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 Sad memories of your past life [Libre]

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Alan Koyoshi

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Messages : 151
Date d'inscription : 22/07/2011

MessageSujet: Sad memories of your past life [Libre]   Ven 2 Sep - 22:13


Qui es-tu ?


Il vogue. Au gré de ses pensées. Les cours sont finis. Le soleil aura bientôt fini sa course pour ce jour. Alan monte les étages. Passe devant d’innombrables choses et personnes mais ne les vois pas. Ses pensées sont occupées par des anciennes pensées. Elles le rendent inconscient. Inconscient du monde qui vie et l’entoure. Comme télécommandé par ses réflexes, il revient a son étage maison. Le cinquième. Du monde. Il n’a aucune envie d’aller voir du monde. Ses soi-disant "semblables". Il finirait comme toujours par quitter discrètement la pièce, se glisser dans son lit et s’évader dans ses songes. Sans que personne ne le remarque. Comme d’habitude…Ses songes qui, depuis quelques jours, ne sont plus vraiment une source de réconfort. Les souvenirs on remplacé les rêves. Des souvenirs parfois heureux, mais trop souvent malheureux et terribles. Il préférait être seul. Sans qu’il le sache, ses pas le menèrent dans un endroit cité que trop souvent. Le grenier. Parfait.
Un endroit isolé, calme et tranquille. Sans une seule personne pour qui il serait, de toute façon, qu’une personne comme une autre dans une journée comme tant d’autres. De toute façon, à cet instant, toute compagnie aurait été insupportable. Le grenier. Du premier coup d’œil, est une pièce poussiéreuse pleine d’objet hétéroclites ayant surement chacun une histoire. Des piles de carton moisissant ça et là. Les toiles d’araignées un peu n’importe où. Mais surtout, une énorme fenêtre aux vitres blanchies par les ans. Une pièce contenant à la fois une grande joie et une infinie tristesse. Alan, en cet instant, n’avait que de la tristesse en son cœur. Il s’approcha. Soulevant un peu de poussière à chaque pas. Il déplace un carton. En fait son trône provisoire devant la fenêtre. Le couchant laisse apparaitre un irréel disque rouge-orangé, teintant les nuages de rose et de violet. En contrastant avec une pelouse émeraude, le tout est digne d’un rêve d’enfant. Mais Alan n’est plus un enfant.
Il contemple un moment le paysage, attendant que le disque solaire disparaisse enfin. Les ténèbres s’accrurent, et il s’enfoui les mains dans sont visage.

Ses souvenirs sortirent de sa tête comme une lame de couteau dans l’abdomen. Un mal être. Un mal être évident se dessina sur son visage, décrochant son masque, le brisant au sol. Son masque de bonheur et de tranquillité. Sa vraie nature se découvrit. Un enfant triste et seul. Un enfant ayant perdu toute crédibilité dans le monde des adultes. Se débrouillant par ses propres moyens pour subsister. Façade. Illusion de sois même.
Un sanglot .Une larme. Une goute argentée roulant dans la lumières des étoiles, s’écrasant contre la dure réalité. Tout n’était que façade. Ses parents, aimants à son égard au début, puis blasées et acides. Tout comme Kyoko-chan. Les promesses d’amour ne valent rien. La vie le lui avait durement appris. Mais Alan refusait de le croire. Un sentiment, une sensation, si fugace soit-elle, existe réellement. Il refusait de croire que la réalité était ainsi. Aussi… cruelle.
Sa famille, ses amis, tout le monde lui avait tourné le dos. Qu’était il devenu à leurs yeux ? Qui était il ? Une chose inconnue et effrayante ? Qu’apporteraient ses réponses ? Rien ne lui restait. Il n’était même pas fichu de trouver des amis. Des vrais amis avec lesquels tu passe des heures à dire n’importe quoi. Des amis avec lesquels tu fais toutes tes combines les plus dingues. Un vrai ami avec lesquels tu partage ta vie…

Le fleuve infini de ses pensées fut interrompu par un bruit. Un bruit de respiration. Il n’avait pas fait attention au temps qu’il avait passé ici. Depuis combien de temps était-il là ? Dix minutes ? Une heure ? Impossible de le savoir. Des dizaines de personnes auraient put le voir. Ici. Pleurer. Ce qui était exactement le cas en cet instant. Il sécha ses larmes d’un coup de manche et interpela l’inconnu sans se retourner. D’un ton bas qui se voulait approprié à l’heure tardive.


- Tu es ici depuis longtemps ?


Le son de sa voix était triste et absent. Dénué de mensonge. Une fragilité non naturelle pesait lourd dans sa voix. Le masque était tombé pour un temps…

Spoiler:
 
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Sam 3 Sep - 0:28

[HS : Je me permets une réponse, j'espère que ça te convient ! Si quelque chose te chiffonne, préviens moi par MP, y'a pas de souci !]





Défoncé. Encore une fois. Tu as trop bu. Et tu as pris quelques rails. Et tu es ivre. Ivre de tout. Ivrogne de la vie. Tu ne sais plus à quoi t'en tenir. Putain de journée. C'est pas de ta faute, c'est jamais de ta faute en fait. Tu dis toujours ça, tu te persuades que tu n'y es pour rien dans cette autodestruction que tu t'infliges. Tu dis que c'est les gens, que ce sont les autres qui te pourrissent et te poussent à ça. Encore une fois, tu t'étais engueulé avec un professeur. Encore une fois, on t'a insulté de drogué incompétent, de gamin puéril et immature, de jeune homme irresponsable et sans avenir. Et ça t'a énervé, ça t'a mis hors de toi, comme à chaque fois. Et au lieu d'exprimer toute ta rage, celle qui te colle sur le coeur comme du goudron noir et visqueux, au lieu de la jeter au loin, tu la ravales et tu frappes dans un mur. Tu t'exploses les doigts, qui se mettent à saigner, mais tu t'en moques. Tu te cales dans un couloir désert, ou tu ne croiseras personne, et tu bois. Plus que de raison. Tu t'enfiles la bouteille, directement au goulot. Un whisky de mauvaise qualité, un vrai tord-boyaux. Un truc bien dégueulasse qui t'arrache la gorge, et te remonte l'estomac à chaque gorgée. C'est indigeste, c'est sale, et t'aimes ça. Tu as finis cette pauvre bouteille, descendu en à peine vingt minutes. Et tu sors ton petit paquet de poudre blanche. Il reste rien. De quoi te faire un seul gros rail. Tu ne perds pas de temps, et tu le sniffes, tout de suite, sans réfléchir. L'alcool te monte à la tête, la coke te détruit les narines. Tu te mets à saigner du nez. Maladroitement, tu retiens le sang entre tes mains. Tu saignes trop, tes mains se remplissent. D'un geste de rage, tu envoies gicler le sang par terre, et tu enlèves ton t-shirt pour t'en servir comme compresse. Et tu restes allongé sur le sol, misérable, baignant dans ton sang crade et alcoolisé. Tu attends. Attendre quoi ? Personne. Rien. Personne ne t'attend. Et tu n'attends rien. Le sang arrête de couler. Tu t’essuies maladroitement le visage et les mains, dans ton t-shirt déjà maculé de sang, et tu restes immobile par terre. Torse nu, le casque autour du cou, les cheveux en bataille.

Alors voilà ton miracle, Nikolaï. C'est ça, le miracle de ta vie ? A quoi bon vivre ainsi ? Est-ce vraiment vivre ? Tu as juste envie de te cogner la tête contre les murs pour oublier ta médiocrité, pour oublier à quel point tu es pitoyable. Car tu sais que ça n'arrangera rien. Que la drogue et l'alcool ne feront pas fuir tes problèmes. C'est toi qui les fuit. Et comme un lâche, tu cours au loin. Mais aussi pitoyable que tu es, tu t’emmêles les pieds et tu tombes. Et ils te rattrapent aussi vite. Ils se vengent même de ta lâcheté, et te rendent la vie encore plus difficile. Pauvre idiot. Pauvre fils de rien. Incapable de trouver son chemin. Nageant en eaux troubles. Que cherches-tu au juste ? Pourquoi tu fais ça ? Tu n'as pas besoin de ça Nikolaï. Lâches ta bouteille et ton sachet. Tu n'as pas besoin de tout ça pour respirer, pour exister. Regardes toi. A quoi ça sert ? De la musique électronique frappe dans ta tête. Il n'y a pas de musique autour de toi. C'est un souvenir de musique. Il parait clair pourtant. Tes idées s'embrouillent, et avec elles, disparaissent tes idées noires. Oui, bravo, tu as réussis à leur échapper, encore une fois. Mais ça ne durera pas éternellement. Tu tomberas une nouvelle fois. Tu peux toujours courir aussi long que tu veux Nikolaï, elles te rattraperont toujours pour te ramener à la maison. Elles sont tes seules amies tu sais. Non. C'est faux. Il y a Aniela, Liza, Lewis, Alexandre, Cassandre ... Non, ce n'est pas ton amie elle. Elle aussi veut te détruire. Comme la drogue. Elle non plus n'est pas ton amie. Mais tu l'aimes bien, Cassandre. C'est presque ton amie. Comme la drogue. Elle aussi est ton amie.

Et soudainement tes pupilles s'éclairent et le calme se fait dans ta tête. Les couleurs se diluent autour de toi, tu n'entends plus rien, à part des sons lointains, comme des échos mourants. Et une lueur qui flotte devant toi. Elle t'appelle. Elle résonne en toi. Elle veut t’amener quelque part. Mais où ? Étrangement, c'est comme si tu n'étais plus drogué ni bourré. Tu te lèves sans problème, sans oublier ton t-shirt ensanglanté. Et tu suis cette lueur, ce fragment de chance comme tu l'appelles. En fait, ça ressemble à de petits flammes brillantes. C'est étrange. Elle te fait monter les escaliers, et sans t'en rendre compte, tu arrives au 5ème étage. Tout est calme, le soleil se couche. Tu le sens, mais tu ne le vois pas. La lumière n'existe pas lorsque ton don s'active. Tu te regardes, observant tes mains, et tu sens que la chance est avec toi. Il ne t'arrivera rien vraisemblablement. Alors tu suis la lumière, car tu te persuades que rien ne t'arrivera. Qu'est-ce que tu en sais ? Ce n'est que de la chance, des probabilités. Tu as beau être chanceux, en un coup, tout peut disparaître. Tu as beau contrôlé ces petites flammes étincelantes, tu ne peux pas les surveiller tout le temps. Et te voilà dans le vieux grenier. La petite lueur va rejoindre une autre lueur dans la pièce, visiblement une personne. Et tu retrouves ta vue normale, comme si rien ne s'était passé. Tu restes silencieux, et tu fixes ce garçon qui semble sangloter dans son coin. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi pleure-t-il ? Toi tu ne pleures pas. Tu ne pleures jamais de toute façon. Alors. Pourquoi il pleure, lui ? Tu le contemples, pris d'une curiosité malsaine, et tu te tiens en silence derrière lui.

Et il t’interpelle. Tu sursautes, car tu ne t'y attendais pas. Lui répondre ? Un peu ambitieux compte tenu de ton état. Tu es bourré, drogué, torse nu, et ensanglanté. On dirait un malade mental sorti de l'asile. Mais tu respires un grand coup, tu prends sur toi, et essayes d'adopter une voix calme et sereine. Plus facile à dire qu'à faire ...

« Je ... Je sais pas. J'crois que j'me suis perdu, quelque chose ... Comme ça, je suppose. Qui tu es, toi ? »

Tu t'en fichais pas mal de qui il était. Mais tu ne savais pas quoi dire. Et cela te semblait si ... Conventionnel de dire ça. Que tu t'es senti obligé de la dire. Ridicule. Surtout que ça semblait si hors de propos. Pourquoi lui demander ça ? A quoi ça pouvait bien te servir ça aussi ? Tu as juste l'air paumé. Et tu restes debout, tenant ton t-shirt taché, torse nu et tâché de sang aussi, le regard vide, la voix tremblante. Ce garçon aussi a une drôle de voix. Elle est vide. Vide. Et elle ne transmet pas d'émotion. Tu le sens, bien que tu sois complètement ivre. Mais tu le sens. Il est triste. Un peu comme toi. Sauf que toi, tu ne pleures pas.
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Alan Koyoshi

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Sam 3 Sep - 21:10

Spoiler:
 

Personne. Personne n’aurait put deviner qui allait apparaitre sur le seuil de la porte. Une fée ? Un dragon ? Un professeur ? Un ami ? Non. Juste une personne désorientée, droguée, saoule, torse nue et ensanglantée. Qui aurait put le prévoir ? Qui ? Certainement pas Alan. Il a d’abord sentit l’odeur de l’alcool. Une odeur qui le répugnait. L’alcool était une chose sale. Malheureuse et manipulatrice. Il vous pousse à faire des choses que vous n’oseriez jamais faire, dire des choses que vous n’oseriez jamais dire et vous avili. Non. Il vous rend malade et dépendant. Rien ni personne ne lui ferait boire une chose pareille. Les critiques étaient lancées sur ce personnage. L’inconnu répondit à la question. D’une voix rauque, fatiguée et triste. Alan émit un petit rire. Un rire dépourvu d’émotions, comme pour se moquer de soit même. Mais sa question avait du vrai. Qui était-il ? Qui es-tu Alan ? Qu’est tu devenu réellement? Il ne le savait pas lui-même. Ce n’était pas à lui de le dire. Il releva la tête. La lune est à son dernier croissant, les étoiles sont visible tel des tache de lumière dans les ténèbres insondables de la nuit. Il lui répond à voix basse, comme pour lui-même.

-Moi aussi j’aimerais bien le savoir…


Le silence s’installe. Il se retourne, doucement, pour faire face à la personne avec laquelle il doit parler. Avec laquelle il doit comprendre. La vision du personnage le laisse impassible. Son nez saignant, les pupilles dilatées, le t-shirt enlevé en guise de compresse et une allure de personne ayant trop fait la fête avait de quoi effrayer. Pourtant, Il ne sentait pas ne mauvaises intentions d’ivrogne. Pas de violence dans ses yeux bleus. Juste de la tristesse. Une infinie tristesse. Il ne devait pas avoir loin de dix-neuf ans et avait les cheveux bleus,au reflet noir. Ce qui devait être sa véritable couleur. Bien qu’effectivement drogué et bourré, il semblait tenir bien debout et être en moyenne possession de ses facultés mentales. Plus rien ne l’étonne. Plus rien ne l’impressionne dans l’humanité d’on il avait été si violemment rejeté. Rien ne lui restait là bas et il le savait. Pas la peine de fermer toute les portes, couper tout les ponts pour se replier sur sois même. On ne se fait que du mal. Voila pourquoi il pleurait. Voila pourquoi il vivait. Pleurer est un signe de faiblesse. Mais il faut un grand courage pour pouvoir enfin pleurer. Il n’est jamais bon de retenir sa peine. De retenir sa colère enfouie. Il lui tend un mouchoir blanc. Sortit de sa poche. L’inconnu l’accepte d’une main tremblante puis s’essuie calmement.
Le silence se fait de plus en plus pesant. Chacun mesurant l’autre. Silence est mère de sureté dit-on. Mais elle est aussi mère de mensonge et d' ignorance. C’est pourquoi le silence doit être brisé. Sans lui, la vérité peut être dévoilée aux yeux de tous. Alan lui adresse la parole. Demandant quelque chose de normalement ordinaire. Une chose que tout le monde pose toujours à tout le monde un jour.

-Et toi ? Qui es-tu ?


Il l’avait posée d’une voix blanche. Qui se voulait cachant le sens de la phrase : Qui était-il ? Qu’était-il ? La discutions avait commencée et tournait dans le bon sens. Il voulait des réponses. Il voulait savoir pourquoi il vivait dans ce monde. Pourquoi lui ? Pourquoi ? Alan sentait que cette personne avait le même problème. Un problème d’identité incurable. La tristesse dans ses yeux ne mentait pas. Mais malheureusement pour lui, il semblait avoir trouvé une autre voie. La fuite. La fuite de sois même.


Dernière édition par Alan Koyoshi le Sam 3 Sep - 21:58, édité 1 fois
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Sam 3 Sep - 21:53

Spoiler:
 


Tu ne saurais dire à quoi pouvait bien ressembler ce garçon. Vaguement, tu comprenais qu'il était jeune. Plus jeune que toi. Un première année peut être. Tu n'en savais rien, et son visage ne te revenait pas en mémoire. Quelle maison ? Aucune idée. Ce garçon était un inconnu. Pourtant, tu en connais du monde ici. Tu connais beaucoup de noms et de visages, que tu oublies rarement. Et lui, rien du tout. Pas même un souvenir à son propos. Il ne déclina pas son identité. Silencieux. Triste. Et toi tu saignais encore légèrement, et par moment, tu essuyais d'un revers de la main ton nez, envoyant gicler le sang par terre. Tu as mal au cœur, il bat beaucoup trop vite. Et ton estomac brûle. Tes jambes flageolent, et tu te sens sur le point de t'écrouler, mais tu résistes, et tu gardes cette station debout. Péniblement à vrai dire. Tu avales ta salive, bien que ta gorge soit sèche et ta bouche plus que pâteuse. Ici, tu n'es pas un roi. Il n'y a plus de reine. Tu es juste quelqu'un de basique. Un mec random. Paumé et inutile. Tu es juste un pauvre type complètement saoul et défoncé. Et tu perds la réalité. De toute façon, tu n'y as jamais vécu, dans la réalité. Toujours à mi-chemin entre le fantasme et la réalité. Perdu au milieu d'un monde qui n'existe pas, et qui finira par te détruire, lentement, mais sûrement. Alors, presque avec rage, tu essuies ce sang qui dégouline, tu le lances avec mécontentement par terre, et ton regard se durcit, tellement. Sourcils froncés, regard noir. Tu ferais presque peur, là, comme tu es. D'ailleurs, tu fais peur à voir Nikolaï.

Le garçon te tend quelque chose. Une tâche blanche. Par instinct, sans poser de question, tu l'attrapes. Car tout simplement, s'il te le tendait, c'était certainement pour te le donner. Et tu comprends au toucher qu'il s'agit d'un mouchoir. Tu esquisses un sourire, un peu fou, un peu perdu et hors de propos. Et tu essuies ton visage, consciencieusement, avec beaucoup d'application. Afin que jamais plus le sang n’entache ton visage. Il a arrêté de couler. Tu le sens. Et tu frottes tes joues, légèrement tâchés. Tu essuies un par un tes doigts. Et tu enlèves grossièrement les tâches qui sont sur ton torse. Tu regardes d'un air désespéré ton t-shirt. Tant pis. Tu ne pourras pas le remettre tout de suite. Même plus jamais. Le sang, ça tâche il te semble. Tu as fini, presque fier de toi. Et ton regard se reporte sur ce garçon. Toujours là, devant toi. Et il te pose cette question fatidique, celle que tu détestes plus que tout. Car elle ne devrait pas exister dans ton monde. Qui es-tu ?

Cela aurait pu te mettre hors de toi, t'énerver au plus haut point, et peut être même t'emporter violemment. Mais tu restes calme, et tu te contentes de baisser la tête, en riant entre tes dents. Seul. Comme toujours. Tes cheveux cachent ton visage, souriant et moqueur. Qui tu es ? Il ne te connaissait pas. Pourtant, tu t'étais persuadé que tout le monde ici te connaissait. Mais pas lui. Il sort d'où celui là, tu te demandes. Comment fait-il pour ne pas te connaitre ? Tu te remets les idées en ordre. Et tu te souviens que tu n'as pas encore dis ton prénom. Imbécile. Tu ne sais même plus ce que tu fais ou dis. Tu relèves la tête, avec ce sourire de vainqueur qui illumine ton visage et ton regarde aussi provocant que possible. Tu balances tes cheveux d'un mouvement de tête, et de ta voix rauque et cassé, tu l'appelles.

« Moi, qui je suis ... ? Ha ha ! Moi c'est Nikolaï. Nikolaï Valdick. Le délégué des Springties, et certainement le mec le plus arraché de c'bahut ... »

Tes jambes ne tienne plus, tu te sens défaillir lentement. Tu fais genre de t'assoir, pour masquer ta faiblesse. Mais tu ne peux t'empêcher de t'écrouler sur les genoux, lourdement. Tu grimaces, le choc t'a légèrement éraflé la peau. Puis ton corps suit le mouvement, et tu prends une position assise. En tailleur de préférence, tu tiens mieux en place comme ça. Tu tires de ton pantalon ton paquet de clopes, et tu en sors une. Tu l'allumes maladroitement, et tu poses le briquet et la paquet à côté de toi, sur ton t-shirt. Tu tires lentement sur la cigarette, apprécie ce crépitement singulier du tabac qui brûle, et tu expires un long et opaque écran de fumée. Tu te frottes les yeux, histoire d'y voir un peu plus clair. Tu ébouriffes tes cheveux, et tu lèves la tête vers cet inconnu, silencieux, calme.

« Et toi j'ai aucune foutue idée de qui tu es ... Et qu'est ce que tu fous là au juste ? »

Tu secoues la tête, comme si tout cela te dépassait largement. Tu tends machinalement le paquet de clopes vers le garçon, l'invitant s'il en a envie à prendre une cigarette. Peut être ne fumait-il pas ? Mais cela te semblait plus poli de lui en proposer une quand même, plutôt que de le laisser se réclamer. Enfin. C'était qu'un geste amical, histoire de briser la glace. Il semblait si méfiant envers toi. Peut être avait-il raison au fond. Tu n'es pas quelqu'un de bien Nikolaï, non, vraiment pas ...
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Alan Koyoshi

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Jeu 8 Sep - 20:22

Spoiler:
 

Il regarde Alan. Un regard noir. Un regard fou. Un regard qui se veut dur et froid. Mais il reflète de la faiblesse. Une faiblesse cachée. Il semble en colère. En colère contre lui. Mais laisse juste paraitre que c’était sa question qui le mettait mal à l’aise. Comme à une star mondiale à qui on demande son nom .Alan attend pourtant la réponse. Indifférent à sa colère. Le mec aux cheveux bleus est toujours torse nu. Pour cause son T-shirt étalé à terre. Sanglant comme son cœur blessé. Le type baisse la tête. Des cheveux cachent son visage. Il aurait peu être dut le connaitre. Il n’était là que depuis un peu plus d’un mois et ne connaissait que peu de personne ici. Peut-être était il quelqu’un d’important ? Mais il s’en fichait. C’était une personne comme les autres et le fait que beaucoup de personne le connaissait était futile. La célébrité est futile. On est ni plus beau, ni plus fort, ni plus intelligent. On se fait juste plaisir à sois même sans se soucier des autres. Et pour ça , il le détestait.
Le mec relève la tête et prend une expression de chef de bande qu’Alan ne connait trop bien. Il balance ses cheveux en arrière et lui répond toujours avec une voix cassée, débraillée. Il lui décline son identité. Nikolaï. Nicolaï Valdick. Délégué des Springties. Et soit disant le plus « arraché » d’entre eux. Il s’imagine un moment la tête de Liza. Cette personne qui le fait rire aux pires moments. Cette personne qui inspire tellement la joie qu’elle déborde sur les autres. Il imagine sa tête à côté de celle de Nikolaï. C’est impossible. C’était impossible qu’ils soient dans la même classe. Elle avait l’aire si vivante. A côté, Nikolaï avait l’air d’un fantôme triste et épuisé.

Le fantôme tombe. Il tombe à genoux de ses excès. Chutant lourdement au sol de planche poussiéreux. En grimaçant, il s’assoit en tailleur. Le dos vouté. Il sort un objet de sa poche. Un objet rectangulaire qu’Alan ne reconnu que quand il en sortit un petit cylindre blanc. Des cigarettes. Il l’alluma maladroitement, en silence et aspira doucement la fumée, faisant rougeoyer l’extrémité dans une faible lueur. Il recracha ensuite cette fumée dans un nuage irritant. Un nuage de poison. Alan ne respire plus. Il attend que ce nuage passe et se dissipe. Le fumeur se frotte les yeux et s’ébouriffe les cheveux, comme s’il sortait d’une torpeur maladive. Il lui pose une question. Une question plutôt directe.
Il ne dit rien. Il vient de voir qu’on lui en propose une clope. Il secoue la tête en repoussant doucement la main tendue. Une expression de dégout au visage. Son père fumait, il était intimement convaincu que c’était ça qui l’avait tué. Pourrissant son corps de l’intérieur. Détruisant les cellules de son cœur. Bien sur, rien ne le prouvait. Mais la rancune envers toutes ces choses restait. Puissante. Inébranlable. Jamais il ne finirait comme lui. Il craint d'un coup d’avoir refusé trop abruptement son offre. Il craint de l’avoir offensé. Il ne veut pas perdre sa bouée. Quel soit-elle. Il ne veut pas la transformer en ancre. Il la lui avait offerte par politesse cette cigarette ! Il voulait briser la glace lui ! Alan n’était pas comme ça. Il restait dans son coin en attendant que quelqu’un vienne lui souhaiter un bonjour. Toujours par politesse, il répondit à son tour.

« Je m’appelle Alan Koyoshi. Je… Je suis un Summerer. »


Il fait une pause. Il ne veut pas trop parler. Son ton timide mais faux est revenu un instant. Pour se souvenir que qui il semblait être. Pour se souvenir de qui il devait être. Mais sa voix grave et triste revient aussitôt. Pour lui rappeler qu'il n'était pas comme ça.

« Je pensais à avant tout ça. A avant…. ça »


Il fouille dans ses poches. Cherche sa boite métallique et en sort une bille d’acier. Il la fait doucement voleter entre ses doigts. La regardant d’un air tellement nostalgique qu’il revint presque dans le passé. Avant ça. Avant il était heureux. Il n’avait pas besoin de se cacher derrière un masque. Il était normal. Ses parents étaient là. A ses côtés. Il aimait quelqu’un. Il se sentait bien.
Il sera doucement le poing. La bille se souvint de la loi de la gravité et chuta au sol. Elle toucha le sol avec un bruit sourd et roula jusqu'à un petit creux du parquet. Devant NikolaÏ. Il s’en fichait pas mal qu’il la prenne ou qu’il la jette de toute façon. Il s’en fichait pas mal de tout ça. Il était en colère. Il plissait le front contre lui-même. Il venait de se rendre compte qu’il venait de dévoiler son don, comme ça. Sans prévenir. Mais il s’en fichait. Il s’en fichait de lui-même. Petit naïf de la vie.
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Ven 9 Sep - 22:08

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Un Summerer. Il te plait bien. Enfin. Tu n'en sais rien à vrai dire, tu ne le connais pas. Son nom ne t'évoque rien. Son visage, encore moins. Tu ne le saisis pas dans ta mémoire déjà bien brouillée, peut être même défaillante. Sûrement. Il avait refusé ton paquet. Tu respectais ça. Sage décision en somme. Tu sais qu'il ne faut pas commencer. Tu sais que c'est mal. Que ça te brûle la gorge, et que tes poumons se décomposent. Tu sais que tu pourris salement de l'intérieur, et que ça te crèvera un de ces jours. Mais tu t'en fous. Ta cigarette est précieuse. Elle te rend heureux. Elle te fait oublier le monde, le brûle dans un subtil nuage de fumée grisâtre, et le réduit en cendres, que tu écraseras d'un pied vengeur. Paradoxalement, elle te tient en vie. Elle t'empêche de t'énerver, de te jeter sur ce qui passe, de devenir violent. Elle te canalise. Elle te fait vivre, autant qu'elle te tue. C'est comme le sexe. Ça te fait du bien, mais au fond, ça finira par te dévorer, te ronger. Tu en deviendras obsédé. On te traitera de pervers, comme on te traite de toxicomane. Et tu te mettras en marge de ce monde qui ne te correspond en rien, à mille lieux de ton utopie, des tes idéaux. Toi qui ne cherche que les plaisirs. Tu finiras très certainement dévoré par ces mêmes désirs qui te brûlent la peau et rongent tes chairs déjà trop sales. Alors tu fumes, obsédé que tu es, compulsif et malade.

Tu redresses la tête. Le garçon avait reprit la parole. Tu ne comprenais pas trop ce qu'il cherchait à faire, ou à te dire au moins. A avant. Il pensait à avant. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi penser à avant ? Le présent ne le satisfait-il pas ? Alors. Pourquoi ? Il ne faut pas attendre pour vivre, c'est ce que tu aimes dire. Pourtant, tu leur fais un si faux sourire. Toi, Nikolaï, le gars qui court après la mort sans relâche. Le gars qui ne se remet pas de son expérience de mort, et qui cherche à la retrouver à tout prix. C'est quoi ton problème ? Tu te crois plus fort que la Mort. Tu penses pouvoir la défier, et te jouer d'elle, avec ton pauvre petit don ridicule. Tu te sens au dessus de tout, car tu sens ton don se développer. Tu te persuades que tu arriveras à en faire quelque chose de cette malédiction qu'on t'a jeté. Tu crois pouvoir survivre. Tu penses pouvoir échapper au destin, car pour toi, rien n'est écrit pas avance. Et tu aimes jeter les dés, parce que tu sais que les résultats ne sont jamais les mêmes, et qu'ils seront en ta faveur. Forcément. Et il te montre son don. De la lévitation ? Non, ça ne s'appelle pas comme ça. De la télékinésie peut être ... Ou un truc avec le métal. Tu ne savais pas trop. Et la bille vint s'écraser lourdement sur le sol, près de toi, en se calant dans un trou du plancher.

« T'es un peu space comme mec, toi. C'est quoi ton truc ? T'es télékinésiste ou une connerie dans l'genre, non ? »

Intéressant, penses tu. Oui, très. Un don peut être plus utile que le tien. Peut être plus puissant, plus destructeur. Un vrai don. Pas une espèce de malédiction qui te lance dans une course folle contre le hasard. Une roulette russe sans fin qui te fera sauter la cervelle au moment où tu t'y attendras le moins. Tu avances ta main, et ramasse la bille d'acier. Quand soudain un flash t'éblouit. Et les couleurs disparurent de nouveau, lentement. Les contrastes, étrangement, étaient sombres et angoissant. Et tes yeux brillaient de cet éclat bleu lumineux si particulier quand ton don s'activait. Ton karma vacille rapidement, et ta main s'immobilise. Tu sens quelque chose te quitter, et ça te fait mal. Mais pris dans ta transe, tu ne peux rien faire ni dire, et tu as mal au fond de toi, car c'est comme si on t'arrachait la peau de la main. La douleur s'arrêta d'un seul coup, et tu remarquas la bille, devenue inexplicablement brillante. Et tout redevint normal, comme si de rien ne s'était passé. Et tu restais choqué, tenant très fermement la bille dans ta main, le souffle court et les yeux hagards.

Tu venais d'insuffler de ta propre chance dans cette petite bille insignifiante. Involontairement, tu avais mis dans cette bille un peu de chance, faisant de ce morceau d'acier un véritable porte-bonheur. Tu ne connaissais pas vraiment cette facette de ton don. Tu te savais capable de transférer les énergies qui régissent la chance, afin de favoriser les événements. Mais tu ne savais pas que tu pouvais transférer de la chance dans un objet. Tu reprends tes esprits, essayant de ne pas en laisser paraître davantage. Tu te relèves, un peu laborieusement, et tu tends ton poing fermé vers Alan, afin de lui rendre la bille. Il en aura sûrement plus besoin que toi. Pauvre mec que tu es.

« Allez, prends ça, c'est cadeau. Ça te servira un jour, pour sûr. Et dis moi c'qui va pas, j'le sens que t'es tout malheureux. »

Tu n'es pas médiateur et encore moins psychologue. Mais ce garçon semblait mal. Bien triste. Comment le laisser seul ? Et pourquoi faire ça ? Tu semblais si direct. Mais c'était plus amical qu'autoritaire pour toi. Tu voulais lui rendre service, bien que tu t'y prenais terriblement mal. Mais tu ne savais pas pourquoi. Peut être à cause de tes neurones ravagés. Mais tu sentais qu'il fallait rester un peu. Juste un peu. De toute façon, t'es trop bourré pour rentrer à ta salle commune.
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Alan Koyoshi

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Sam 17 Sep - 9:46

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La vie. La mort. Cycle infini de souffrances pour les uns, naturel des choses pour d’autres. On peut la voir la mort. La voir juste avant qu’elle frappe d’un coup sournois. Alan la voyait. Il voyait clairement que la mort était passée à ras de cette personne plus d’une fois. Qu’il l’avait évitée plusieurs fois. Juste par chance. Mais Alan le savait : il tentait régulièrement le diable. Cette personne triste semblait mettre un point d’honneur à vouloir mourir. Mourir de ces drogues. Mourir d’une chose violente, imprévisible. Nikolaï lui faisait pitié. La faiblesse de se plonger dans une chose si terrible pour ne pouvoir s’en sortir que difficilement.
Alan lui avait montré son don. Le contrôle du métal. Métakinesie ? Métalurgie ? Il ne connait même pas son nom. Il n’a pas besoin de connaitre son nom pour savoir qu’il ne trouvait pas d’autre mot pour designer cette ancre le retenant dans un autre monde. Un monde dont il n’a pas envie de faire partit. Les choses y sont manipulées, allant à l’encontre de la logique pure. Rien que pouvoir faire ces choses était contre nature. Pour les autres, ils ne sont plus humains. Ils deviennent une autre race. Une race crainte pour leurs possibilités contre nature. Il faisait partit de ce monde, et rien ne pouvait le changer.

Il est toujours en colère. En colère contre lui-même. Il a envie de pleurer. De vider toute la tristesse accumulée pendant son rejet du monde « normal ». Il fait une moue de douleur. De douleur psychologique qui annonce l’arrivée des larmes. Mais il ne pleure pas. Il ravale sa tristesse derrière son mur. Il ne veut pas la montrer complètement. Il ne veut pas être traité de faible. Ce qu’il est finalement.
Nikolaï lui parle. Lui parle doucement. Presque impressionné. Spécial. Différent. Oui il était différent et c’était ce qui le hantait. Il le questionne sur son don. Un petit sursaut de rire moqueur. C’est vrai qu’il ne pouvait pas vraiment le savoir. De savoir comme ça quel était son don. Sa hantise. Il sourit. On entre dans son domaine. Celui de la science et de la logique. Même si tout cela abolissait la loi qui n’existait que pour le monde qu’il enviait, il aimait ces lois. Lui permettant de comprendre les choses simples en apparence, mais horriblement compliquée quand on change ces lois. Son don les avait trop chamboulées pour qu’il y croit encore et pourtant…

« Pas exactement. Je contrôle le métal. C’est tout. »

Parler le moins possible pour se dissimuler cacher sa véritable personne du mieux possible. Pas de réaction. Peut être ne l’avait –il pas entendu ? Et alors ? Qu’est ce que ça changerait ?
Pourtant, Nikolaï prit la bille d’acier. Alan ressenti un petit picotement. Les yeux du jeune homme changent. Ils deviennent bleus électrique. Une légère brume bleutée elle aussi en sort. Des yeux de fantôme. Alan est surprit. Que se passait-il ? Il semble souffrir. A t’il besoin de lui ? Une intuition lui dit que tout est normal. Nikolaï tient la bille très fermement. Bille qui d’ailleurs commence à avoir un éclat plus vif. Plus brillant. La brume bleutée sort des doigts du jeune homme et entre dans l’objet métallique. Tout redevient d’un coup normal. Les pupilles tremblantes et les jointures de la main blanches à force de tenir trop fermement cette bille.
Il tend le bras vers Alan. Lui rendant sa bille. Il ne sait pas ce qui c’est passé. Mais il la prend. Il prend cet objet, lui faisant confiance. Nikolaï lui dit que ça lui servira un jour. Ignorant, il le range dans sa poche intérieure, il ne veut pas la perdre. C’est maintenant un cadeau à part entière et on ne perd pas les cadeaux. Il lui a posé également une question. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Il aurait aimé le lui crier. Mais il ne pouvait pas. Ses remord le tuerait. Détruire une amitié récente une nouvelle fois le rendrait fou. Il répondit tout de même à sa question, le ton bas.

« En fait…Je ne peut pas supporter d’être traité de monstre pour mon pouvoir. Je ne comprends pas comment je ne peut plus être humains pour les autres. Et ça, ça me tue… »

L’humanité qu’il voulait retrouver. L’humanité qui le rendait heureux autrefois. Qui le rendait vivant. Allait-il pouvoir la retrouver ? Allait-il enfin vivre ?
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Dim 18 Sep - 12:14

Un don fascinant. Utile. Quelque chose de concret. En fait, ça t'a toujours fasciné, cette histoire de don. Tellement de dons plus impressionnant les uns que les autres. Tellement de dons qui dépassent l'entendement. Qui subliment ce monde. Tellement de dons qui te rapprochent de ce monde irréel. Et ça te fascine. Ce pouvoir aussi te fascine. Bien plus que le tien, que tu considères comme une tare. Qui pèse sur toi. Un don qui amplifie tes moments de bonheur, mais qui, en contrepartie, intensifie également tes instants de malchance. Marqué par la chance, toi, un garçon venu au monde par erreur. Par manque de chance. Et ça te semblait tellement ironique, tellement fictif, que ça te semblait ridicule. Un pouvoir ridicule et inutile. Qui n'apporte rien au monde. Ce don n'appartient même pas à ce monde. Il n'existe que dans un monde fictif, une dimension différente où la chance circule comme un flux malléable. Tu baisses la tête, perdu dans tes réflexions plus ou moins profondes. Et tu lâches un petit murmure, trois fois rien, à peine audible.

« Quelle chance, si j'puis dire ... »

Le jeune homme, comme dans un besoin de confession, t'expliqua brièvement son mal-être. Cette sensation qu'il a en lui. Ce ressentiment. Celui d'être un monstre. Et toi alors ? Perdu dans cette danse, tu ne distingues plus rien. Tu danses trop vite, trop fort. Ton coeur bat au rythme frénétique et malsain des pulsations. Tout est une pulsation pour toi. Tout booste ton coeur. Tu vis les choses plus fort que n'importe qui. Tu ressens les choses de façon multipliée. Et tu te perds dans cette danse sans raison. Tu perds de vue ce que tu cherchais dans cette nuit noire. Tu le fais exprès. Et les lumières puissantes t'aveuglent, et tu ne vois plus que les ombres qui serpentent sur les murs, mais elles ne sont pas ce qu'elles semblent être. La frénésie t'emporte, et tu oublies tout. Tout ce pourquoi tu danses. Cette danse, c'est ta vie. Est-ce que cela fait de toi un monstre ? Peut être. On dit partout de toi que tu n'es pas fréquentable. Que tu n'existes que pour détruire ce qui t'entoure. Car tu ne sais faire que ça. Détruire ce qui est à ta portée. Alors on te stigmatise, on te chasse. Tu n'es qu'un p'tit con drogué et tout le temps défoncé. Tu n'es qu'un alcoolique dévergondé sans fierté. Tu sais très bien que ta popularité est éphémère, que ce n'est qu'un illusion. Tu sais très bien que les gens te connaissent, mais pas comme il faut. Tu es un monstre aussi en quelque sorte. Tes parents le sont également. Tu es le produit d'autres monstres. Des êtres dévorés par leur obsession. Des êtres dévorés par leur manque d'amour sur cette terre.

« J'ai connu des monstres bien plus flippant que toi, tu sais. Ton don ne fait pas de toi un monstre, enfin, je crois. J'ai un don moi aussi, et j'suis déchiré ... Qu'est-ce qui fait de moi un monstre, hein ? Mon don, ou la foutue drogue que j'ai dans le corps ? »

A cet instant tu le regardes dans les yeux, et ta question n'a rien de rhétorique. Vraiment. Tu te demandais ce qui était monstrueux chez toi. Ce soit-disant don ou cette attitude d'autodestruction ? Ton regard était presque plaintif et suppliant. Car si lui était un monstre, toi aussi tu en étais un. Peut être même un pire. Un monstre plus dégueulasse et effrayant. Mais les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. Et les véritables démons ou monstres qui nous hantent et se cachent sous notre lit la nuit ne sont pas toujours ce que l'on croit être. Parfois, il suffit de les affronter, pour se rendre compte que les véritables méchants ne sont pas eux. Les vrais méchants naissent d'origines plus sombres et profondes. Toi, tu sais très bien d'où sont nées tes peurs. Tu sais très bien quels monstres te traquent. Et tu sais les démons qui te possèdent. Alors. Pourquoi ne pas juste les affronter ?

Ton regard s'appuyait sur lui, cherchant dans ses yeux quelque chose. Quoi ? Tu n'en sais rien. Peut être un espoir. Quelque chose de bien. Car tu sens que c'est un mec bien. Quelqu'un qui vaut plus que toi. Et une forme de respect d'origine assez random se forme en toi. Car tu sens que ce garçon est un brave gars. Et qu'il mérite pas d'être dans cet état là. D'être perdu dans un vieux grenier, à se demander quel monstre il est. Pris d'un sentiment altruiste, tu voudrais qu'il comprenne. Qu'il comprenne que les gens comme vous, qui ont un don, ne sont pas des monstres. Et si toi tu en es un, ce n'est pas à cause de ton don. Alors dans un défi silencieux, tu attends sa réponse. Tu déblatérais un tas d'inepties. Mais qu'importe. Dans ton état, rien ne semblait bon. Rien ne paraissait être valable. Dans ton état, même tes conneries semblaient intelligentes. Même ta bêtise pouvait sembler astucieuse. Mais ça. C'est juste une impression. On se fout pas en l'air quand on est intelligent.

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Alan Koyoshi

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Dim 18 Sep - 19:21

Une chance. Un Don, une chance. D’un certain point de vu, c’était acceptable. Avoir une puissance permettant de faire ce que personne d’autre ne pouvait était dans un sens fantastique. Pouvoir voler comme Leila. Pouvoir créer de la glace comme Misty. Tout cela nous rendant unique et plein de possibilités impossibles à avoir autrement. Pourtant, certaines fois, un don devenait une malédiction. Aniela entendait des voix de milliers de plantes en même temps quand elle se promenait en forêt, lui donnant une migraine des plus épouvantables. Comparé à elle, on peut dire qu’Alan a de la chance c’est vrai mais enfin. Certain vivent mieux avec leur don que d’autres que voulez-vous ? Cette personne, là, Nikolaï, quel était son don ? Alan l’avait vu en action mais ne comprenait pas ce que c’était réellement. Pourtant, il savait que son pouvoir à lui, sa malédiction à lui, était beaucoup moins contrôlable, beaucoup plus dangereuse et sournoise. Rien que l’expression douloureuse qu’il avait fait quand son pouvoir c’était activé le persuada qu’il avait raison. A la pensée de cette idée, il se sentit honteux, coupable. Il avait traité son don comme malédiction sans même savoir quel était vraiment celui de ce personnage drogué. Peut être était-il terriblement handicapant. Du coup, Alan aurait passé pour un enfant qui se plaindrait pour rien. Alan avait honte. C’était probablement exactement la situation présente. Il recherche du réconfort dans un regard qui en à encore plus besoin que lui. C’était idiot

La nuit étant déjà tombée depuis quelques dizaines de minutes, les ombres de la pièce grandissaient en dansant. La faible lumière de la lune permettait à peine de voir correctement un visage situé à un mètre de vous. Les dernières chaleurs étaient pratiquement parties. L’odeur de moisissure incrustée contrastait horriblement avec celle de la cigarette flottant dans les airs. Bref autant de choses qui alimentaient l’univers triste qui s’était formé autour des deux personnes. Nikolaï lui parle. Lui dit les choses qu’Alan voulait entendre. Qu’il n’était pas forcement un monstre. Il lui pose également une question. Une question pour le moins directe et potentiellement sujette aux disputes. A cause que quoi était-il un monstre ? Cette question surprit Alan. Alors lui aussi se considérait comme cela ? Mais c’était différent. Non ça ne l’était pas. Les idées d’Alan se contredisaient entre elles. Etait-il réellement un monstre ? Tant de questions mais si peut de réponses…

« Je…Je sais pas. Je comprends plus. Tu devrais pas prendre des trucs pareils mais t’es pas un monstre pour autant…Mais ton don…Je sais plus… »

Ils se regardent droit dans les yeux, l’un l’autres. L’un cherchant des réponses, l’autre cherchant un réconfort. Il ne comprend plus rien. Les idées se chamboulent dans sa tête. Nikolaï n’a pas l’air d’un monstre. Juste d’un épouvantail triste et drogué. La drogue ne fait pas devenir un monstre. Elle change juste pour un moment la personnalité de la personne. Elle n’est pas définitive. Mais alors, pourquoi ce serait complètement différent pour les dons ? Ils ne changent pas la personne. Ils changent juste ses possibilités. Alors pourquoi ? Pourquoi l’on ils tous rejeté ? Il sentait qu’il se posait les bonnes questions. Mais il ne pouvait prouver qu’elles l’étaient.

Alan sentait qu’il était dans la bonne voie. Celle de la vérité. Il adressa un sourire gêné à Nikolaï. Alan savait que le jeune homme l’aidait. Cette personne le menait vers le bon chemin. Il le savait. Peut être pourrait-il lui aussi l’aider. Il semblait effectivement en avoir besoin. Mais de quelle aide venant d’un jeune pourrait avoir besoin une personne ayant fait ses propres choix, quel qu’ils soient ?
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Sam 24 Sep - 19:51

Un sourire se traça sur son visage. Triste et évanescent. Mais c'était comme une victoire. Un pas en avant. Une lueur dans l'obscurité. Et toi, mieux que la plupart des gens, tu sais que cette étincelle dans le noir est essentielle. Tu sais très bien qu'il ne faut jamais perdre cette lumière. Car elle existera toujours. Même dans les ténèbres les plus obscures, il y a toujours un fragment de lumière qui éclaire. Une lueur douce et chaleureuse qui te montrera le chemin vers ton foyer. Une lumière qui te ramènera à la vie, quoiqu'il arrive. Et son sourire provoque cette étincelle. Et tu comprends qu'il est sur la bonne voie, ce jeune homme, et qu'il retrouvera bien vite la lumière. Car on n'enterre pas ses idéaux meurtris et ses peines dans un grenier poussiéreux. On ne noie pas ses problèmes dans trop d'alcool, trop de drogue, trop d'imprudences. C'est pas ça, la vie. Tu te souviens de lui. Tu te souviens de ce qu'il te disait. Il te disait que la vie c'était beau. Il te disait que le bonheur était à portée de main. Et qu'il suffisait d'ouvrir les yeux, de ne pas avoir peur du noir, afin de retrouver l'espoir. Et ça te semblait si beau, si magnifique ce qui sortait de sa bouche. Tu buvais ses paroles, et il te faisait rêver. Si seulement tu avais su ce qu'il allait te dire après, tu aurais certainement préféré ne jamais entendre ce discours. Quand il est parti, tu as fuis tout ce qu'il t'avait offert. Et la seule personne qui aurait pu te sauver, au final, t'as envoyé si profondément dans les ténèbres, que tu n'arrives plus à ouvrir de nouveau les yeux. Alors tu fermes les yeux. Et tu attends, seul, que quelqu'un vienne te tendre la main, et t'aide à sortir de l'Enfer dans lequel tu t'es plongé. Te sortir de ce mutisme douloureux qui brûle ta gorge et arrache ta poitrine.

Tu as du mal à détacher ton regard de ce jeune homme. Pourquoi ? Aucune idée. Il t'intrigue d'une certaine façon. Et tu sens que ta venue ici n'est pas un hasard. Oh non. Toi, le gars de la chance. C'est ton don qui t'a amené ici. Et c'est qu'il y a une raison. Et malgré ton état altéré, tu te rends compte que ton don se comporte de façon assez aléatoire en ce moment. Qu'il te pousse vers des situations et des événements assez particuliers. Qu'est-ce que cela signifie au fond ? Peut être faut-il y voir quelque chose. Peut être un message. Ou serait-ce la lumière dont tu as besoin ? Tu te perds dans tes réflexions. Et sa voix résonne de nouveau dans le grenier creux et sombre. La lune éclaire à peine vos visages. Et vos corps fusionnent dans l'ombre. Silencieux et calme. Vous vous regardez. L'alcool se dissipe, la drogue disparait. Tu te sens légèrement mieux.

« Je ... Tu vois mec, moi, mon truc, c'est de contrôler la chance. Ça parait zarb dit comme ça, mais c'est ce que j'fais ... »

Tu t'arrêtes au milieu de ta phrase. Et tu réfléchis de nouveau. Ton don. Une chance, ou une malédiction ? Cette vaste blague que tu fais au destin et au hasard en même temps. Car c'est vrai, tu te fous de tout. Tu te moques du destin. Tu te fiches de la chance. Tu n'en as rien à faire du hasard. Et tu vis sans peur, sans crainte, car tu te sens comme retenu par un filet de secours. Et si c'était un vaste piège ? Si un jour, le filet disparaissait. Que deviendras-tu ? Ton don est précieux. Tu sais que tu ne referas pas le monde avec ça. Tu sais aussi que tu n'as pas un don très exceptionnel et que des élèves ici ont un don mille fois mieux que le tien. Mais tu acceptes ce que l'on t'offre. Car c'est un don au fond. Vous êtes des êtres humains, mais vous avez quelque chose de spécial. Vous avez eu une chance que les autres n'ont pas eu. Et il faut l'accepter, car c'est ce qui nous définit.

« C'est ... Ton don. J'crois qu'il te servira un jour. Vraiment. Si on a reçu ce don, c'est pour quelque chose j'pense. Sinon, pourquoi on serait comme ça ? Tu sais, Alan ... Faut pas t'en faire. »

Tu disais peu de choses, mais tu espérais qu'il comprenne plus que ça. Tu espérais qu'il prenne conscience de quelque chose. Rien de spécial. Mais le fait que tu sois un "mutant" ne t'a jamais vraiment choqué. Ta plus grande peine, c'est d'avoir fait le choix de le quitter à tout jamais. De le faire sortir de ta vie pour toujours. C'est ça qui t'a fait mal à l'époque. Pas le fait de te dire que tu sois différent. Car, au fond, tu l'as toujours été. Un marginal. Un mec qui se fait accepter difficilement par ses pairs. Alors ça ne te faisait rien d'ajouter une nouvelle bizarrerie dans ta personnalité. Tu baisses finalement la tête, regardant le plancher vieilli et craquelé. Poussiéreux et sombre. Tu joues avec la bague que tu portes à ta main droite. Tu fais tourner lentement cet anneau autour de ton doigt. Silencieux. Calme et assagi tout d'un coup. Et tu lâches dans un murmure quasi-inaudible, dans un soupir las et silencieux.

« J'suis pas un monstre ... »

Non. Tu n'as rien d'un monstre. Pourtant, tu t'attaches tellement à en avoir l'air. Parce que tu crois vraiment que ça t'aidera, de te cacher derrière cette façade ? Tu peux toujours continuer à te détruire, à faire comme si ça n'avait aucune importance. Ou tu peux aussi vivre, et voir ce qu'il y a au-delà des ténèbres qui t'étouffent.
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Alan Koyoshi

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Ven 30 Sep - 21:08

Spoiler:
 


Vous savez ? Cette sensation étrange, malheureuse. Qui vous fait culpabiliser jusqu'à que vous agissiez. Cette sensation qu’on à quand on règle un problème. Quand on range une pensée désagréable dans un coin de son cerveau, pensant ne plus jamais la voir et l’oublier. Malheureusement, elle déteint. Elle déteint sur les autres cette idée que vous avez insinuée. Alan avait écouté avec attention tout ce que Nikolaï lui avait dit. En silence. Perdu dans ses pensées, réfléchissant si ça en valait la peine. Si ça valait la peine de se pourrir la vie à penser des choses pareilles. Son cerveau avait fait volte face. C’était une sorte de guérison. Il avait calé cette idée dans un coin. Pour ne jamais se la rappeler. Il était finalement arrivé à une conclusion. Les autres. Les «normaux». C’est eux. C’est eux que l’on devrait blâmer. Ce n’était pas sa faute ! Ils ! Ils l’on rejeté froidement et sans poser de question ! Ils ne voyaient que le monstre, sans voir la personne ayant besoin d’aide derrière… Alan fut soulagé. Comme hotté d’un grand poids. Il pouvait enfin respirer normalement, sans mensonge sur soi-même.

Nikolaï lui avait expliqué son don. Le contrôle de la chance. Étonnant. Alan put mesurer à quel point il avait eu raison. C’était dangereux. Très dangereux. Lui, au moins, il pouvait maitriser quelque chose de visible, de prévisible. La chance, selon son expérience, était quelque chose qui va et vient. D’imprévisible et d'hasardeux. Maintenant, il avait une petite idée de ce qu’il avait fait à sa bille d’acier. Nikolaï avait raison. Ça lui servirait surement un jour ou l’autre. Comme une bénédiction. Il lui avait montré une route. Il l’avait aidé à se remettre dans le bon chemin. Il était un guide.
La nuit était maintenant avancée. Longue et lourde. L’obscurité alimentant les premières envies de sommeil. Le grenier poussiéreux avait surement observé de nombreuses scènes similaires à celle-ci. Nikolaï baissa la tête vers le sol. Il l’avait aidé, c’était à lui maintenant. Mais que faire ? Leurs problèmes semblaient si similaires, mais complètement différent. D’une autre intensité. Il voulut le réconforter, mais ses mots s’étranglèrent quand il s'aperçu qu’il ne savait absolument pas quoi dire. Il ne savait même pas qu’est ce qu’il avait exactement. Son regard. Juste son regard montrait qu’il s’enfonçait dans des abimes dont il ne pourrait pas sortir seul, sans aide extérieur. Il ne trouvait pas son propre chemin, c’était son guide sans route.

« Merci de m’aider. C’est sympa. »

Mais toute la question était là ! Est-ce qu’il pourrait l’aider lui ? Est-ce qu’il voulait être aidé ? Ses problèmes étaient d’ordre personnel. La drogue, l’alcool. Toutes ses choses qu’il ne voulait pas connaitre.

« Je veux t’aider moi aussi… »
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Nikolai L. Valdick

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MessageSujet: Re: Sad memories of your past life [Libre]   Dim 2 Oct - 21:11

Tu n'avais rien fais. Tu n'avais rien dis de spécial. Mais ce garçon semblait reconnaissant envers toi. Pourquoi ? Cela n'avait pas de sens. Tes mots semblaient si creux. Et tu te sentais tellement inutile et grotesque, à prodiguer tes belles paroles, alors que toi même tu ne sais pas gérer ta propre vie, et que ton existence part à la dérive. Mais tu avais foi en ce que tu disais. Tu en avais la conviction intime. Et tu ne t'aies jamais demandé si tu étais un monstre. Si ton don faisait de toi une erreur de la nature. Tu te considères comme une erreur de la nature, mais pas à cause de ton don. Tu as la prétention de croire que la nature s'est déchainée sur toi, dans le but de te faire souffrir et de te détruire. Vanité. Où est la faute ? Qui progresse en erreur dans cette histoire ? Tu accuses le monde, tu craches sur ce que l'on t'offre. Tu n'apprécies rien. Et tu détruis tout ce qui tombe sous ta main. Car c'est comme ça que tu aimes vivre. C'est comme ça que tu te sens exister. C'est ta preuve d'existence. Tu existes à travers la reconnaissance du néant. Pauvre être insignifiant. Engendrer le néant ne t'apportera rien de bon. Alors, à quoi bon continuer sur cette lancée ? Tu ne comprends pas. Tu restes prisonnier de tes propres chaînes. Tu contractes des pactes illusoires, et tu te scelles toi même. Personne ne t'a obligé à faire ça. Personne ne te contraint, Nikolaï. Contrairement à ce que tu penses. C'est tellement plus facile de rejeter la faute sur les autres. Et tu préfères tellement te cacher les yeux. Pour ne pas voir, simplement, que tout ce mal qui t'entoure n'est que le produit de ta propre colère contre le monde. Il faudrait que tu comprennes un jour, peut être ...

Alors tu lui adresses un vague sourire, l'air de dire "T'en fais pas, c'est normal". Sincère et flou à la fois. Si tu peux rendre service, pourquoi pas après tout. Surtout que ce garçon ne demandait que ça. Un peu d'aide. Une main dans son océan de silence. C'est tout ce qu'il voulait. Quelques mots. Un simple "Tout ira mieux". Rien de plus. Tout comme lui, tu as besoin d'aide. Mais tu te refuses de l'avouer. Tu le sais, tu en as conscience. Mais jamais tu ne demanderas de l'aide. Par fierté. Car tu ne veux pas que ça se passe comme ça. Alors tu t'enfermes dans ton propre paradoxe. Vouloir de l'aide, sans pouvoir la demander. Voilà un bien triste dilemme pour toi. Tu lèves le regard vers la lune, un peu satisfait d'avoir aidé ce jeune garçon. En te disant que parfois tu pouvais être quelqu'un de bien, malgré tes excès.

Et il prononça cette phrase, qui résonna comme un long écho sans fin. Cette phrase. Pourquoi ? Encore cette phrase. Encore une énième personne à tenir ce discours. Tout le monde comprend ton désarroi. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir en même temps. Mais à chaque fois ça te surprenait. Tu te demandes pourquoi. Pourquoi certaines personnes se montrent ainsi avec toi. La première personne l'ayant dit étant Lui. Oui, c'était Lui qui te l'avait dit pour la première fois. Quelques jours avant qu'il s'en aille. Il t'avait dit ceci. "Je veux t'aider Nikolaï". Et comme un imbécile, tu l'as repoussé. En te disant que tu n'avais pas besoin de lui, que tu pouvais très bien vivre tout seul. Et quelle erreur. Quand il est parti, tu compris tes erreurs, et que tu ne pouvais pas vivre sans Lui. Et tu as regretté tes paroles. Encore aujourd'hui. Et tu te dis que peut être il ne serait pas parti, si tu lui avais pris la main ce jour là. Si tu l'avais embrassé. Et si tu avais pleuré dans ses bras, en lui disant ce qui n'allait pas.

« Je ... Tu n'as pas besoin ... De m'aider. J't'ai pas dis ça par intérêt. Pour que tu m'rendes l'ascenseur. T'en fais pas, ça ira ... »

Et dans un sourire triste, tu fixes la lune, qui éclaire ton visage. Tu te demandes les raisons de tout ceci. Et tu disparais. Tu deviens diaphane, livide. Et tu disparais dans tes propres erreurs. Encore une fois, tu ne saisis pas cette main tendue. Tu te détournes de la lumière. Alors que tu sais que tu en as tristement besoin. La lumière peut bien attendre. Le Paradis aussi. Les ténèbres t'abriteront encore quelques temps. Et l'Enfer n'est pas si mal, parfois. Tu détournes ton regard des rayons de la lune, et tu observes ce garçon. Il te plaisait bien. Un brave gars. Tu te lèves, avec quelques maladresses qu'impliquent ton état. Et tu t'approches de lui, tout les deux dans la lumière. Tu le dépasses de quelques centimètres. Et tu lui fais face. Sans un mot. Tu poses ta main sur l'arrière de son crâne, et le caresse lentement, dans un geste amical, tendre, et en même temps, un peu distant. Tu lui adresses toujours ce sourire triste, et tes yeux bleus reflètent ta douleur. Tes yeux bleus crient ton désespoir, et brillent d'un éclat mystérieux dans la lumière de la lune. Et presque dans un murmure, tu lui dis ceci, en penchant ta tête vers lui, ton front presque collé contre le sien.

« On sait pertinemment tous les deux que tu peux pas m'aider. Même moi, je peux difficilement lutter ... Mais merci beaucoup. Ça m'touche, Alan. Vraiment ... »

Et tu restes un moment ainsi, silencieux. Retenant les larmes qui naissaient dans tes yeux. Et tu relèves la tête, tu relâche la sienne en même temps, et tu recules d'un pas. Non. Alan ne pouvait pas t'aider. Mais rien que le fait qu'il te dise ceci avait touché ton coeur. Et tu te sentais inspiré d'une énergie nouvelle. Un mélange sordide de mélancolie, de frustration, et d'espoir. Un cocktail étrange qui rendait un sentiment pénible et douloureux. Mais en même temps, qui laissait entrevoir quelque chose de plus grand, de plus important. Peut être qu'un jour, les gars comme lui, t'aideront vraiment. Et peut être que ce jour là, tu saisiras une main, et tu sauras ce que c'est, d'aimer vraiment, et de vivre sa vie comme on l'entend. Tu comprendras que c'est plus que ça, la vie. Et tu dois te battre pour ces gens qui tendent leur main dans les ténèbres. Pour tes parents. Pour Aniela. Pour Alex' et Lewis. Pour tes camarades Springties. Pour Alan. Pour toi. Mais aussi pour Lui.


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Sad memories of your past life [Libre]
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