Parce qu’il ne faisait presque aucun doute que l’on venait de grimper d’un échelon. Celui qui précédait toujours de trop peu le moment qui aurait du t’apprendre à tenir ta langue. Têtue et revêche que tu étais. Même les coups que tu avais pu recevoir durant ta scolarité, mérité ou pas, n’avait pas réussit à calmer cette langue de vipère. Au contraire, ca n’avait fait qu’entretenir ce besoin de te faire haïr, d’ériger un mur de fierté entre toi et les autres. Ces autres trop barbares, trop idiots. Trop humains et lâches à ton goût. Tu n’avais jamais pris la peine de chercher à savoir si les gens que tu assassinais de tes mots pouvaient avoir des qualités, tu connaissais déjà trop bien leur défaut, bourrée de préjugés que tu étais tout en détestant ça chez les autres. Tu te savais humaines toi aussi et pourtant, tu t’estimais supérieur. Intellectuellement. Et sur tant d’autre plan. La remise en question n’était vraiment pas dans ta liste de chose à expérimenter même si ca ne t’aurais pas fait de mal.

    - Est-ce qu'on demande aux Winterhoods d'être jolis jolis ? Allez, casse-toi avant que je ne m'énerve vraiment.

    Il avait sifflé entre ses dents. De façon si hargneuse, qu’on aurait pu le croire à deux doigts de mordre. Il avait à peine desserré les dents tout en prenant bien soin de se faire comprendre. Chaque mot. Chaque syllabe. Chaque son. Pour être certain que tu assimiles l’information sous jacent qui tenait presque de l’explicite, même si tu n’en avais pas besoin pour l’avoir déjà comprise. Tu avais piqué bien trop juste dans sa fierté, ou autre chose à propos de lui que tu ignorais –et dont tu foutais éperdument-. Une chose qui risquait de te couter cher. Bien trop cher. De plus, à ton sens, tu avais déjà eu ta petite victoire. Ce petit instant. L’effet qu’avait eu ta dernière pic sur ce blond prétentieux. Cette ombre qui l’espace d’un bref instant avait traversé son regard. Surement ses pensées aussi. Ca te suffisait.

    Mais voilà. Quand bien même tu aurais voulu mettre un terme à cet affrontement insensé et dangereux, tu ne pouvais rien faire. Et il le savait parfaitement. A moins qu’aveuglé par la colère qu’il était, il avait oublié qu’il l’avait coincé comme pour appuyer sa suprématie sur elle. Deux options s’offraient à toi. Te montrer offensive, terminer de le rabaisser en le repoussant aussi loin que possible avec ton don. Avec le risque de ne pas contrôler ton geste. Et en allant contre cette règle que tu t’étais fixé. C’était la plus dangereuse d’une certaine façon et celle qui était tout en bas de ta liste. Le plan B. Il ne te restait plus que la seconde option.

    - Avec plaisir, mais là, je risque d’avoir du mal. T’es dans le passage.

    Le problème de cette option que tu avais finalement choisit, était qu’elle pouvait aboutir aussi surement à la mise en application du plan B pour te sauver les miches si jamais cette petite pointe d’insolence représentait la goute d’eau qui ferait débordé le vase. Un vase déjà trop plein de tout tes excés, tes provocations et tes remarques. Un jour Lirya, tu risques de tomber sur une personne qui n’aura que faire de frapper une enfant. Qui n’aurait que faire de ce que tu pourrais lui faire. Lui dire. Un jour Lirya, tu risques d’y perdre ta langue ou bien pire.
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Gabriel de St-Andrez

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Mar 27 Sep - 13:28

Un sourire carnassier flotta sur les lèvres de Gabriel, décrispant quelque peu ses mâchoires. Alors c’était tout ce qu’elle pouvait faire ? Elle ne trouvait rien de mieux à répondre. Pitoyable. Elle était pitoyable. Pauvre première année empêtrée dans sa fierté, elle semblait avoir épuisé ses réserves de fiel. Ou peut-être commençait-elle enfin à sentir que sa fierté était mal placée, qu’elle était face à plus fier qu’elle, à plus fort qu’elle. Peut-être que la leçon portait enfin ses fruits. Professeur de petitesse, enseignant en humilité, belle perspective d’avenir, à laquelle il préférait tout de même celle qui lui était destinée. Et pourtant, il devait avoir un certain talent, pour faire sentir à cette petite peste qu’elle ne pouvait rien contre lui, il devait avoir un certain talent, pour la faire tomber si bas dans la répartie, elle qui avait toujours eu réponse à tout ce qu’il avait pu lui dire. Ah, vraiment, il bouchait le passage ? Et elle croyait vraiment qu’il n’avait pas vu ? Et elle croyait vraiment qu’il en avait quelque chose à faire ? Il lui donnait un ordre, elle devait obéir, point. C’était ainsi, ça fonctionnait comme ça depuis son enfance, là-haut, en Normandie. Le seul qui échappait à la règle était l’Autre, celui qui refusait toujours de reconnaître son autorité, celui qui connaissait toutes les ficelles de sa rage et s’était fait un jeu de toutes les tirer, les unes après les autres, les combinant pour obtenir sans cesse des résultats inédits. Les autres finissaient toujours par plier, quelque soit leur résistance de base. Les autres finissaient toujours par avoir peur, par accepter. Elle ne ferait pas exception, il se l’était promis dès qu’elle avait commencé à lui tenir tête. Parce qu’il n’y aurait que ça qui pourrait le calmer. Briser ceux qui étaient à l’origine de sa rage avait toujours eu pour effet immédiat de l’apaiser. Comme lorsque qu’un bébé pleure et que tout l’assistance pousse un soupir de soulagement quand il se décide enfin à faire silence. Alors il ne se pousserait pas. Il ne s’était jamais poussé devant plus faible que lui, autant dire que les gens devant qui il s’effaçait se comptaient sur les doigts de la main. Son père, quelques collaborateurs assez puissants de l’entreprise. Geoffrey, peut-être. Le directeur. Et on s’en arrêtait là. Gabriel ne respectait rien d’autres que les forts, et la plupart des personnes qu’il fréquentait étant faibles, il n’avait pas besoin de les respecter, fin de la discussion. Il ne se pousserait pas. Qu’elle ait du mal ne le dérangeait absolument pas.

    - Je crois que c’est pas mon problème. Débrouille-toi, quand on fait ta taille c’est pas dur de se faufiler partout. Évite de me toucher, par contre…


Et toujours, toujours, ce ton de mépris, vibrant d’une colère qu’il contenait, avec peine, sachant très bien que si la situation s’éternisait la violence aurait le dessus. Sachant très bien que si c’était le cas, il n’aurait aucun regret. Mais en se maîtrisant, pour l’instant. Et puis cet ordre, à la fin, cette interdiction de le toucher. Quelle facilité d’y voir ne marque supplémentaire de sa morgue, le jeune noble qui refuse le contact des prolétaires de peur de se salir, de peur de s’abaisser par un simple effleurement de leur petitesse. Et il y avait de ça, bien sûr, il lui était évident que c’était à lui et à lui seul de provoquer ces simples frôlements, comme tout à l’heure quand il l’avait soulevée de terre, comme tout à l’heure quand il lui avait proposé de la relever. Il décidait, elle subissait et n’avait pas droit à l’initiative. Pourtant, malgré ce mépris manifeste, il y avait autre chose. Un dégoût caché, qu’elle n’aurait pas pu comprendre, que personne n’aurait pu comprendre. Ce refus d’utiliser son don, que ce soit pour des raisons pratiques ou pour faire souffrir les autres. Ce refus que les flammes le déterminent, ce refus de les considérer comme une partie de lui. Ce refus de brûler, comme il avait été brûlé. Ah, comme l’Autre méritait de souffrir, pour lui avoir interdit par un seul geste de profiter de ce qui était pourtant une partie de lui, même s’il lui répugnait de l’admettre. Et de penser à ça, de prendre une fois de plus conscience de ce que l’Autre lui faisait subir, la colère remontait de plus belle, les poings se serraient à nouveau, et il reprenait, comme un grondement.

    - Tu te débrouilles comme tu veux, mais tu te grouilles…



Ava by Cam~
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Lirya Sandman

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MessageSujet: Re: Tromper l'ennui est affaire de perspective (Libre)   Mar 27 Sep - 21:58

    Ce sourire. Tu en eu une bouffée de colère. Une de celle qui arrivait à faire trembler l’air autour de toi, même si c’était le fer des armures qui t’encadraient qui vibrait à cet instant. Mais que croyait-il ? Que tu lui cédais ? Et puis quoi encore. Tu faisais simplement preuve d’intelligence, suivant ton instinct. Chose que tu faisais rarement en temps normal. Pourtant, de nombreuses personnes semblaient croire qu’il existait des exceptions à cette règle. Ces personnes là auraient surement eu un regain d’espoir en voyant la décision conciliante que tu avais prise quelques instants plus tôt. Ils auraient était cependant rapidement déçu. Parce qu’il ne fallait pas être devin pour comprendre que maintenant qu’il avait, non seulement arborer cet air satisfait mais aussi rajouter une nouvelle remarque sur ta taille, tu n’avais clairement pas l’intention d’en rester là. Pas aussi simplement. Il t’avait cherché, il allait te trouver.

    Comme Goliath l’avait fait avec David, il faisait l’erreur de te sous-estimer. Car il ne faisait pas le moindre doute que ta colère compensait sans le moindre mal ta taille à cet instant précis. Et pour la première fois, tu baissas les yeux. Non pas en signe de soumission. Loin de là. Tu essayais de te dire que perdre le contrôle de toi serait une erreur, ça serait lui accorder trop d’importance. A ce riche. A ce sale français. Ce mangeur de grenouille. Son dernier ordre. « Evite de me toucher ». Ta colère montait un palier de plus. Trop précieux pour qu’on le touche. Tu te mordrais la lèvre pour contenir. Le frémissement du métal qui faisait presque écho à ta colère. Et une voix au creux de ton oreille, celle d’un petit démon tapis au fond de toi. Pourquoi quoi te retenais-tu donc ? Toi qui avais été plus d’une fois mise à terre littéralement parce que tu avais refusé de courber l’échine. Toi qu’on avait trainé dans la boue au propre comme au figuré à cause de tes origines. De ton allure. De ta différence. Pour qui faisais-tu encore l’effort de te brider ? Pourquoi te contrôler maintenant que tu avais la force, le pouvoir de te défendre ? Pour qui t’imposes-tu tes règles stupides ?

    Et tu luttais, au fond de toi, sans bouger le moindre cil malgré l’ordre intimé par Gabriel. Tu restais immobile. Luttant contre toi-même. Celle qui avait l’occasion de se venger enfin. De prendre sa revanche sur toutes ces années. A subir. A te battre pour toi-même. A faire tout ce que tu pouvais pour ne jamais faiblir. A faire la sourdre oreille. A lever le menton quand tu étais blessée. La douleur. Tu savais ce que c’était. Surement bien mieux que ce balafré. Gosse de riche qui avait surement été chouchouté après cette blessure. Lui ne savait pas ce que c’était la douleur. Celle que l’on endure, chaque jour. Pendant des années. Il ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait pas imaginer la rage et la haine qu’elle engendre. Qu’elle fait grandir doucement mais surement dans le cœur des gens. Des gens comme toi. Et pourquoi devrais-tu suivre encore cette règle stupide, continuait à te susurrer cette petite voix.

    « … la ferme… »

    A peine prononcer. Murmurer très vaguement dans un souffle. Entre tes dents qui s’étaient à peine desserrée. Deux mots que seule tes lèvres avaient tracé dans l’air pour les laisser mourir presque aussitôt. Tu te parlais. Tu lui parlais. A cette voix. A cette tentation. Tu te savais saine d’esprit. Tu savais bien que ce n’était que le reflet de tes pensées profondes. Comme certaine ont parfois leur conscience qui les aide, toi tu avais ça. Cette tentation. Qui n’avait jamais été aussi forte. Qui n’avait jamais été aussi séduisante. Te faisant oublier jusqu’au risque que ca pouvait te faire courir. Au-delà de tout instinct de conservation, elle n’était que vengeance et haine. Une voix bien trop charmeuse. Contre qui tu te battais… sans savoir pourquoi.

    « Tu te débrouilles comme tu veux, mais tu te grouilles… »

    Il ne pouvait pas savoir. Comment aurait-il pu, lui trop occupé à se regarder le nombril. Sa précieuse personne. Sa formidable haine.
    En un instant, le silence retomba dans le couloir. Lourd. Le fond métallique s’était tu. Tes poings serrés se détendirent doucement. Et tu lâchas un petit rire. L’un de ceux qui sont annonciateur de beaucoup de chose, mais jamais de bon augure. L’un de ses rires sinistres. L’un de ceux qui n’étaient pas pour impressionner Gabriel.

    « Comme je veux. Parfait. »

    Tu relevas les yeux vers Gabriel. Le visage neutre. Ni peur. Ni colère. Ni insolence. Rien. Juste deux pupilles d’ambre braquées sur le blond. Il n’y avait plus rien. Juste le néant. Tu avais baissé les armes mais pas face à Gabriel. Simplement face à cette voix. Et c’était lui qui avait été à l’origine de cette reddition. Temporaire. Tu avais perdu face à toi-même. Face à ta haine que tu avais si bien dominé de ton insolence et de ton indifférence jusqu’à maintenant. Plan B.

    « Dans ce cas… dégage. »

    La suite se passa suffisamment rapidement pour qu’elle surprenne l’arrogance faite homme qui t’avais provoqué une fois de trop. Tu ne l’avais pas touché. Tu avais simplement balayé l’espace entre vous du revers de la main d’un geste vif. Sous l’influence de ton geste, il avait été projeté en arrière, avec une force qui faisait écho à ta colère. Il n’y aurait rien eu d’étonnant à ce qu’il finisse au sol sous cette poussée. Les deux armures qui t’encadrait avait été des dommages collatéraux et s’était écrasée sur le sol du couloir dans un fracas retentissant. Mais toi. Toi au milieu de tout ça. Tu n’avais pas bougé. Tu te contentas d’avancer droit devant toi, enjambant les morceaux d’armures éparpillé sur le sol. Et aussi simplement, tu t’éloignas.

    « Retire des points à ma classe pour ça si ça te chante, j'm'en contre fout. » lâchas-tu froidement sans lui prête plus d'attention.

    Tu avais brisé ta règle. Il t’avait poussé dans tes derniers retranchements. Il avait mérité cette humiliation, cette violence. Alors que tu t’éloignais sans presser le pas, tu n’avais pas le moindre regret… pour le moment.


[[ HS : bon heu... si tu as un problème avec le fait que Lirya utilise son don, hésite pas à me le dire hein... ;; Je changerais comme je pourrais "orz... j'ai pas eu le temps de te demander l'autorisation par MP... "orz ]]
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