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 L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)

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Eleonora L. Prince

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MessageSujet: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Mer 17 Aoû - 14:28

Elea ne s’accoutumerait définitivement jamais à ses escaliers.
Fût-elle dans une condition physique plus qu’acceptable, ces quelques centaines de marches s’élevant devant ses yeux noisettes semblaient toujours vouloir la dissuader de les gravir…et pourtant, chaque jour, elle persistait à les escalader. Mais qui diable avait donc décidé de situer le Vieux Grenier au cinquième étage? Ah oui. Bien sûr. Les greniers étaient généralement situés dans la partie supérieure d’un bâtiment (même si le bâtiment en question renfermait cinq étages).

- Allez, ma vieille, tu vas être capable. Faut bien que tu rejoignes Dit’ pour lui faire goûter tes divins et succulents gâteaux que tu as confectionné spécialement pour lui avec amour , marmonna la mutante pour se donner de l’entrain tout en resserrant son étau sur le panier recelant les six cupcakes destinés à finir leurs jours dans le ventre des deux comparses.

Ditfrid.
Ditfrid Rahksen.
Ce simple nom, aussi marginal soit-il, évoquait à Elea la chaude brise d’un jour d’été, un sourire qui, à lui seul, aurait suffit à illuminer toute une pièce, des coups d’œil complices teintés de fous rires, une présence rassurante à ses côtés…
Lors de sa rentrée à Synchronicity, la mutante se souvenait qu’il avait été le tout premier à lui tendre la main pour la guider à travers ce fouillis qu’était devenue sa vie. Il était son phare éclairant ses nuits les plus sombres à la dérive.
Les lèvres d’Elea esquissèrent l’ombre d’un sourire en se représentant cette image criante de vérité dans son esprit. Bien sûr, elle ne s’était pas ouverte du premier coup à Dit’. Ils avaient dû travailler là-dessus. Tous les deux. Chacun pour mériter la confiance que l’un porterait à l’autre. Les jours s’étaient écoulés et la présence de Dit’ s’était magiquement imbriquée dans son quotidien. Cependant, ce qui demeurait un total mystère pour Elea, c’était ce pourquoi ce garçon à la chevelure émeraude s’était borné à rester avec elle malgré le fait qu’elle tenait, à tout prix, à ce qu’il ne la touche jamais. Il aurait bien pu faire bon escient de son pouvoir en traînant avec d’autres personnes mais il était resté avec elle…et elle lui en était redevable. Elle connaissait la nature de son don et l’avait même quelque peu envié pour la beauté de celui-ci. Quelque peu. Elle avait finalement pris conscience de ce que cela pouvait impliquer pour lui; ce qui comprenait les répercussions psychologique qu’il pouvait ressentir par la suite lorsqu’il l’utilisait. Son don allait même jusqu’à dévorer sa bonne humeur. La mutante exécrait de le voir dans cet état car ce n’était pas comme s’il était capable de ressentir ses propres émotions alors qu’il avait aspiré celles des autres, non? Elle préférait de loin sa présence allègre empreinte de douceur et dénuée d’une quelconque trace d’amertume…mais elle avait dû finir par accepter le fait qu’en âme charitable, il aidait inévitablement son prochain et prenait le poids de son bonheur sur ses épaules. Voilà pourquoi, peu importe la condition dans laquelle il se trouvait; maussade, hargneuse, ennuyée…elle tenait à rester à ses côtés et s’armer de sa bonne humeur. Jamais elle n’aurait osé se plaindre devant lui.

-Fred, tu sais ce que tu me dois et je n’attendrai pas encore trois semaines pour l’avoir, cracha un certain Winterhood en empoignant un pauvre élève du club de cuisine par le col d’une seule main, dans les escaliers du deuxième étage.

C’était ce même Winterhood qui avait provoqué Elea, une semaine auparavant, à un tel point qu’une bagarre s’était déclenchée…et qu’elle avait finit chez la psychologue de l’établissement en raison de ‘troubles de comportement’. Il se nommait Barthélémy et possédait la réputation certifiée d’un ‘agaçant-qui-casse-les-pompes-de-tout-le-monde-avec-ses-propos-insipides-et-agissant-comme-une-vraie-lavette’.

-Je…je ne vois pas de quoi tu parles Barthélémy…je n’ai p-pas…

-Fais pas le malin avec moi, Fred. Nous sommes déjà passés par là et tu le sais.

Alors que Dit’ était de nature plutôt calme et réservée, Elea était un véritable feu follet qui fonçait dans le tas dès qu’une occasion se présentait (ce qui lui valait de nombreux aller-retour chez la psy’ de l’école mais ça elle préfère ne pas le dire). Cependant, cette fois-ci, elle préféra utiliser la méthode ‘douce’ de Dit pour aborder les gens et éviter tout conflit aussi inévitable soit-il. Qui eut crû qu’en fréquentant ce garçon la mutante changerait ses méthodes pour résoudre les problèmes?

- Barthélémy, lâche-le. Tu ne devrais pas... , commença à articuler la mutante d’une voix posée en esquissant un pas vers les deux étudiants.

-Ce n’est pas de tes affaires Prince, lança sur un ton irrité Barthélémy alors qu’il la repoussait brutalement de son bras libre pour l’éloigner ce qui la fit lâcher son panier.

Le panier dévala les marches laissant dans son sillon les malheureux gâteaux destinés à Dit’ et désormais destinés à finir à la poubelle. Une vague de colère monta lentement mais inexorablement en Elea tandis que son regard se posait sur un cupcake dont le délicat glaçage rose était maintenant bafoué.

- Ces gâteaux m’avaient pris deux heures à préparer…

La mutante empoigna Barthélémy par ses deux épaules pour le retourner face à elle. Elle n’était pas la plus forte des filles de son niveau, cependant, assez pour qu’on l’écoute. Fred profita de cette ouverture pour s’écarter de leur chemin et se faire tout petit dans son coin.

- Ces gâteaux m’avaient pris deux heures à préparer pour Dit’ , répéta machinalement Elea, une lueur sadique flamboyant dans ses yeux. Tu me dois – au moins- des excuses.

-Dit’? Attends, tu parles de ce gars bizarre qui est hom…

- Tu. N’as. Aucune. Raison. De. Le. Juger , grinça la mutante menaçante entre ses dents.

Silence.
Elea abandonna son emprise sur Barthélémy qui l’observait toujours d’un mauvais œil. Elle savait pour l’homosexualité de son meilleur ami mais ne l’avait jamais mentionné à voix haute. Elle n’en voyait pas l’utilité. C’était comme un accord tacite qu’ils avaient convenu. Cependant, lorsque c’était quelque d’autre qui venait lui jeter outrageusement cette vérité en pleine figure, elle sentait que son nom avait été bafoué par quelqu’un qui était incapable de tenir sa langue.

- Tu devrais lui être reconnaissant, c’est grâce à lui si je me retiens pour ne pas te casse la figure.

-Ouais, c’est ça. Tu sais, maintenant je comprends pourquoi les filles comme toi qui n’ont même pas encore découvert leur don et qui se donne des airs de garçon manqué n’ont pas de véritables amis, déclara le Winterhood en soutenant son regard.

- Barre-toi.

Barthélémy descendit les escaliers tout en sachant que son commentaire avait visé juste. Il avait su venir jusqu’à elle par l’orgueil. Non, il était vrai qu’Elea n’était pas la fille la plus gracieuse et ravissante (surtout dans son goût vestimentaire) qui soit et cela s’expliquait sans doute par l’absence d’une présence féminine tout au court de son enfance ainsi que de son adolescence . Tout ce qui semblait rappeler aux garçons qu’elle était bel et bien une fille était sa chevelure ambrée cascadant dans son dos et les épais cils noirs encadrant ses yeux. Sinon, rien.
Cependant, ce que Barthélémy ne savait pas c’est qu’Elea connaissait la nature de son don et c’est pourquoi elle avait prétendu ne pas le connaître. Par ailleurs, Dit’, non plus, ne connaissait pas son don. Peut-être l’un des seuls secrets qui subsistait entre eux.

-Elea! Interpella une voix derrière elle tandis qu’elle avait repris sa lente ascension vers le cinquième étage.

C’était Fred.
Il tenait dans ses mains une boîte avec la signature du club de cuisine.

-Tiens. Je voulais te remercier de m’avoir…défendu tantôt. J’espère que Ditfrid appréciera autant ceux-ci que tes gâteaux, déclara le jeune cuisiner en lui présentant la boîte comme symbole de sa reconnaissance.

- Ah…heuu…merci…heu…je veux dire, de rien…de t’avoir défendu…

Ouff! Elle mâchait encore ses mots. Plus facile de taper que de parler.

- …qu’est-ce qu’il y a dedans?

-Tu découvriras en l’ouvrant! Nous avons travaillé tout l’avant-midi sur ceux-ci. Bon, je dois y aller. Merci encore!

Fred lui adressa un dernier sourire et s’évanouit dans les couloirs du deuxième étage. Bien. Elle avait peut-être perdu ses délicieux gâteaux mais ce talentueux cuisinier avait réussi à lui procurer une de ses repas spéciaux qu’ils concoctaient seulement dans l’atelier de cuisine. Ça, ça s’appelle du karma.
Elea gravit les escaliers deux par deux jusqu’au Vieux Grenier. C’était le lieu principal de rencontre à elle et Ditfrid. Ils bavardaient de tout et de rien dans cet endroit auquel la mutante trouvait un certain charme convivial que ce soit par la lumière filtrant par la fenêtre offrant une vue sur le parc ou encore par ses poussière en suspension dans les airs qui paraissaient danser dans les airs et déclenchaient parfois des éternuements de leur part.
Elea franchit la porte du Vieux Grenier, laissant de côté son altercation avec Barthélémy.

-Salut Dit’! Désolée, je sais que je t’avais promis de te cuisiner ces gâteaux que tu aimes tant mais je les ai…échappés par inadvertance. En tout cas, tu sais Fred, ce gars dans le club de cuisine? Je pense que c’est un Springties. Enfin, il nous a gentiment offert cette boîte qui renferme les produits de sa longue et méticuleuse préparation! J’espère que ça te plairai, de mon côté…Dit’? Ça va?


Dernière édition par Eleonora L. Prince le Mer 17 Aoû - 18:39, édité 1 fois
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Ditfrid Rahksen

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MessageSujet: Re: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Mer 17 Aoû - 17:48

Dans la douce lumière du grenier, Ditfrid s’était assis sur l’un des coussin géant qu’il avait volé dans la salle commune des Summerers avec Elea. Il regardait l'éclat du soleil entrer par les vitres poussièreuses et former des rayures lumineuses dans les saletés qui voletaient dans l’air. Un demi-sourire sur les lèvres, le jeune homme pensait au jour où Elea et lui avait découvert cette endroit, six mois environ après leur rencontre. C'était elle qui avait remarqué la petite porte délabrée, en haut d'un escalier enfoncé au fond d'un couloir du cinquième étage.

"Tu es déjà monté ?", lui avait-elle demandé avec un sourire dont elle seul avait le secret.

Il avait secoué la tête, alors un sourire d'excitation était apparu sur le visage de son amie. C'était en parti ce qui était agréable avec elle. Elle était émerveillé par la moindre petite chose qui changeait du quotidien. C'était une personne qui savait être heureuse, qui connaissait le secret pour vivre une vie de joie. Il était rare qu'il doive aspirer d'elle des émotions néfastes. C'est peut-être pour ça, qu'il prenait autant de plaisir à trainer avec elle.
Le ravissement d'Elea l'avait obligé à la suivre dans l'escalier poussiéreux, vers la petite porte délabrée, et c'est ainsi qu'ils avaient découvert le grenier de l'école. A l'époque, il n'y avait pas grand choses, quelques meubles poussiéreux à l'abandon, quelques souris qui courraient avec leur petites pattes sur le plancher et derrière les murs. Pourtant, son amie était plus que satisfaite de sa trouvaille. Elle sautillait partout, observait les recoins, épanouie. Il avait souri.

"Attention à la marche !.. AÏE ! Ma jambe a frotté un clou ! Fait chier."

Quelques semaines plus tard, ils étaient tous les deux en train d'essayer de monter un de ces horribles coussins pivoines et disproportionnés qui jonchait la salle commune des Summerer dans le grenier. Ils y avaient déjà apporté un petit buffet dans lequel ils rangaient leur provision - non, non, ils n'étaient pas du tout gourmands - et une petite table sur laquelle ils pouvaient écrire, ou faire leurs devoirs. Et c'est ainsi que le grenier était en quelque sorte devenu leur repère secret - ou pas secret, toujours est-il qu'ils n'y avaient encore vu personne d'autre.
Le norvégien fut extirpé de ses songes par une sensation dans ses tempes qui indiquait que son don s'activait. Il y avait peu de moment comme celui qui venait de se passer, où il était seul et maître de ses émotions. En même temps que la sensation étranges se mit à parcourir ses tempes, il ressentit un mélange de colère, de honte, et de tristesse, entrer en lui. Puis elle disparut tout à coup, comme elle était apparue. C'est à ce moment qu'Elea entra dans le grenier, un grand sourire sur les lèvres, un sourire d'Elea, que personne ne pouvait immiter, qui fit chaud au coeur de Ditfrid.

"Salut Dit’ ! Désolée, je sais que je t’avais promis de te cuisiner ces gâteaux que tu aimes tant mais je les ai… échappés par inadvertance. En tout cas, tu sais Fred, ce gars dans le club de cuisine ? Je pense que c’est un Springties. Enfin, il nous a gentiment offert cette boîte qui renferme les produits de sa longue et méticuleuse préparation ! J’espère que ça te plairai, de mon côté… Dit’ ? Ça va ?"

Toujours la même chose, il n'avait pas encore eu le temps d'en placer une qu'elle avait déjà récité sa vie en un quart de minute. Dit' lui offrit un de ses sourires tristes, il vit qu'elle l'observait de haut en bas, de ses converses vertes au T-shirt noir qu'il portait par dessus un jean délavé. Il se leva alors et s'empara de la nourriture qu'avait ramené son amie pour la déposer sur la table. Il hésita, comme d'habitude, à l'étreindre. Elle était si gentille qu'il en avait toujours envie de lui faire un câlin. Cependant, il savait bien qu'elle refusait qu'il la touchât, sans vraiment savoir pourquoi... Mais pour le moment, ce n'était pas le plus important, il était un peu inquiet, car la tristesse ou la honte qu'il avait ressenti avant qu'elle n'arrive ne pouvaient venir que d'elle, il n'y avait personne d'autre à l'horizon.

"Bien sûr que ça va, t'ai-je déjà dit que ça n'allait pas ?"

Il passa sa main droite sur sa nuque et s'étira en baillant. Il allait parler mais de la poussière qu'il avait avalé le fit tousser. Elea était à deux doigts de se moquer de lui, alors il détourna les yeux et sentit ses joues rosir.

"Alors, tu me racontes, qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ça n'aille pas ? Je veux savoir, sinon, pas de Miam-Miam !"

Il lui offrit un petit sourire triste tout en se positionnant devant la table où il avait disposé la nourriture, devenant un obstacle entre son amie et le Miam-Miam en question.
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Eleonora L. Prince

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MessageSujet: Re: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Mer 17 Aoû - 19:59

-Bien sûr que ça va, t'ai-je déjà dit que ça n'allait pas ?

Non, tu n’as pas besoin de me le dire. Tu n’en as jamais eu besoin. Parce que je te connais…et que lorsque que ça ne va pas, c’est écrit dans tes yeux, pensa Elea en penchant la tête sur le côté tout en remuant la question de son ami dans son esprit. Et à ce moment-même, elle aurait pu dire que quelque chose turlupinait Dit’, à sa manière nonchalante d’agir comme si de rien n’était tandis que les extrémités de ses lèvres s’étiraient vers le bas pour former ce sourire mélancolique qu’elle connaissait très bien pour l’avoir vu de nombreuses fois après que le pouvoir du mutant se soit opéré.

-Heuu…non, non…je ne pense pas…enfin, aussi loin que je puisse me souvenir –et ce n’est pas toujours très loin- tu ne m’as jamais dit que ça n’allait pas. Je crois….non, attends, j’ai peut-être une mémoire défaillante mais si tu m’avais dit que tu n’allais pas bien, je pense que ça m’aurait marqué étant donné que tu n’es pas du genre à te plaindre pour un rien…J’ai raison? Ou peut-être que j’ai tout à fait tort et que je ne te connais pas aussi bien que je pense te connaître et que…

Quoiqu’elle dise, cette jeune fille finissait toujours par radoter! Cela endormait généralement son auditeur tout comme Dit’ qui ne paraissait faire exception à la règle tandis qu’il s’étirait pour bailler. Génial. Si elle réussissait à endormir son meilleur ami, ce serait le comble du désastre! Cela signifierait qu’elle était aussi peu intéressante que…
Dit’ ouvrit la bouche pour lui parler mais il sembla que quelque chose ait obstrué ses voies respiratoires car aucun mot ne su franchir ses lèvres. Il toussota. Une poussière. Le sourire d’Elea s’élargit pour étouffer le gloussement qu’elle sentait naître dans sa gorge. Il n’y avait que Dit’ pour s’étrangler avec une poussière. Peu importe l’objet ou la chose qui se trouvait à sa portée, aussi inoffensive puisse-t-elle paraître aux premiers abords, il trouvait toujours un moyen de se faire mal avec. C’était du Dit’ tout craché. Chaque fois qu’il commettait une bévue, ses joues se teintaient d’un rose pâle, l’un des seuls signes de timidité qui subsistait entre elle et lui.

-Alors, tu me racontes, qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ça n'aille pas ?

-Mais qu’est-ce que tu racontes tout va pour le mieux! Assura facétieusement Elea en tentant de le convaincre vainement d’un sourire. Qu’est-ce qui te fait dire ça? Voyons Dit’, je pensais que tu me connaissais mieux que ça!

Comment était-il au courant?
Ah. Oui. Bien sûr. Son don. La poisse.
Pourquoi devait-il être le seul parmi tant d’autres à savoir comment elle se sentait? Pourquoi lui en particulier? Ce n’était pas évident de toujours lui dissimuler son amertume…Malgré cela, la mutante avait développé un truc fastoche pour tenter de le tromper. Dès qu’elle sentait des émotions négatives la submerger, elle n’avait qu’à penser à une image rigolote qui la détendrait à coup sûr. Dans ce cas-ci, l’image qui l’apaisait le plus était celle de…Winnie l’ourson. Allez savoir pourquoi…

Ok, pense à Winnie l’ourson, Winnie l’ourson, Winnie l’ourson, Winnie l’ourson, se répéta intérieurement Elea comme une chanson.

Qui sait? Peut-être que Dit’ lâcherait l’affaire en constatant qu’elle s’était apaisée. Peut-être que son truc fonctionnait-il réellement!

-Je veux savoir, sinon, pas de Miam-Miam !

Ou pas. Son truc ne fonctionnait pas pour l’instant. Elle devrait se décider à l’élaborer à l’avenir…

-Pas de Miam-Miam?

Elea décida de jouer la carte de la jeune fille étonnée et déconcertée afin de s’approcher d’un peu plus près de la table pour piquer un de ces succulents sushis qui traînaient là ou encore ce muffin aux bleuets qui paraissait rayonner par sa présence…mais Dit’ avait été plus rapide qu’elle. Comme s’il avait lu dans sa pensée, il se positionna face à Elea de sorte qu’il lui bloquait le passage vers le Miam-Miam.

-Noooooon, tu ne peux pas me faire ça! C’est cruel! De la véritable torture pour mon pauvre estomac! Ça s’appelle du chantage purement émotionnel! Allez, je veux juste un de ses petits trésors qui n’attendent qu’à fondre dans ma bouche et après je te dirai ce que tu ne penses qui ne va pas même si tout va parfaitement bien.

En comprenant que Dit’ ne cèderait pas, Elea croisa les bras sur sa poitrine, signe qu’elle capitulait. Cependant, elle ne pouvait se résoudre à lui dévoiler ce que Barthélémy avait osé dire à son sujet sans non plus vouloir se plaindre de ce qu’il avait dit à propos du sien.

-D’accord comme tu veux. Je suis…heu…apparemment…comme ça, dans cet état, aujourd’hui, selon toi…parce que…je suis une…fille…oui, je suis une fille et…j’ai 17 ans et…j’ai…je…

Court-circuit dans le cerveau. Vite. Penser. Inventer une raison. Rapide.

-…je n’ai…je n’ai jamais…ok, attends…je n’ai jamais embrassé de garçon…ok non, attends, laisse faire…les garçons sont trop bêtes de toute manière…pas que, toi, tu sois bête, mais d’autres…garçons sont très bêtes…

Elle omit de mentionner Barthélémy.

-…non, mais attends! C’est…c’est pas ça…je…je voulais dire…que je ne…je ne me sens pas à ma place parce que…

Doux jésus. Quand allait-elle finir de déballer son sac?

-…plusieurs ont dû remarquer…ont dû remarquer…que je n’avais pas encore découvert mon don. Oui, je pense que c’est bien pour ça que je suis dans cet état. J’ai parfois l’impression d’être mise à l’écart – pas parce que tout le monde semble oublier que je suis une fille- parce que je n’ai pas encore appris la nature de mon don alors que je suis en deuxième année. Oui, c’est ça. Je sais, c’est nul.

Non mais dans quel pétrin avait-elle encore mis les pieds?


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Ditfrid Rahksen

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MessageSujet: Re: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Mer 17 Aoû - 21:32

« Pas de Miam-Miam ? Nooooon, tu ne peux pas me faire ça ! C'est cruel ! De la véritable torture pour mon pauvre estomac ! Ca s'appelle du chantage purement émotionnel ! Allez, je veux juste un de ces petits trésors qui n'attendent qu'à fondre dans ma bouche et après je te dirai ce que tu ne penses qui ne va pas même si tout va parfaitement bien. »

Toujours positionné entre la table et son amie, Ditfrid était assez perplexe. Il leva un sourcil en l'air d'un air suspicieux tout en faisant une moue de la bouche. Cependant, il ne drainait plus aucun sentiment négatif, si ce n'est un léger stress.
Je suis certain qu'elle a trouvé un moyen d'éviter mon don... Elle arrive toujours à changer son humeur. Mais est-ce une bonne chose pour elle ? Je n'en sais rien...
Quelque chose n'allait pas chez Elea, cela, il en était sûr, mais il n'aspirait plus rien d'elle sinon un léger stress. Sans doute que les problèmes de son amie ne le concernait pas tant que ça, mais c'était plus fort que lui, il était obligé de prendre part aux problèmes de tout le monde – et encore plus à ceux d'Elea. C'était un envahisseur. C'est au moment où le jeune homme aux cheveux émeraudes allait reprendre la parole que la jeune fille décida à parler. Elle bégayait, ne disait pas grand chose de censé.

« …je n’ai…je n’ai jamais…ok, attends…je n’ai jamais embrassé de garçon…ok non, attends, laisse faire…les garçons sont trop bêtes de toute manière…pas que, toi, tu sois bête, mais d’autres…garçons sont très bêtes…  »

« Tu déconnes là ?.. »

« … Non, mais attends ! C'est... C'est pas ça... je... je voulais dire... que je ne... je ne me sens pas à ma place parce que...

Elle ne semblait pas du tout à l'aise. Ditfrid se sentit de plus en plus stressé, sur les nerfs. Il aspirait l'énervement de son amie. Cependant, il était incapable de dire si elle était dans cet état parce qu'elle n'osait pas parler de ce qu'il n'allait pas, ou parce qu'elle cherchait un moyen d'éviter à le dire. Dans tous les cas, bientôt, elle ne serait plus stressée étant donné qu'il drainait tout son stress.

« …plusieurs ont dû remarquer…ont dû remarquer…que je n’avais pas encore découvert mon don. Oui, je pense que c’est bien pour ça que je suis dans cet état. J’ai parfois l’impression d’être mise à l’écart – pas parce que tout le monde semble oublier que je suis une fille- parce que je n’ai pas encore appris la nature de mon don alors que je suis en deuxième année. Oui, c’est ça. Je sais, c’est nul. »

Ca y est, la sensation s'en était allée. Tout le stress d'Eleonora, il l'avait aspiré. Peut-être qu'à présent, elle serait plus apte à parler calmement de ce qu'il n'allait pas. En tout cas, il n'avait rien compris à tout son charabias.
Qu'est ce qui ne vas pas à la fin ? Peut-être un peu tout ce qu'elle a dit...
Toujours était-il qu'il n'aimait pas qu'elle aille mal. Alors, il commença par ne rien répondre. Il lui adressa un sourire triste – encore un – qui avait pour but de la mettre en confiance – enfin... essayer de la mettre en confiance ; il tourna alors le dos à la Summerer pour ouvrir le paquet qu'elle avait ramené, il jeta un oeil à l'intérieur.

« Des macarons... »

Il se retourna alors, le paquet ouvert entre ses mains. Et tendit les bras devant lui. Elea n'avait qu'à plonger la main dedans pour se servir. Mais elle ne bougeait pas, comme si elle attendait l'autorisation de son ami pour manger. Il secoua alors la boite sous son nez.

« Beh alors, t'as plus faim ? Allez... Mange, ça ira un peu mieux. Et puis, comme ça, tu pourras me dire clairement ce qu'il ne va pas. Je suis là pour t'écouter tu sais. Si c'est vraiment parce que tu n'as jamais embrassé de garçon, eh bien... Dit toi que moi non plus, et qu'on est aussi désespéré l'un que l'autre ! Et si c'est pour ton pouvoir, eh bien c'est simple, nous n'avons qu'à chercher tous les deux ce qu'il pourrait être ! »

Le jeune homme attendit qu'elle se serve avant d'aller déposer la boite sur la table basse posée près des gros coussins. Il s'étira une nouvelle fois en baillant, décidément, il devrait penser à dormir plus. C'était juste que le soir, dans les dortoirs, au moment où chacun allait dormir, il pouvait sentir les émotions alanguies des futurs dormeurs, qui, avant de dormir, avait leur moment philosophie-déprime qui caractérise si bien la période de l'adolescence. Malheureusement, lui n'avait jamais le temps pour ses problèmes, il était toujours assailli par ceux des autres. Alors, il n'avait qu'à attendre d'aspirer toute la mélancolie de ses camarades de dortoirs, puis souvent il pleurait en silence pendant de longues minutes, avant de s'endormir, tard dans la nuit.
Ditfrid chassa ces pensées sinistres de son esprit et se retourna vers sa meilleure amie qui achevait son premier macaron. Il passa sa main gauche sous son T shirt et le souleva légèrement pour se gratter le bas du ventre dans un geste qui lui était devenu familier. Il attendait de pouvoir aider au bonheur de son amie, maintenant que toute trace d'émotion néfaste devait être éloignée de son âme.
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Eleonora L. Prince

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MessageSujet: Re: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Jeu 18 Aoû - 14:59

Lorsqu’Elea eut finit de débiter tout son monologue, elle eut l’impression qu’on venait de lui enlever un poids sur les épaules. Tantôt nerveuse, désormais, elle se sentait curieusement…bien. Juste bien. Comme si le fait d’avoir dévoilé ce qu’elle avait sur le cœur (même si certaines de ses confessions n’étaient qu’une semi-vérité) avait magiquement allégé tout son être. Magiquement. Rien n’était magique par ici. Ça, elle l’avait appris à ses dépends.
La mutante releva la tête et affronta le sourire las de son ami tendu comme un arc. Elle comprit ce qui venait de se produire et ne pu empêcher son cœur de se crisper. Durant une fraction de secondes, elle aurait voulu posséder le pouvoir de remonter le temps, afin que, lors de ces quelques minutes passées à tenter d’inventer une piètre excuse, elle puisse empêcher ses émanations négatives d’atteindre son ami. C’était tout bonnement impossible.

-Des macarons…

Dit’ lui tournait maintenant le dos pour se servir parmi les gourmandises sur la table. Était-il fâché contre elle? Non, il n’était pas du genre à lui reprocher quoi que ce soit. Il était trop pétri d’affection et de bonté pour l’être. Quoi qu’il n’en ait pas besoin, Elea était apte à se reprocher ses gaffes toute seule. À ce moment-même, il ne lui aurait pas déplu de se cogner la tête contre le mur quelques dizaines de fois pour se punir d’avoir laissé Dit’ s’accaparer de ses émotions tandis qu’il avait le dos tourné. Cependant, elle se contenta de baisser la tête vers le sol, dépitée, ignorant la boîte que secouait Dit’ sous son nez pour la tenter. En vain.

-Beh alors, t'as plus faim ? Allez... Mange, ça ira un peu mieux. Et puis, comme ça, tu pourras me dire clairement ce qu'il ne va pas. Je suis là pour t'écouter tu sais.

Elea releva aussitôt la tête.
Winnie l’ourson.
Elle ne voulait en aucun cas que son humeur pénalise Dit’.
Winnie l’ourson.
Pas maintenant. Pas demain.
Winnie l’ourson.
Il ne méritait surtout pas ça.
Winnie l’ourson.

-Si c'est vraiment parce que tu n'as jamais embrassé de garçon, eh bien... Dit toi que moi non plus, et qu'on est aussi désespéré l'un que l'autre ! Et si c'est pour ton pouvoir, eh bien c'est simple, nous n'avons qu'à chercher tous les deux ce qu'il pourrait être !

Elle tenait trop à lui pour lui faire subir une nouvelle fois ce que tout le monde faisait inconsciemment.
Winnie l’ourson.

-Tiens, je vais goûter un macaron, déclara légèrement la mutante en plongeant une main gourmande dans la boîte.

Elle en ressorti un macaron écarlate qu’elle porta prestement à ses lèvres pour le déguster. Exquis. Fred avait définitivement un talent en matière de cuisine. Elea jeta un coup d’œil à l’intérieur de la boîte pour s’assurer qu’il y aurait assez de macarons pour combler leur gloutonnerie. Ses yeux pétillèrent d’excitation. Oh la la la, il y en avait des bleux, des roses, des bruns, des jaunes, des verts…une véritable caverne à Ali Baba! La jeune fille harponna discrètement deux autres macarons avant de confortablement se caler dans l’un des énormes coussins qu’ils avaient ‘emprunter’ quelques semaines plus tôt. La vraie vie.

-Tu te rends compte à quel point que je me sens chanceuse de t’avoir rencontré?Lâcha subitement Elea en s’empiffrant de son deuxième macaron. Combien de personnes, sur cette terre abritant six milliards d’individus, sont capables de me supporter et de me comprendre? À ce que je sache, il n’y a que toi.

La mutante ferma doucement les yeux tandis qu’elle se calait plus profondément dans le coussin. Elle repensa, avec un léger sourire sur les lèvres, toutes ces fois où Dit’ aurait pu l’abandonner mais était tout de même demeuré à ses côtés. Qu’en était-il de cette fois où elle l’avait entraîné jusqu’aux fins fond de la forêt, certaine qu’il y était dissimulé un trésor inestimable après qu’un élève lui ait soufflé cette information, et qu’ils s’étaient inexorablement égarés puis, finalement retrouvés par l’un des surveillants, la nuit tombée? Qu’en était-il de cette journée où elle avait voulut l’initier au baseball et que la balle avait fini par se fracasser contre la fenêtre de la salle de cours des Faithsbees ce qui les gratifia de deux heures de retenue? Qu’en était-il de cette fois où elle l’avait encouragé à pénétrer à l’intérieur de la bibliothèque interdite, par pure curiosité, et qu’ils avaient dû affronter une horde de livres animés, dévoreurs de chair humaine, par sa faute? Et encore, la liste était interminable…

-Pour ce qui est des garçons…Aah je sais, c’est stupide de ma part de me plaindre de tout ça mais…c’est juste que j’ai l’impression qu’ils tendent à oublier que je fais bel et bien partie de la gente féminine, murmura furtivement Elea en passant une main dans sa crinière dorée. Et pas que je sois contente qu’on soit dans la même galère, mais…ça me rassure que toi aussi tu n’es jamais embrassé quelqu’un.

Cependant, Elea négligea d’ajouter qu’elle n’embrasserait jamais un garçon de cet établissement sous peine de lui absorber ses pouvoirs, lui arrachant quelques souffrances au passage. Elle ne savait pas ce qui en serait pour les ‘non-mutants’ mais elle devrait tout de même passer deux autres années à Synchronicity avant de le découvrir. Pour l’instant, elle portait des gants jais qui réduisaient les risques d’entrer en contact avec des personnes de son entourage. Pour l’instant.

-Quant à mon don…ce n’est pas si grave si je ne le découvre par en même temps que les autres, non? Chacun est à son rythme…

La mutante voulait à tout prix éviter que Dit’ se pose d’autres questions sur ce don qu’il pensait inconnu alors qu’il en était tout autrement.

- As-tu déjà songé à ce que ta vie aurait été si tu n’avais pas été doté d’un don? Je veux dire; si tu avais mené une vie normale comme tous les autres adolescents, excluant ceux de Synchronicity?

Elea avait sereinement posé cette question, nullement troublée par un soupçon d’angoisse ou d’inquiétude. Elle y pensait de temps en temps, lorsqu’elle retrouvait la solitude de sa chambre dans les dortoirs. Si elle avait était une adolescente comme les autres, elle serait restée en Alaska avec son frère et son père et aurait vécu une vie dans la plénitude et la prospérité. Seulement, elle n’aurait jamais rencontré Dit’.
La mutante ouvrit lentement les yeux, toujours allongée dans le coussin, et observa ses mains, à l’insu de Dit’. Comme en transe, elle retira doucement ses gants, un à un, prenant le temps de découvrir ses mains nues qu’elle ne pouvait observer que lorsqu’elle était seule. Si seulement…

-T’as pas entendu quelque chose? S’enquit Elea en se redressant.

Elle avait discerné trois faibles coups comme si…
On cognait à la porte. La mutante se releva, reprit sa constance et se dirigea vers la source de ce bruit venant froisser le silence qui habitait leur lieu secret.

-Tu as invité quelqu’un d’autre à se joindre à nous? Demanda la jeune fille tout en croisant le regard de Dit’. Enfin, si non, je me demande qui ça peut bien être…

Elea hésita à ouvrir la porte talée. C’était leur lieu. À eux. Qui pouvait donc y venir? Elle qui avait si longtemps crû que personne d’autre n’en connaissait l’existence…eh bien, elle se trompait. Il y avait une manière spéciale d’ouvrir cette petite mais robuste porte; il fallait la pousser vers l’extérieur et ensuite tourner la poignée afin qu’elle puisse s’ouvrir, ce que fit la jeune fille.
La porte s’ouvrit.
Barthélémy.
Il n’était pas seul.

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Ditfrid Rahksen

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MessageSujet: Re: L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)   Jeu 18 Aoû - 18:32

Ditfrid s'était assis en face d'Elea, elle avait l'air d'aller mieux. Mais lui avait du mal à se calmer, il était sur les nerfs, comme si il redoutait quelque chose qui devait se passer. Il ne pouvait pas comprendre pourquoi, étant donné que ces émotions n'étaient pas les siennes ; néanmoins il devait se calmer, alors il respira profondément sans dire un mot.

« Tu te rends compte à quel point que je me sens chanceuse de t’avoir rencontré ? Combien de personnes, sur cette terre abritant six milliards d’individus, sont capables de me supporter et de me comprendre ? À ce que je sache, il n’y a que toi. »

Un sourire lui vint aux lèvres, il aimait beaucoup Eléa, il avait l'impression qu'elle le comprenait. D'ailleurs, peu de personnes réussissait ainsi à contrôler leurs émotions pour lui éviter d'aller mal. Elle seul savait : elle savait être heureuse. Avec elle, il goutait au bonheur d'offrir du bonheur et d'être lui même heureux, sans qu'un sentiment inopportun ne vienne tout gâcher. De petites intentions comme ces gâteaux qu'elle avait amené, ou comme ses sourires, le fait qu'elle veuille le rendre heureux lui aussi, le rendait bizarrement fier. Mais paradoxalement, il était frustré qu'elle mesure ainsi ses émotions pour le protéger. Était-elle triste, au fond ?

« Les gens te connaissent mal... Tout comme ils me connaissent mal. Le fait est qu'on a eu la chance de pouvoir apprendre à se connaître, toi et moi. »

Elle ne répondait pas, il put seulement remarquer qu'elle avait fermé les yeux, elle souriait doucement. Il n'avait pourtant pas dit grand chose, était-ce ces mots qui la faisait sourire ? Il ferma lui aussi les yeux alors, et profita du silence feutré que leur procurait le grenier. Il n'y avait rien qu'eux deux, ici, tout au sommet de l'école, au dessus de tous. Au dessus de tous ces gens incapables d'être heureux alors que le monde leur offrait la joie. N'ont-ils toujours pas compris qu'une fois mort, le bonheur, la joie, tout cela leur sera inatteignable ? Ditfrid eu un sursaut en entendant la Springties murmurer

« Pour ce qui est des garçons…Aah je sais, c’est stupide de ma part de me plaindre de tout ça mais…c’est juste que j’ai l’impression qu’ils tendent à oublier que je fais bel et bien partie de la gente féminine. Et pas que je sois contente qu’on soit dans la même galère, mais…ça me rassure que toi aussi tu n’es jamais embrassé quelqu’un. »

Ditfrid était un peu gêné, il n'aimait jamais trop parler de ce genre de chose en fait, et il avait l'impression qu'Eléa essayait de lancer le sujet. Peut-être voulait-elle se confier. Il tourna la tête et regarda la petite fenêtre ronde qui laissait passer un halo de lumière, il aimait l'effet que la lumière faisait sur la poussière, alors il se leva et alla se placer devant la raie de lumière, celle-ci lui éclairait son visage et faisait briller ses cheveux verts. Ainsi, tournant le dos à son amie, il pouvait esquiver la discussion.

« Quant à mon don…ce n’est pas si grave si je ne le découvre par en même temps que les autres, non? Chacun est à son rythme…  As-tu déjà songé à ce que ta vie aurait été si tu n’avais pas été doté d’un don? Je veux dire; si tu avais mené une vie normale comme tous les autres adolescents, excluant ceux de Synchronicity? »

Le jeune homme se tourna de nouveau vers son amie qui n'avait pas bougé du coussin rouge. Il n'aimait pas parler de ça. Son don faisait parti de lui, si il s'appelait don, c'est que ça lui était bénéfique. Son père lui répétait toujours « Ditfrid, remercie Dieu pour ce don qu'il t'a fait. », et alors le garçon s'était persuadé que Dieu lui avait confié pour mission de retirer cette tristesse inutile du monde, tous ces sentiments bas que l'homme avait inventé pour s'occuper alors qu'il aurait pu évoluer vers la grandeur.

« Non. Je n'y ai jamais songé. »

Sa voix avait résonné plus sechement qu'il ne l'aurait voulu. Il se prenait pour un envoyé de Dieu et n'était même pas capable de contrôler sa voix, quel idiot. Confus, il s'empara d'un macaron et le fourra entier dans sa bouche comme il avait l'habitude de le faire, quelque soit l'aliment qu'il mange. Et alla s'asseoir sur la table, le dos tourné à Eléa. Il se sentait en colère, contre lui-même et contre les gens. En fait, sa gentillesse apparente n'était la plupart du temps que de l'orgueil intérieur. Évidemment, pour des personnes comme Eléa, il était sincèrement gentil. Mais lorsqu'il aspire la tristesse des idiots qui arrivent à être triste sans raison, ce n'est pas par gentillesse, mais par fierté de son don.

« T’as pas entendu quelque chose? »

Le Summerer se retourna et s'aperçut que son amie avait retiré ses gants. Dans le même temps, il se rendit compte qu'il n'avait jamais vu ses mains. Et il s'interrogea, pourquoi portait-elle toujours ces gants ? Il observait ses mains en fronçant les sourcils.

« Tu as invité quelqu’un d’autre à se joindre à nous ?  »

« Bien sûr que non. »

« Enfin, si non, je me demande qui ça peut bien être… »

Il haussa les sourcils, il s'en fichait un peu en fait. De toute façon, il était préoccupé par autre chose. Ces mains nues l'intriguaient. Non, la lumière jaune du soleil entrant par la fenêtre l'intriguait. Les mains d'Eléa, elles, le fascinaient. Il ne bougea même pas quand elle se dirigea vers la porte pour l'ouvrir. Si elle n'était pas si curieuse, elle aurait très bien pu laisser la porte fermée et attendre que l'invité non désiré s'en aille. Il entendit la porte s'ouvrir avec un bruit qui lui était particulier. Puis plus un bruit, ses tempes s'activèrent. Et il sentit la colère. Elle bouillonnait en lui. Venait-elle d'Eléa ou du nouvel arrivant, ça, il ne pouvait pas le savoir.

« Qui est-ce ? » dit-il, sans se retourner.

Elle ne répondait pas. Ce n'était pas son genre, habituellement, elle se jetait sur la moindre occasion pour parler. Inquiet, le Summerer se retourna au moment où l'autre se mit à parler.

« C'est moi. »

C'était un Winterhood, Barthélemy. Ditfrid le connaissait de vue. Il le méprisait gentiment, disons que lorsqu'il passait à côté de lui, il aspirait ses émotions négatives par devoir et non par désir. Mais Ditfrid voyait bien que le Winterhood ne l'aimait pas.

« Ah... Salut Barthélemy. Tu viens chercher quoi ici ? »

Le jeune homme aux cheveux émeraudes prit un air blasé, celui qu'il réservait aux personnes qui l'importunait. Et toisa le Winterhood qui, apparemment, était venu chercher des problèmes. Eléa était resté devant la porte, sans bouger ni parler. Sans doute était-ce le garçon qui l'avait troublé avant qu'elle n'arrive dans le grenier. Le garçon ne répondit rien. Il avait les yeux brillants de malice, on aurait dit un gamin, un gamin tout fier parce qu'il préparait un mauvais coup qui allait bien faire rire ses potes. D'ailleurs, ils étaient derrière lui, ses potes, ils ricanaient comme des idiots.
Comment ai-je pu ne pas les remarquer, ces idiots ?
Ditfrid se leva de la table et alla se placer à côté d'Eléa. Celle-ci s'écarta d'un pas, pour ne pas être trop prêt de lui. Toujours ce problème de distance avec les gens, il ne comprenait pas pourquoi elle refusait qu'on la touchât.

« C'est toi, qu'on cherchait. Toi et la garçonne à côté de toi. »

En jetant un regard à son amie, Ditfrid vit à quelle point le terme « Garçonne » l'avait touchée. Or, toucher Eléa, c'était toucher Ditfrid. Il se campa devant elle, aussi peu imposant fut-il, son regard, nourri de la colère de Barthélemy, et accentué de la sienne, faisait peur à voir.

« Elle a un prénom. Elle s'appelle Eléonora. »
« Ta gueule, toi. On s'en fout de son prénom. »
« Te laisse pas faire par un pédé, Bartho' ! »

Ditfrid se raidit. Il aimait bien les garçons, c'est vrai, mais sur le moment, la haine qu'il avait contre le garçon qui avait rendu triste son amie lui avait fait oublié sa timidité. Or, le terme qu'avait utilisé l'un des Winterhood derrière Barthélemy l'avait rendu muet. Il ne savait plus où se mettre maintenant. Ses joues étaient rosée par la honte et il baissa le regard. Il essaya de parler mais ne fit que bégayer des mots qui ne voulaient rien dire. Oublié le halo de lumière, oubliées les mains nues d'Eléa. Il n'y avait plus que la honte. Il en oublia d'utiliser son pouvoir. On pouvait assister à l'un des rares moments où Ditfrid ne vivait que par ses propres émotions.
Les Winterhood envahirent la pièce, et il les laissa entrer, sans broncher.
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L'amour est à la portée de tous, mais l'amitié est l'épreuve du coeur (Pv Ditfrid)
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