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 Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]

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Cassandre S. Lipovsky

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Date d'inscription : 21/07/2011

MessageSujet: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Ven 22 Juil - 23:43

Quelques fois, t'as juste besoin
de
respirer pour croire que
tout va bien.

C'est la fin. La cloche retenti et un immense brouhaha retenti. Les voilà déjà loin, tous ces prétendus étudiants, leurs sacs sur une épaule, la trousse rangée depuis un quart d'heure. Mais pourquoi s'attarderaient-ils dans cette pièce qu'ils haïssent, alors que le professeur a déjà quitter la scène qui sert d'estrade ? Non. Ils n'ont aucune raison valable. Le fond sonore commence à changer. Ce ne sont plus des braillements impatients, seulement des pas hâtés et des claquement de porte derrière un flux d'élèves qui s'échappent.
Il ne reste plus qu'elle.

Parce que d'habitude, personne n'aime cette pénombre, limite angoissante, qu'offre l'amphithéâtre à la fin des cours. Alors d'un côté, elle s'y plait bien, seule. Pourquoi aurait-elle besoin des autres qui s'écartent sur son chemin en la dévisageant d'un œil indiscret ? Elle chasse cette pensée de sa tête et fouille dans son sac hors de prix pour en sortir un calepin abimé. Douce ironie. Elle attrape le critérium attrapé dans les spirales du carnet avant de le feuilleter et de s'arrêter sur une page blanche pour laisser sa main vagabonder. Les quelques traits gris ne ressemblent à rien, si ce n'est à des traits en vracs. Elle même n'y voit aucune harmonie.
Un mouvement de tête, un seul. Elle ferme les yeux avant de les ré-ouvrir. Elle adoucis chacune des lignes droites, les courbes, leur donne presque vie. C'aurait pût être un don utile que de donner vie aux dessins. Mais non, il a fallu qu'elle ai quelques chose de bien pourri, qui lui donne envie de vomir.

Bientôt Ariel se dessine. Ariel, de la petite sirène. Parce qu'elle a toujours admiré cette princesse d'Andersen, qui a réalisé son rêve de marcher sur terre. Qui a tout donné et a atteint son objectif.
Un nouveau claquement de porte. Quelqu'un est entré. Elle ne l'entend pas.

Elle regarde la rouquine en noir et blanc accrochée à un rocher avant de soupirer en refermant son carnet. Elle n'a plus d'envie, plus de désir. Pas pour l'instant. Elle range ses affaires dans son sac griffé qu'elle passe d'un geste maladroit sur son épaule.

Cassandre n'a aucune envie de quitter cette pièce. Cassandre ne veut pas s'en aller de cette pénombre presque rassurante. Ce n'est pas qu'elle aime les endroits sombres. Ce n'est pas non plus qu'elle aime l'absence de personnes autour d'elle, mais peut-être parce qu'elle n'a que ça. A la lumière, dans les couloirs, elle est cette fille en talons hauts qu'on adule et qu'on déteste. Qu'on veut dans son lit mais pas à son bras. Ici, elle est elle même, loin des autres pour la juger. Elle n'a qu'elle. Elle connait trop sa chambre pour y trouver réconfort. Elle connait trop sa salle commune pour y être à l'aise. Ici, ce grand espace lui insuffle une légère impression de liberté. Elle se laisse aller. Ferme les yeux et danse vers la scène comme l'aurait fait une petite fille. Elle lève ses talons avant de grimper sur les planches de bois.
Elle voudrait être une star un peu plus d'une heure.
Pourtant elle ne sait ni jouer et n'a pas de rêve d'actrice ni de gloire. Elle a juste ce besoin de se sentir importante. Et, toujours les yeux clos elle s'avance vers le bord, comme si elle allait sauter du haut d'un précipice.

Elle ouvre les yeux. Distingue une silhouette.
Elle perd son charme d'enfant et reprends ses attitudes renfrognées et dévergondée. Elle a ce côté hautin et insupportable. Elle n'est plus la même. Elle est la Cassandre des couloirs. Elle n'est pas Cassandre Lipovsky.

« Qu'est ce que tu fais là ?! »

Elle ne voit pas son visage. Elle ne reconnait pas. C'est juste un silence, qui la glace jusqu'au sang. Qui la pétrifie. Elle ne veut avoir affaire à personne. Elle veut juste arrêter de suffoquer dans les longs couloirs blancs éthérés. Elle voulait juste respirer.

« Et qu'est ce que tu me veux ? »


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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 25 Juil - 11:13


    Les apparences
    sont parfois trompeuses.


    Chance ou malédiction, il s'avérait pourtant vrai que le jeune Dimitri avait été convoqué dans le bureau du directeur pendant l'une de ses nombreuses et ennuyeuses heures de cours. De quoi ravir les Summerers, heureux de se débarrasser d'un vert le temps d'une heure, de quoi inquiéter quelques demoiselles secrètement amoureuses du garçon, de quoi en rendre un heureux. Un qui n'aurait pas à suivre ces cours inutiles dans lequel un qualificatif de piètre ne serait pas suffisant pour le décrire. Il avait loupé l'Histoire. C'est donc d'un pas et d'un coeur léger, peu inquiet de ce qu'allait lui reprocher Side Onstread, qu'il se rendit dans son bureau, habituellement désordonné. Il ne fut même pas surpris lorsque l'étrange personnage lui demanda d'aller chercher pour lui des papiers importants dans la salle de cours de Français. Interdiction de les ouvrir, interdiction de les toucher, il devait quand même les ramener. Dimitri était préfet en chef depuis assez de temps pour connaitre le directeur, assez pour savoir faire ça sans problème. Il suffirait de les prendre. Qui a dit sans les toucher ? Il paraîtrait que cet homme aime faire des rimes, il paraîtrait que cet homme aime dire n'importe quoi. Dimitri vous le dira. C'est un fait.

    Il faisait chaud en cette fin d'été. La début septembre était à peine entamé mais les volets étaient encore fermés, les professeurs préférant ne pas laisser entrer le soleil au risque de cuir. Chacun son affaire, Dimitri lui aimait la chaleur de l'astre jaune sur son corps, et il allait s'apprêter à sortir dans les couloirs lumineux lorsque la cloche retentit. Ne voulant pas affronter la foule d'élèves, le garçon resta dans le bureau du directeur à discuter de plusieurs choses, notamment administratives qu'il semblait avoir oublier. Pas étonnant de la part du chef de l'établissement qui, dans un grand HAHA !, se mit immédiatement au travail alors que Dimitri, dix minutes plus tard, sortit enfin dans les couloirs maintenant déserts pour se rendre à l'emplacement qu'on lui avait signalé. La plupart des élèves, en ce temps radieux, étaient sortis dans le parc et Dimitri, du haut de ses trois étages, pouvait aisément les observer par les fenêtres du lycée. Il n'y prêta cependant que peu d'attention et préféra accélérer son allure, peur de l'ennui et des murs mouvants, il descendit les deux escaliers qui le séparaient de l'étage voulu. Les salles d'études étaient principalement situées au premier et il n'aurait pas étonné le jeune homme qu'elles soient entièrement vides, chacun préférant profiter du joli temps, et des jolies filles. Dimitri soupira en poussant la porte de la salle qui se referma automatiquement derrière lui. Il fit quelques pas jusqu'au bureau mais se stoppa net en s'apercevant qu'il n'était pas si seul qu'il ne le pensait.

    Malgré l'obscurité de la pièce, malgré le silence pesant de cet endroit, une jeune fille crayonnait. Dimitri ne mit pas longtemps à la reconnaître. Longs cheveux châtains, corps de rêve, ça ne pouvait être qu'elle. Celle qu'il évite, qu'il ne veut pas connaitre. Dans la même maison que lui, à un an de différence prêt, il sait qui elle est. Celle dont tous les hommes sont amoureux, celle dont Geoffrey a profité, celle qui envoûte les hommes pour les savourer. Grâce à une étoile descendue d'on ne sait où, Dimitri n'avait jusqu'alors jamais eu à lui parler. Espérant que cette chance se préserve, il fit ses pas beaucoup plus discrets jusqu'au bureau de la salle. Il eut l'impression de faire un vacarme pas possible lorsqu'il ouvrit l'un des tiroirs, mais la jeune fille ne dégna même pas lever son regard de son... carnet, comme si rien autour d'elle n'existait. C'est alors que le jeune homme chercha à savoir ce qu'elle faisait - simple curiosité. Elle semblait... écrire, ou dessiner, quoi que ses trois coups de gommes faisaient pencher Dimitri pour la seconde hypothèse. Elle ? Dessiner ? Non, c'était impossible. Elle devait juste écrire un plan diabolique quant à la capture de son prochain amant. Ou un journal intime. Pitoyable. Il décida de ne plus s'intéresser à ses faits et gestes et chercha - en essayant de faire le moins de bruit possible, ce qu'il réussit plutôt bien - les papiers du directeur. Lorsqu'il trouva ENFIN la fameuse lettre - les secondes lui parurent des minutes - il se releva et se dirigea vers la porte à pas de loup.

    Mais là. LA. Il ne pouvait plus l'ignorer. Il avait du se tromper de personne. Cette fille ne pouvait être Cassandre, la fille dont parlent tous les mecs. Celle ci, loin de cet air avec lequel il l'avait souvent croisée, sautillait, ou dansait, ou... peu importe ce qu'elle faisait, ce n'était pas Cassandre Lipovsky. Celle ci était sur la petite plate-forme, celle ci allait... sauter ? Non. Un peu soulagé, Dimitri - par précaution - plia la lettre du directeur en quatre et la rangea dans sa poche arrière. Il attrapa la poignée de la porte et s'apprêtait à l'ouvrir lorsque, à la toute dernière minute, alors qu'il avait presque fini sa mission commando, alors qu'il était sur le point de réussir, elle le remarqua. Un gros "Et merde" résonna dans le cerveau de Dimitri sans pour autant que sa pensée ne parvienne à ses lèvres.

    « Serait-ce belle et bien Cassandra Lipovski qui se tient devant moi ? » demanda Dimitri, un grand sourire sur les lèvres tout en faisant les jumelles avec ses mains. Il arrêta ses gestes ridicules et l'observa de loin. « J'aurais parié voir une autre fille trois secondes auparavant ! » fit il remarquer en passant une main dans ses cheveux. « Et qu'est ce que tu me veux ? » demanda-t-elle sur un ton froid et imposant. « A toi ? Rien. En fait, je viens de kidnapper une lettre. » avoua-t-il en la sortant de sa poche arrière et en la montrant de loin sans la déplier avant de la reranger à sa place provisoire. « ne t'inquiètes pas, je ferai comme si je n'avais rien vu » dit il comme si c'était une habitude en lui lançant un clin d'oeil accompagné d'un sourire. Oh mais bien sûr, ce ne serait pas gratuit. S'il gardait le silence, elle devrait le payer, comme il le voudrait. Sentiment de pouvoir cruel.

    Et BAM. La chance avait tourné. Il était bien en face de celle qu'il redoutait le plus. Il avait peur, intérieurement, son cerveau lui criait de courir. Si son pouvoir était un truc jor "je t'attire, tu me veux", il était foutu. Il ne voulait pas. Tout sauf ça. Il était un peu comme le lion sous le filet, elle était le rat qui choisissait de l'y laisser ou non. Bien qu'elle était trop jolie pour un rat. Disons... Une lionne. Qu'elle soit sa déléguée féminine ne le dérangeait pas, ils ne se parlaient jamais, et lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce, Dimitri n'était jamais seul. Livré à lui même, il n'avait plus qu'à prier, peu importe qui, peu importe quoi. Mais tout sauf ça.



« Imagined that from the outside. I was scared, as much as Ron in Harry potter in front of spiders. I didn't know how I had to act. My all body hurted. I didn't succeed to think. Crying, I went against her. Crying, I apologized in a murmur. Crying, I kissed her. » ;
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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 25 Juil - 17:59

Rien n'est plus trompeur
qu'un
sourire. Et nul ne le sait mieux
Que celles et
ceux qui se cachent derrière lui.


Et il fallait que ce soit lui. Lui qui se faufile pendant qu'elle se donne en spectacle au monde aveugle. Il fallait qu'il vienne la voir, elle qui s'est déshabillée de son manteau de vanité, de haine et de mépris. Elle était en quelques instants, douce et naturelle. Tout ce qu'elle n'est pas habituellement. Vous savez, le petit sourire que Cassandre aborde quotidiennement est si faux et lui colle parfaitement à la peau. Celui qu'on avait pu distinguer sur ses lèvres quelques secondes plus tôt était l'innocence même de l'enfant.

Pourquoi lui demander si c'était bien elle ? Connaissait-il beaucoup de brune qui lui ressemble, les yeux cernés de noirs pour diminuer les valises sous ses yeux, pour ne pas qu'on puisse voir à quel point ils sont rougis par les mains qui les ont frottés ? Non. Cassandre est reconnaissable, avec ses tenue toujours trop indécentes sans en être extravagante. Cassandre est reconnaissable, avec ses fringues dont on reconnait la marque avant même la couleur. Et les sarcasmes atteignent l'adolescente qui s'assied au bord de l'estrade, s'appuie sur ses mains et tombe d'un coup sur ses deux talons. Risque extrême, sachant qu'elle aurait pût se casser la gueule et perdre toute crédibilité dans son rôle de renfrognée intéressée seulement par le corps d'un homme.

« A toi ? Rien. En fait, je viens de kidnapper une lettre. »

Bien sûr. Qu'est ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire ? « Bonjour, comment tu vas ? » Non. C'était pas possible. Il l'avait toujours évité, et encore plus depuis cette histoire avec Geoffrey. Encore plus depuis que certains élèves avaient commencés à dire qu'elle donait des tickets pour sa chambre. Bien entendu. Qui voudrait approcher Lipovsky si on n'a pas envie de la mettre dans son lit.
Surtout Dimitri.

A croire qu'il la fuyait comme la peste. Elle ne tentait pourtant rien envers le blond. Seulement quelques regards fuyards lors des réunions du CES. Quelques rencontres forcée inespérée, au détour d'un couloir, d'un coin de cours. Mais elle ne lui avait toujours adressé que quelques mots au détour d'une de ces discutions autour d'une table pour savoir quelle fête organisée. Cass n'avait jamais été malhonnête ou maladroite avec lui. Au contraire.

Mais il est sûr que le don de la jeune fille ne les aide pas. Il la déteste déjà assez. Et l'amplification de cette sensation ne les aide pas du tout.

Un pas en avant.
Ses talons claquent dans l'amphi vide.
Comme un silence glacial, broyé par des pas macabres.

« Ne t'inquiètes pas, je ferai comme si je n'avais rien vu. »

Les mots les plus désinvoltes du monde. Elle ne pû s'empêcher de lever un sourcil. « Rien vu ». Parce qu'il a vu quelque chose ? Quoi, à part une fille danser dans une salle vide ? Elle pourra faire croire à n'importe qui qu'elle s'est remise à fumer de l'herbe, qu'elle a partagé un rail avec n'importe quel toxico de cette école. Après tout, on l'avait vu bien pire. On l'avait vu sans dessus-dessous. Un peu plus un peu moins. Qu'est ce qu'il dirait. "Cassandre est une gentille gamine" ? Bien sûr. Qui irait croire ça. Qui irait croire ces balivernes, ces mensonges. Qui irait croire la réalité dans ce monde de dingue.

La jeune fille s'approche alors du garçon, ne mettant que quelques pas entre elle et lui, elle murmure, de sa voix légèrement roque et abimée par toutes les clopes fumées en trop peu de temps, elle parle dans un soupire, sans haine ni envie, sur un ton neutre, tellement qu'il semble faux.

« Et qu'est ce que tu diras ? »

Les mots résonnent quelques instants avant de mourir à ses oreilles. Elle s'approche un peu plus. Au point où ils en sont, elle fera sa belle, sa Lipovsky jusqu'au bout de ses ongles rouges. Mais aucun contact physique. Elle ne tient en aucun cas à rompre ce moment qu'elle considère comme privilégié malgré la tension entre les deux Winterhoods.

« En général, on ne viens pas vraiment me voir pour rien, tu devrais le savoir, de... »

-mande à Geoffrey.
Mais elle coupa sa phrase. Trop c'était trop. Il fallait rester dans les limites du jouable, du possible. Elle avance encore. Un dernier pas. Un seul. Ils ne sont plus loin l'un de l'autre. Puis elle secoue la tête.

A quoi ça sert, de jouer avec un gars qu'elle n'arrivera jamais à atteindre ?
Mais vous ne connaissez pas Cassandre, la joueuse, la manipulatrice. Elle a peur. Elle est terrifiée. Elle ne sait pas quoi faire. Mais elle en veut encore, plus et toujours. Sûrement comprendrait-il, ce fort caractère. Sûrement saurait-il l'envie qu'elle a de parvenir à ses objectif, puisque lui aussi est chez les Winterhoods. Parce que lui aussi, il est censé être imbuvable derrière ce sourire dégoulinant de gentillesse.
Mais qui a le plus peur, à ton avis ?


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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 25 Juil - 19:45



    Un pas. Un souffle. Un battement. Cette adrénaline que tu avais oublié, que tu avais choisi de ne plus ressentir. Ce parfum. Celui d'une femme. Il te faisait reculer. Un pas, deux pas, mais pas plus. Fierté ordonne. Fierté exige. Que tu restes à ta place. Alors qu'elle arrive. Ta prédatrice, celle qui te guette, la lionne qui te tourne autour, une relation que tu n'as jamais revécu. Un démon qui te hante. Une peur qui t'envahit. Ton coeur s'emballe alors qu'elle s'approche, prêt trop prêt, alors qu'elle pourrait te toucher, alors qu'elle pourrait tendre le bras et te capturer.. Tu as froid. Autant que ton sang est glacé. Tu n'oses plus bouger, le temps de quelques secondes, peut-être était-ce des heures, tu es pétrifié. Une peur amplifiée, une peur que tu avais oublié, que tu n'avais jamais vécu. Une telle émotion, un sentiment qui te coupe le souffle. Rien de tout ceci n'était naturel. Depuis longtemps Dimitri, tu flippais. Alors qu'elle était trop près, qu'à quelques centimètres de plus, elle t'embrassais. Tu n'osais pas bouger. Qu'aurais-tu fait ? Tu n'étais capable de rien. Tu n'avais jamais été qu'un vaurien, un bon à rien. Un passé qui te revient, un souffle que tu as perdu, des mains qui ne te répondent plus. Et puis, tu essayes de raisonner. Comme le font les faibles. Comme le font les intellectuels, comme le font ceux que tu n'es pas, les autres.

    Elle ne t'attire pas. Tes craintes sont différentes. Tu as peur de te laisser faire. Peur de tomber dans ce cycle vicieux. Tu as peur de toi. Loin d'elle. Loin de ce qu'elle est, tu es conscient, conscient que tout ne peux venir que de toi. La faute ultime, le pêché que tu te refuses, la vie que loupes. Aimer encore. Et d'un coup brusque, ton dernier échapatoir, tu recules une dernière fois. Et tu reprends ton sourire, tu dissimules une fois encore qui tu es, ce que tu es, tu te caches derrière les méandres des expressions, des fausses envies, des faux sentiments. « Que voudrais-tu que je raconte ? » Et des paroles qui dissimulent une peur intense, un sourire en coin menteur, l'envie irrésistible de tirer cette porte que tu as lâché, de t'enfuir, loin de ta prédatrice, loin de ta phobie. Elle. Tu joues la comédie, aussi bien qu'elle est bonne comédienne. Vous êtes les acteurs d'une pièce dramatique, descendus de scène en oubliant de s'échapper de leur rôle. Vous êtes prisonniers, vous êtes liés, en cette pièce sombre, en cette après-midi lourd, en ces regards qui se tiennent. « Je ne tiens pas à tâcher ma réputation en faisant savoir que tu t'es approchée, Lipovsky. » Et un sourire qui s'étire. Encore. Toujours. Une excuse qui en vaut mille. Un regard qui parait si cruel. Des yeux qui n'envoient que mensonge au front d'une vérité cinglante. Des mots douloureux, des paroles sanglantes, un nom pour marquer la distance. Tout du vrai Winterhood, tout pour se faire détester. Tout pour qu'elle s'éloigne. Tout pour se cacher.

    Ils sont rares ces moments, Dimitri, ils sont tristes ces moments, où tes mensonges habituellement souriants se transforment en une voix glaciale, en une voix qui fait mal. Et c'est en desserrant un peu tes poings, en contrôlant un peu plus cette peur envahissante que tu t'approches d'elle, que tu la mets au défit, que tel un serpent, tu gardes la tête haute, que tu continues ton jeu. Tu as laissé tomber le masque de l'idiot, du rigolo, du sympathique. « De... ? » susurra-t-il non loin de son oreille. Et ton coeur, effrayé, qui tente de s'enfuir de ton corps, qui à chaque coup tape un peu plus fort, qui veut se libérer de ce jeu dangereux. Alors tu recules, d'un, deux pas, et tu reprends ton sourire fier, comme si tu l'étais, à ce moment précis, comme si tu ne désirais pas qu'une chose, t'enfuir, partir, être lâche, comme tu savais si bien le faire. « Ne t'approches pas de moi, Lipovsky. Cela te coûterait trop pour que tu puisses y survivre. Ne crois pas avoir suffisamment d'importance pour que je vienne vers toi. » Froid, cassant, ou était le Dimitri qui, il y a quelques minutes, était entré dans cette pièce. Tu ne savais plus quel rôle jouer. Tous tes masques étaient tombés, tu te protégeais d'elle, tu n'avais plus que ton bouclier, le dernier qu'il te restait, cet être sombre, marqué par un triste passé, par une triste rencontre, une triste après midi.

    Tu as perdu contre toi même. Mais certainement pas encore face à elle.





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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 25 Juil - 21:37

Tu joues le jeu
comme un acteurde cinéma.
Celui qui renonce à son rôle
perd.


C'est étrange comme son coeur bât vite, s'emballe. Et ça la met mal à l'aise. Pour la première fois de sa vie. Elle n'est pourtant pas du genre à se faire impressionnée, avec ses airs tellement inhumains. Pourtant le souffle du garçon en face d'elle effleure son visage, un frisson parcours son échine. Elle se demande pourquoi elle a commencé quelque chose de si dangereux. Elle se demande pourquoi elle est tellement peu elle. Pourquoi elle est ce genre de fille avec tous ces complexes.

« Que voudrais-tu que je racontes ? »
« Je sais pas. Un mensonge, peut-être. »

Les mots claquent avant de se briser comme des vagues sur une digue. Elle est si proche de lui que son coeur s'emballe. Mais les mots sont à peine sortis qu'elle s'en veut. C'est une grimace qu'elle retient, qu'elle avale. Pourquoi dans des circonstances comme ça ? Sa fierté l'empêche de s'excuser et de tomber comme une merde sur le sol. Elle tente de rester droite malgré la chute qu'elle attend. Pourtant, qu'est ce qu'elle aimerait qu'il puisse la voir comme elle est vraiment, sans ces robes trop courtes, sans ces colliers qui attirent l'attention sur sa poitrine, sans ce masque qui la défait d'un charme tout autre. Un qui plairait bien plus. Pour lequel on ne suffoquerait pas.

Mais quand quelqu'un à peur, il est impossible de l'empêcher de se défendre avec ce qu'on a. Et elle n'a que le mensonge. Elle se raccroche à ce qu'elle peut. Personne ne peut la sauver. En même temps, qui serait satisfait d'une Cassandre qui obéit aux règles ? D'une Cassandre qui prie, d'une Cassandre qui aime. Non. Personne ne voudrait une fille comme ça. Même pas lui. Une fille trop parfaite est tellement pire. Une fille parfaite te fait vomir ta vie.

Et il s'attaque à sa réputation. Parce qu'il est fier. Il est surtout froid. Comme une lame de couteau dans le dos, qui glisse lentement, d'un revers de lame. On en a les dents qui claquent. Et l'adrénaline ne cesse d'augmenter. Son corps se raidit, se fige. Qu'importe, elle est mal. Elle te cracherait ses regrets désespérés à la gueule avant de t'enivrer de ses larmes. L'image est tellement importante pour les deux adolescents qu'ils en oublient qu'ils sont humains. Ils en oublient qu'ils sont humains, pas encore adultes.

Tu n'imagines pas comme je me sens vide, je veux juste que tu sois toi. Une fois. Rien qu'une seule. Ou du moins un peu moins orgueilleux. Un peu moins cassant. Pourquoi tu ne serais pas comme tu es avec les autres ? Pourquoi tu ne serais pas celui-là avec moi ?

Et ses derniers mots la broient. Elle retient un sanglot. Coincé juste entre sa gorge et ses lèvres. Elle retient les pleurs d'une enfant. Sa fierté et ses envies commencent à s'envoler en même temps que ses mots. Elle est à fleur de peau. Elle est presque à fleur de lui.

« Et pourtant tu sais très bien dans le fond que tu veux du risque, de l'adrénaline. Je suis le précipice qui suit la falaise. T'as juste peur. Et t'arriveras pas à te regarder dans un miroir tant que tu seras pas le plus fort. »

C'est juste de l'orgueil. C'est juste de la haine et un genre de passion dévorante.

Elle se dégage alors de cette sorte d'emprise, elle essaye de faire en façons que le malaise, que la tension disparaisse, elle passe à côté de lui, reste derrière son dos. Toujours avec sa voix douce. Toujours avec cet air innocent qui blesse peut-être aussi un peu. Parce qu'elle se dit qu'elle a le droit de lui faire du mal. Parce qu'elle sent encore le poignard qu'il lui a asséné quelques instants avant.

« Alors si tu te sens capable de gagner... »

Cassandre est une joueuse. Cassandre ne veut pas perdre. Derrière son dos quelques larmes perlent sur ses joues qu'elle s'empresse d'essuyer. Elle ne veut pas perdre la face. Elle n'a que quelques secondes. Ses joues sont un peu roses. Ses joues à peine humide. Mais la pénombre lui laisse le bénéfice du doute.

Arrête de la briser, de l'éclater.


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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 25 Juil - 22:51


    Nature of Inviting


    Tu ne la connaissais pas. Tu n'avais jamais voulu la connaitre. Alors pourquoi. Pourquoi toi, tu étais là, à l'écouter, parler, t’enivrer de paroles, te lancer dans des défis que tu savais irréalisables. Dimitri Faust. Un nom que tu as porté, malgré les années, malgré les douleurs, un nom qu'elle, cette inconnue, se permettait de remettre en question, de dénigrer, de placer comme moins que rien. Tu la détestais. Tu la détestais avant de la connaitre. Elle te faisait peur autant que la colère montait, trop rapidement à ton gout. Quelque chose clochait avec tes émotions, c'est la seule chose dont tu étais conscient. Submergé, tu ne savais plus comment te comporter. Elle t'avait fait baisser ton masque, Dimitri, elle avait osé te voir tel que tu étais. Presque. Et tu t'étais laissé faire. Et tu étais comme les autres, en train de plonger droit dans son piège, de foncer dans un mur duquel tu ne te remettrais pas. Tu fermas les yeux quelques instants, tu n'entendais plus qu'elle. Ses pas, sa voix, son souffle, ses effleurements légers involontaires. Alors, brusquement, tu te retournes, pour lui faire face. Alors, brusquement, tu la pousses contre un mur. Alors, brusquement, tu poses ta main à côté de son visage. Tu la menaces du regard, tu lui envoies toute la haine de ce moment, la peur s'était effacée. Presque. La colère l'avait comblée, tes émotions jouant au yoyo sans que tu n'y comprennes quoi que ce soit. Elle jouait, elle s'amusait, tu étais juste cet agneau blessé, bientôt mangé. Alors pourquoi dans cette pénombre tu savais que quelque chose clochait. Oui, tu savais qu'elle n'était pas aussi sûre d'elle.

    Tu lui laissais le doute. La curiosité. Tu n'avais plus touché à une fille. Jamais. Jamais depuis ce jour là. Mais la curiosité était là, toujours. Plus prenante, plus poignante, et à ce moment précis, plus importante que jamais. Un coup dans le mur, un coup à te casser un doigt, un coup mortel, un coup qui disparaîtra de tes cicatrices comme le reste. Ses lèvres, attirantes, t'appelaient. Tu la détestais. Tes mains glissèrent le long de ses bras, doucement, hésitantes, elles étaient plus fortes que toi, ton corps vint à se coller au sien, vos souffles vinrent à se mélanger, ses battements de coeur contre les tiens, tes mains ses glissèrent sur ses hanches. Plus mêlés que jamais, alors que tes lèvres allaient toucher les siennes, alors que la folie allait l'emporter sur la raison, tes yeux remontèrent dans les siens, un brun de courage te revint, un brun d'innocence t'emparas. Tu redevins lucide une fraction de seconde qui suffit à tout déclencher. Tu te retrouvais, tu dominais tes émotions. « Tu me dégoûtes. ». C'est tout ce qui réussit à sortir de ta bouche. C'est tout ce qui te vint à l'esprit. Tout ce que tu fus foutu de cracher. De la haine, du dégoût. Tout ce que tu sus faire à quelques milimètres de ses lèvres. Et tu t'éloignas. Tu laissas tes mains tomber de ses hanches et suivre ton propre corps qui reculait du fruit interdit. Avec un sentiment de culpabilité poignant. Avec ce regret soudain d'être passé à côté de quelque chose. Qui, bordel, qui était-elle ? Que, bordel, t'avait-elle fait ? Elle te connaissait, Dimitri, elle t'avait ensorcellé sans que tu ne puisses faire quoi que ce soit. Et la folie revint. Et l'envie de l'avoir contre toi revint. Alors tu restes dos à elle, face à se mur. Et la peur, et la crainte, et le dégout de soi même. Tout revient. « Arrête ça. »

    C'était toujours ce ton froid, glacial. La bataille Dimitri, elle n'est aps contre elle, et tu en es conscient. A chacun de tes souffles tu le sens, tu le ressens, que le véritable danger, c'est toi. Que le véritable trouve, c'est toi. Que le seul problème dans cette histoire, c'est toi. Tu aurais pu lui donner ce qu'elle voulait. Lui sauter dessus, l'embrasser, après tout Dimitri, tu en meurs d'envie, goûter à ses lèvres pulpeuses, caresser ces jambes fines et découvertes, plonger ton visage dans ce cou parfumé. Mais tu te l'interdis. Pas par fierté. Elle t'aurait conduit à trouver chaque jour une nouvelle fille. A trouver chaque jours de nouveaux plaisirs. Décoince toi Dimitri. laisse toi aller Dimitri. Après tout. Que risques-tu ? Rien. Tu es influençable Dimitri, tu n'as qu'à m'écouter, Dimitri. Et c'est ce que tu fis. Cette idiote. Elle s'était elle même laissée aller au diable. Tu étais toi même devenu le diable. Dans un mouvement docile, violent et doux à la fois, tu te retournas et l'attrapa, tu couvris ses lèvres des tiennes, tu la poussas contre un mur. La tentation du serpent. Le pêché ultime. La punition viendrait.

    Et Ève croqua dans la pomme comme ses lèvres furent recouvertes de tes baisers.



« Imagined that from the outside. I was scared, as much as Ron in Harry potter in front of spiders. I didn't know how I had to act. My all body hurted. I didn't succeed to think. Crying, I went against her. Crying, I apologized in a murmur. Crying, I kissed her. » ;
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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Mar 26 Juil - 0:14

C'est parce qu'on est toujours
trop seul qu'on aime
tant l'
autre
.


Un tremblement. Juste un tremblement de lèvres. La voilà contre le mur, les yeux à peine brillants, les yeux presque éteints. C'est comme si son coeur s'emballait trop vite. Victime de son propre sortilège. Elle est la poupée brisée, elle est la poupée abimée. Cette chose de porcelaine jaunie par tous les mots et les gestes des hommes. Et il est pire que tous les autres, avec son sourire, avec ses airs sympathiques. Il est le pire de tous les autres, parce qu'il ne parle pas, parce qu'il n'agit pas. Elle ne sait pas comment faire face. Complètement déphasée. Complètement dans un monde de torpeur déstabilisante.
Il appose sa main juste à quelques centimètres de son visage mais elle ne lâche pas les billes du jeune homme. Ce n'est pas comme d'habitude, dans ce cadre intime. Dans ce cadre totalement désabusé.
C'est tellement différent.

Et toujours ce tremblement de lèvre, incertain.

Les menaces de son regard ne l'atteignent pas. Ou du moins, elle passe au-dessus. Il y a seulement ce frison dans sa bouche. Il y a seulement cette distance infime et infinie entre eux. Elle ne sait plus quoi faire. Trop paralysée par sa propre peur de tout gâcher, de ne pas savoir comment profiter des choses. De ne pas savoir comment être elle. Pas un geste. Pas un mot ne s'échappe. Juste ce silence, juste ses légers soupirs craintifs. Ce n'est pas la colère du garçon qu'elle craint, non. C'est sa haine. Transperçante, étouffante.

Elles s'entrouvrent, à peine.
Sûrement il ne le remarque pas.

Et il frappe. Juste à côté de son visage. Un sursaut. Un cris étouffé s'échappe de ses lèvres à demi-closes. Ses yeux s'écarquillent, ce ne sont plus ceux de la tentatrices mais ceux d'une enfant terrifiée par le tonnerre. Encore un mouvement de ce genre et elle pleure, elle tombe. Encore un mouvement de ce genre et elle se meurt, comme une fleur fanée.
Mais non. Ses gestes se font plus doux, plus attendris, elle cligne à peine des yeux, ne le lâche pas du regard. Elle le dévore tout entier sans même bouger un cil. Et il se colle contre elle. Aucun moyen de s'échapper. Juste entre un mur et un rêve. Juste entre lui et la fin.
Ce ne sont pas des corps emmêlés dans la sueur et le désir de se faire plaisir, à sois même et à personne d'autre. Non, ce sont deux corps qui ne font qu'un par des battements à l'unissons, par des respirations qui se complètent. Ce n'est pas comme un orgasme, ce n'est pas comme une jouissance. Non, elle respire du rêve, l'inhale au plus profond de ses poumons.

Et tout se brise.
« Tu me dégoûtes. »

Ce sont des paroles crachées qui la détruisent. Qui la blesse. Ses genoux flanchent une fraction de secondes. Et ses lèvres continuent de trembler, alors qu'il y a quelques secondes, elle était à deux dois de l'embrasser, prise de passion, prise de désir, éprise de lui.

Il recule, s'évade. Reviens, veut-elle lui crier. Mais rien. Une larme s'échappe. A fleur de nerfs. A fleur de peau.

« Arrête ça. »

Elle craque. Le revers de sa main viens se poser sur la moitié de son visage, étouffant son désespoir, essuyant sa peine. Elle n'arrive plus à rien. Elle sent encore son parfum. Elle sent encore le poids de son corps contre le sien, l'emprise de ses mains sur ses hanches. C'en serait presque digne d'un film. Mais il a tout brisé, en deux mots. En deux petits mots. Pire que l'absence de tout. Pire que ce silence qui la broyait.

Elle se mord les lèvres.
Et il revient, comme une vague déferlante, embrasse ses lèvres, elle ne sait plus où elle est, elle ne sait plus quoi faire, se laisse faire. Elle se relève à peine de sa chute interminable, ou plutôt, la ralentit. Elle laisse sa main aller sur son coxys et remonter le long de sa colonne vertébrale. L'embrasse de toute son âme. Un idéal, un rêve, qui peut s'éteindre à tout moment. Elle plisse la chemise de son amant d'un instant entre ses doigts fins, saisit quelques mèches de sa seconde main. Elle se vend, encore. Elle se vend, différemment. Comme une première fois. Elle se donne au diable, elle se donne entière à cette incarnation de tout ce qu'elle hait et tout ce qu'elle aime.

Brisé cet instant ou le sauver, quelques secondes de plus.
Se retirer, et briser le charme de ces lèvres-là, celles qui l'ont appelées. Elle se retire quelques instants. Embrasse sa nuque, respire sa chevelure. Elle l'aime, quelques moments. Quelques idéaux. Quelques souvenirs fictifs. Un murmure, un seul. Juste un mot. Un seul.

« Toi »


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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Mar 26 Juil - 9:46


So Fuck U anyway.


Tout n'était plus que torpeur, douleur, tout n'était plus que souffle, envie, désir, rejet, tout n'était plus qu'enfer et paradis. Elle, ses lèvres, qui lâchèrent les tiennes, elle, son corps, couvert par le tien, elle sa voix, son murmure, amoureux d'un silence étreint. « Toi » Tout. Tout n'était plus que souffrance. Vous n'étiez pas faits pour vous voir. Vous n'étiez pas faits pour vous rencontrer. Chacun incapable de se contrôler. Chacun envoûté par une fierté. Chacun ensorcelé par un fil invisible. Chacun dévoré par le désir. Des frissons, tu les sens, ces frissons qui parcourent ton corps alors qu'un baiser se pose dans ta nuque, dans ton cou, partout, peu importe, tu le sens. Ces lèvres, encore, alors que tu l'enlaces, alors que tes mains frôlent doucement son dos, ta main l'oblige à rester contre toi. Tu ne veux pas t'en séparer, Faust, tu es pris dans les filet, tu es pris dans le pêché. Luxure. Envie. Colère. Tu était juste perdu. Tu t’accrochais juste à la seule solution que tu envisageais. Elle. Ses cheveux. Ses yeux bleus. Tu voulais aller plus loin. Tu voulais son corps. Tu la voulais pour toi. Comme tu l'avais toujours fait. Comme tu avais gardé ce côté égoïste. Tu voulais qu'elle t'appartienne, à son tour, le temps de quelques instants en plus. Le temps de quelques secondes de rêves. De cauchemar. D'enfer. Le temps de t’enivrer, encore, de ce parfum interdit, le temps de. Le temps.

« Toi ». Un murmure. Un souffle à peine audible. Un quelque chose dans le creux de son oreille, un mot pour en dire mille. Pour crier à la haine la passion dévorante. Pour lui donner cette faveur inquiétante. Si elle se vendait à lui, lui se vendait au diable. Ses mains glissèrent sur son corps parfait. Ses mains glissèrent de sa nuque à ses hanches, de ses hanches à ses cuisses, profitant de se contacte furieux, de cet interdit franchit. Et il rattrapa ses lèvres. Et il décida qu'il n'était pas encore l'heure de se réveiller. Pas encore temps de regretter. Il attendrait, il retardait. Comme tu l'avais toujours fait, Dimitri, comme tu le ferais toujours. Abandonné à la facilité. Abandonné à la frayeur, tu ne voulais pas vivre le futur. Tu t'abandonnais au temps, aux secondes qui défilaient, tu t'abandonnais au diable. Tu la soulevas, ses jambes entourant ton corps, cette vie emprisonnant la tienne. Le désir et la folie de front. Le désir et la folie de face. Le désir et la folie ensembles. Tu vous déplaças. Tu la posas, sur cette estrade dont elle était descendue plus tôt, tu la posas, délicatement si délicatement, trop délicatement. Elle n'avait pas le droit d'être là. Tu n'avais pas le droit de faire ça. Vous n'aviez pas le droit. Et tu romps le baiser. Et tu embrasses ses joues humides, et tu embrasses ce cou fragile. Et tu remontes, jusqu'à son oreille chacun de ses cheveux se posa sur ton visage, te vendant un peu plus de son cauchemar, de cette horreur, de ce qu'elle est.

Ta main remonta son T-shirt, doucement, l'autre se baladait, plus bas que son dos, l'autre l'obligée à être collée à toi malgré vos positions. Malgré que tu sois resté debout alors qu'elle était assise. Malgré que tout vous séparait, encore. La différence d'un monde, la différence de sentiments, la différence. Tu t'étouffais dans cette adrénaline, tu attrapais une nouvelle fois ses lèvres si tu ne les avais pas lâchés auparavant. Tu en voulais plus. Toujours plus. Jamais assez d'elle, jamais assez de cette colère, jamais assez de ce plaisir, de cette haine, de cet interdit, de ce courage. Jamais assez de ta témérité. De cet amour. De cette aveuglante attirance. Il n'y avait plus rien à payer, plus rien à devoir, il n'y avait plus rien de toi. Juste ton instinct, celui d'être prêt d'elle, juste ton instinct, celui d'être un meurtrier, juste cet instinct, réduit à vouloir l'impossible, à vouloir transgresser les règles qu'il s'était lui même fixé.Ta main sous son T-shirt, ta main dans son dos, qui séduit une fermeture, qui s'empare du fermoir, une main qui déshabille le diable.

« Arrête moi. ». Prière menteuse. Dernière goutte de raison dans cette scène d'horreur. Dernières paroles, derniers supplices. Dernière demande.Passion mortelle. Passion enivrante alors que tu blottis ton visage dans ses cheveux, dans sa nuque, alors que des baisers se posent où ils peuvent alors que vos corps sont encore et toujours collés, alors que ta main est passée sous son T-shirt, alors que ton coeur crie sa haine. Alors que. Tu étais là, incontrôlable si ce n'est pas la demoiselle, enchaîné à un poison mortel, à une envie que tu avais redouté. A une chaîne que tu avais détesté. Oui.

Tu aimais tant la détester.



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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Ven 29 Juil - 22:39

« Toi ». Un mot. Trois lettres. « Toi ». Personne d'autre. « Toi » et elle. Celui qu'elle désire. « Toi » son idylle, son voeux, son souhait, son rêve. « Toi » son inespéré tant espéré. « Toi » son « Toi ».

Il est son utopie secrète, et dans une étreinte ils se partagent et s'oublient. Le temps d'un baiser elle dépose sa fierté et avance vers l'ennemi, s'offre à lui. Pleinement. Ame et corps. Elle s'agripe à chaque parcelle de ses vêtements, de sa chaire. Les soupirs d'hésitation se sont transformés en gémissement de désir. Autour d'eux le temps se ralenti, eux s'accélèrent dans des mouvements spontanés tant de fois rêvés.

Il la pousse un peu plus contre le mur. Chacun de ses battements de coeurs raisonnent dans le corps de l'adolescente. Ses jambes viennent s'enlacer autour de ses hanches. Alors qu'il la porte elle ne cesse de poser ses lèvres sur chaque centimètres de sa peau. Et elle lui hurle dans un murmure de l'aimer. Encore. Un peu plus. Toujours.

Poupée entre ces mains qui la déposent délicatement, trop délicatement, sur les planches. Cette syllabe insignifiante et ravageuse. Elle parcours son corps descend le long de son échine comme un léger frisson, meurt au bas de son dos. Un temps puis l'extase. Elle se cambre, balançant sa tête en arrière. Puis sa crinière brune retombe délicatement sur le visage du blond qui recouvre son buste et son visage d'amour. Elle est sienne. Encore. Entièrement. Pleinement. Pour cet infini écourté à quelques instants. Elle est sienne. Et elle lui dirait. Toutes ces choses que l'on espère même plus. Elle lui dirait. Tout. D'un geste de lèvres, d'un battement de cil, d'un regard, du bout des doigts.

« Toi », son rêve inaccessible maintenant enlacé et épousé. Elle se blottie contre son corps, enchainée au démon sans essayer de s'en défaire. Elle le laisse faire. Elle se laisse déshabiller d'un geste simple et désinvolte. Et il est toujours cerné par les jambes de la belle Cassandre. Tous les élans d'amours qu'elle a eu n'égalent pas celui-là. Cet excès de tendresse violente. Ce surplus de haine amoureuse, de dégoût délectable. Il est son intime interdit. Le fruit défendu, le fruit désiré. Et il est là, entre ses lèvres à lui susurrer de le croquer. Et il est là, à lui manifester son envie par des gestes. Cassandre, le diable t'as envoutée.

Elle se laisse amoureusement tomber aux enfers avec cet homme qu'elle aime sans connaître.

Elle lui détache sa ceinture, dessert quelques instants l'emprise de ses jambes. Juste le temps que le vêtement tombe. C'est déjà trop long. Il est pire que toutes les drogues auxquelles elle a touché. Pire. Pire que la coke, pire que les hommes. Elle s'est abandonnée à lui, sortie des tranchées les bras le long du corps, sans armes ni drapeau blanc. Elle s'est abandonnée à lui. Les masques sont tombés, ils retirent peu à peu leurs costumes cousus de fierté et d'hypocrisie. Ils oublient leurs rôles pour n'être qu'eux, humains désemparés face à cette overdose de sentiments et d'émotions.
Il s'enivre une dernière fois de son parfum, la supplication du bout des lèvres. Pourquoi l'arrêterait-elle ? Elle qui en rêve. Elle qui en crève. Lui qui la rend importante. Lui qui ne fait plus qu'un avec elle.

Et le temps reprend son cour sans qu'elle ne s'en rende compte, encore trop ivre de lui. Comment résister à cet amour haineux ? Comment résister tout simplement ? Elle ne peut même pas nier aimé celui qui la méprisait quelques secondes plus tôt, quelques siècles avant. Elle ne peut pas répondre à son vœux menteur. Elle ne peut que lui souffler de continuer, de ne jamais s’arrêter. Elle ne peut que le supplier aussi. Un « aime-moi » qui ne sort pas, éteint sur ses lèvres. Impossible a formuler, à prononcer. Et elle lui adresse cette prière honteuse sa bouche contre la sienne.

« Rejettes-moi » pourrait-elle crier, mais elle n'en a aucune envie. Elle veut simplement le garder, ce laps de temps, trop court et trop long à la fois. Ce laps de temps rien qu'à eux. Pour toujours et jamais.

Mais amour, désir et passion s'éteignent face à la réalité. Qu’adviendra t-il d'eux ? Ils ne seront plus leurs défendus, leurs interdits, leurs prohibition. Ils ne seront plus leurs fantasmes inassouvis, c'est quand elle défait lentement les premiers boutons de sa chemise que des mots se forment dans sa gorge, noués, emmêlés.
Dernière hésitation qui fait chavirer son cœur. Elle inhale une dernière fois son parfum, goûte une dernière fois ses lèvres, caresse une dernière fois ses cheveux.

« Abandonne-moi », le supplie t-elle au bord des larmes qu'il vient de sécher. « Abandonne-moi », répète t-elle en se plongeant dans son regard. « Maintenant ou jamais. »

Et il est trop tard pour revenir en arrière. Elle regrette déjà chacune de ses phrase. Quelque soit la réponse, ils n'y survivront pas. Maintenant et elle se fane, se brise, se meurt. Jamais et elle restera sienne, lui donnera son corps, là, maintenant, et il ne sera qu'un énième sur la liste, plus qu'un parmi tant d'autres. Il ne sera plus jamais Dimitri Faust Morstrom. Il ne sera plus jamais « Toi ». Et ils seront lassés une fois déshabillés de leurs fiertés. Ils ne seront plus jamais ces deux êtres passionnés, plus jamais qu'un souvenir aux saveurs oniriques, plus jamais qu'un morceau de rêve déséchoué.

Et elle soupire son prénom dans trois syllabes de plaisir meurtris.






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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Sam 30 Juil - 1:08



    Tu regrettais chacun de tes gestes. Chacun de tes soupirs. Chacune de tes envies. Tu t'en voulais déjà, alors qu'elle déboutonnait ta chemise, alors que ton pantalon était au sol, alors que tu t'étais laissé transporté. Tu voulais revenir en arrière, tu voulais arrêter de vivre cette utopie, tu voulais arrêter de respirer, juste pour elle, pour ne pas la voir pleurer, ne pas la faire regretter. Juste pour toi, ne pas te voir pleurer, ne pas te faire regretter. Un rêve courait toujours à son terme, une bonne chose touchait toujours à sa fin, une vie finissait par s'éteindre. Et la fleur se fana. Deux mot. Une déchirure. Et les larmes vinrent, discrètes. Et la culpabilité s'écrasa. Et ton visage se cacha. Dans son odeur, dans ce qu'elle était de plus profond. Toujours plus proche. Ses cheveux étaient doux sur tes joues. Sa voix était cassée dans ton dos. Son cœur était meurtri sur ton torse. Tu voulais rester collé à elle, idée utopique, idyllique, la lâcher ne serait que pêcher. C'est ce qu'elle demandait. C'est ce que tu ferais. Mais pas encore. Une minute. Une minute à rester collé, sans bouger, dans une étreinte étouffante, dans une étreinte aimante. Une présence. Près de toi, un laps de temps où tu n'étais pas seul. O tu n'étais plus seul. Échapper à la solitude dans laquelle tu t'étais enfermé. Dans laquelle tu périssais. Échapper à toi même, rester avec elle. Sans masque, sans tabous, sans lois, sans sourires malsains. Et puis. Une douleur dans le cœur. Une boule dans le ventre. Un frisson d'horreur. Vos corps se détachèrent. Vos idéaux redevinrent clairs. Les démons s'écartèrent. Elle n'était plus tienne.

    La solitude n'est-elle pas, pour qui aiment la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructibles des présences ? Tu la détestais, elle que tu évitais, toujours, elle qui te faisait penser, réfléchir à ton passé. Elle qui te poursuivait. La solitude. Enchainée, Embrassée à ton corps, à ton être. Sans un mot, sans un geste, tu t'allongeas, bras collé au sien, corps à côté du sien, fixant le plafond, fixant le vide, fixant le néant. Ce qu'il restait de ces dernières minutes. L’Oubli. L'interdit affranchi. Tu résistais. A cette envie, et tes sentiments, amplifiés, criaient. Criaient un secours qui ne viendraient pas. Et tes émotions hurlaient. Hurlaient une douleur qui ne partirait pas. Il n'y avait, dans cet ultimatum sans retour, aucun échappatoire au futur. Aucun échappatoire au passé, aucune issue qui aurait permit la fuite, qui t'aurais permis de t'enfuir, de ne plus lui nuire. S'attacher, se détacher, s'approcher, s'écarter. Ta main glissa sur ses doigts fins, les entoura, les aima, les serra. on bras entoura son ventre fragile, toute passion, toute déchirure s'était écartée. Tes lèvres se posèrent sur ses lèvres, un baiser amère, un baiser au goût d'au revoir, un baiser que tu prolongeas, un bras que tu caressas, une dernière fois. Puis des cheveux que tu attrapas, doucement, une dernière fois, un regard, un sourire, triste, heureux, une émotion, indescriptible, et un dernier baiser, avant de doucement te détacher, complètement, avant de finalement te lever, te rhabiller, sans te retourner.

    Avant de finalement tout gommer.

    Si le coup de foudre existait, il faisait parti de ses victimes.
    Au temps. A l'amour. A la vie. Il ne la connaissait pas, il ne se l'expliquait pas, cherchait déjà des réponses amères qu'il ne voulait pas connaitre. Elle la lui rappeler. Un peu. Surement. Il ferma les yeux alors qu'il nouait cette ceinture que, quelques secondes auparavant, elle avait détruite, ce cadenas que, quelques minutes auparavant, elle avait ouvert, cet interdit que, quelques siècles auparavant, elle avait franchi. Sa gorge se noua, n'osant pas, ne voulant pas se retourner, la voir, son désespoir, son au revoir, il resta planté là, puis se dirigea, lentement, trop lentement vers la porte. Il ne pouvait pas. Pas la laisser là. Mais déjà les masques s'étaient renfilés, déjà il ne pouvait plus la réconforter. Être celui qu'il voulait être, réussir à se délivrer de l'attache de la fierté, de la volonté de ce qu'il n'était pas. Lança un très léger regard derrière lui, ne pouvant même pas l'apercevoir, sa voix paraissait si sûre, si imperturbable, qu'il s'en dégouta lui même. Un simple « A jamais. ». Une promesse d'amour éternel qu'il ne comprenait pas. Une promesse d'un renouveau. Un choix qu'il avait fait, qui le détruisait. Un mot qui définissait ce qu'il voulait, ce qu'il attendait, ce qu'il n'aurait, ce pour quoi il ne cèderai pas. Et en reprenant son ton habituel, un air un peu hautain, un peu amusé, un peu moqueur, mais toujours sans se retourner, peut-être pour cacher ses yeux brillants, peut-être pour ne pas lui montrer qui il était.

    « Heureux de t'avoir rencontré, Lipovski. ».

    Cruelle défaite. Et pourtant, main sur la poignet, tu ne te résignais pas encore, pas encore à la quitter.
    Définitivement.



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Cassandre S. Lipovsky

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Lun 1 Aoû - 16:57

[Mise en page à venir, encore]


Il lâche quelques secondes. Juste assez pour que son coeur lache avant de repartir quand il s'allonge à côté d'elle. C'était un genre de fin, de début. Un moment en dehors des autres, en dehors de tout. Un moment juste à eux. Juste pour eux. Un moment unique et tellement infime. Un bruit de papier froissé aurait tout brisé, mais il n'y avait que leurs respirations. Leurs vies. Et aucune réponse à ces deux mots. Aucun choix parmis les deux autre. Juste le flottement interminablement doux de leurs doutes. Juste ça.

Ses mains s'attachèrent à ses doigts. Ils s'emmêlent, s'attardent sur sa peau. Lui. Sa main. Sa peau. Lui. Et il enlace son ventre. Lui. Son bras. Son étreinte. Lui. Ses lèvres, son baiser. Lui.
Et pourtant ce n'était pas comme avant. Ce n'était pas comme ceux d'avant. Plein de passion et de pulsion. Plus doux. Plus âpre. Tellement long, et pourtant il lui sembla ne durer qu'une seconde. C'est de celui là qu'elle se souviendra parmis tout les autres. Parce qu'il a un goût un peu salé comme les larmes. Et pourtant tu remarque chacun de ses autres gestes. La manière dont il saisit cette mèche.

Et il se détache pendant qu'elle l'observe, toujours allongée.

Son sourire. Loin d'être agréable, loin d'être insignifiant, loin d'être mauvais, loin d'être faux. Il est tout le contraire. Il est simplement douloureux et chaleureux. Et ce baiser qui n'en était pas un. Plus un adieu qu'un geste de tendresse.

Et il s'éloigne. « Jamais ». Il a fait son choix. Jamais eux. C'est lui qui décide. Elle regrette son ultimatum, ses mots, ses gestes. Elle regrette même jusqu'à avoir été ici, de lui avoir adressé la parole plutot que de l'avoir laisser vivre. Lui et sa lettre. Lui et son faux visage. Elle regrette de ne pas avoir garder cette image d'idéal, échangé par ce trop-idéal qui ne l'est pas.
Il se rhabille. Elle n'a plus le choix. Elle se redresse. Le regarde faire. Son sourire s'est éteint sur ses lèvres. Ses joues sont encore humides mais ses yeux sont trop secs pour la situation. Il part, il est parti. S'avançant. Sans se retourner. Sans un regard. C'est comme au début. Elle n'a pas envie de pleurer, de perdre la face. C'est comme au début. Le plus immonde des deux à gagner. Et elle sait déjà qu'elle a perdu. Son coeur pleure. Ses poumons crient. Seule sa carapace reste immobile, figée. Et pourtant elle veut être plus forte que lui.

Torture. Un peu. Toujours. Ce n'est qu'un jeu. La vie n'est qu'un jeu. Les humains ne sont qu'un jeu pour Lipovsky. Personne ne le sait sauf elle, qui s'amuse avec ses poupées sans même tenter de les manipuler avec les ficelles qu'elle peut avoir. Mais elle avait abandonnées les règles et les dès, les cartes et les ficelles. Elle avait oublié à quel point elle était une ordure. Mais la partie avait repris son cour. Il avait choisi de reprendre cette distraction qu'est la vie. Elle le suivrait en le laissant de côté. Il avance trop lentement. Toujours. Un peu. Torture.

« A jamais. »
Murmure assassin. Murmure d'amour de haine et de tout le reste. Sauf d'indifférence. Et sous ces deux mots oppressant, son corps se retient de cracher son dépit. Seule une larme s'échappe. Adieux la voix de princesse. Adieux la voix douce.
« Pour nous », chuchotta t-elle dans un rellant de dégoût. A jamais pour nous. Fiançailles décédées avant même d'être prononcées.

« Heureux de t'avoir rencontré, Lipovski. ».
Non. Il n'est pas heureux. Il n'est pas heureux de l'avoir rencontré, de l'avoir aimé de son corps. Il n'est pas heureux de cette fin. Elle le sait. C'est pareil pour elle. Pour son corps détruit. Alors elle ramasse son soutien gorge qu'elle fourre dans son sac. Alors elle descend de cette estrade. Alors elle avance, faisant résonner ses talons dans la salle entière. Comme au début. Comme avant. C'est un retour aux origines. Mortel. Mais ça ne sera jamais comme avant. Pas pour eux. Pas entre eux.

Et elle le dépasse sans se retourner. Pousse sa main d'un geste de colère. Passe la porte. Une larme. Une dernière. Tout est fini. Elle est redevenue Lipovsky.



C'est la fin. Et une fin n'est jamais heureuse.


YOU DON'T KNOW ME, YOU DON'T EVEN CARE
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Dimitri F. Morstorm

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MessageSujet: Re: Cette solitude qui t'enchaine [LIBRE]   Mar 2 Aoû - 20:29


    Sweet Dreams are made of This


    Le bruit de ses pas. Froids. Ils résonnent. Un à un, dans cette salle trop grande, dans cette salle sans âme. Des talons. Froids. Sans âme. Elle n'était plus elle. Plus celle qu'il avait rencontré. Plus cette fille passionnée. Elle était redevenue. Lipovsky. Fille facile au coeur de pierre. Fille sans volonté, sans personnalité. Fille futile. Il ne la connaissait pas. Pas elle. Pas celle là. Et elle s'approchait. Et son coeur rebondissait à chaque pas. Et son souffle était court. Et il voulait l'attraper. Et il voulait l'embrasser. Il voulait la retrouver. Ne pas la quitter. Il voulait être avec elle, encore, et il luttait. Contre ces émotions, contre ces sentiments qu'il ne contrôlait plus, contre ces envies qu'il ne comprenait plus. A la finale, il lui avait cédé, à cette fille qu'il ne connaissait pas, à cette fille qui lui plaisait, à cette fille qu'il aimait. Croyez-vous au coup de foudre ? Vous devriez commencer. Dimitri sourit ironiquement à sa propre pensée, toujours bloqué devant cette porte. Il ne voulait pas s'en aller. il ne voulait pas quitter cette salle de cauchemar, cette salle au goût de fantasme inimaginé. Mais il n'avait plus le choix. De retrouver ce masque, de réparer ses erreurs. Alors il sourit. Ironie.

    Et il la sent. Et il la voit. Passer. S'en aller. Tu cries. Intérieurement. Son prénom. Cassandre. Son nom. Lipovsky. Tu la pries. De revenir. Sans en dire un mot. Sans en prononcer une syllabe. Et là, alors qu'elle est partie, alors qu'elle n'est plus là, alors que tout est fini, tu reste ici, immobile, la porte se refermant doucement, la porte annonçant difficilement cette fin, dans un infime grincement, dans un dernier bruit de douleur. Et tu voudrais. Et tu aimerais pleurer. Mais les dés sont jetés. Vous n'êtes plus que des pions sur cet échiquier. Tu n'es plus le Roi, elle n'a jamais été la reine. Cet échec n'est pas mat. Tu le sais. Tu ne voulais pas. La voir partir. La laisser partir. Mais tu ne devais. Tu ne pouvais pas courir derrière elle. Tu pouvais simplement regretter. D'avoir fait ce choix, de ne pas pouvoir revenir en arrière. Alors tu souffrais, de ne pas être celui qui tu voulais, de ne pas être courageux. De te pas être chez les rouges, de ne pas oser faire ce que tu veux. Tu t'en voulais, à cause de cette fierté, à cause de cette malignité, des faits que tu pouvais supprimer. Orgueilleux, fier, idiot.

    Alors tu attends qu'elle se soit éloignée. Qu'elle ne soit plus derrière cette porte, alors tu attends de sentir la colère monter. Contre toi. Contre vous. Contre le monde entier. « Putain ! » et tu cognes. Ce mur, qui ne t'a rien fait. Tu sens tes doigts craquer. Tu sens tes doigts se décomposer. La chair brûlante. Le mur fissuré. Les os cassé. Tout ta force dans un coup. Toute ta rage dans un geste. Toutes tes regrets dans un juron. Et tu ignores la douleur, tu laisses ta peau se réparer, presque automatiquement. Et les larmes montent. Celle de colère. Celles qui sont amères. Regrets. Envie. Volonté. Et seul, livré à toi même, à ta culpabilité, celle d'avoir cédé, celle de ne pas avoir cédé, celle d'avoir oublié ton passé, celle de ne pas t'en être empêché, celle de l'avoir laissée filer, cette culpabilité de tout, tu colles ton dos à ce mur fissuré, et tu te laisses glisser. Au sol. Assis. Au sol. Et tu te laisses emporter. Au sol. En pleur. Au sol. Ta main déjà guérie se pose sur ton visage alors que tu pleures. Comme les enfants. Comme les grands. Tu retrouves ton humanité. Tu n'es pas encore Morstorm. Tu n'es pas encore en mesure de sourire. Pas pour le moment. Quelques instants de répits.

    Et tu pleures. Toutes ces années. Et tu pleures. Tout ce que tu as fait. Et tu pleures.

    Tu ne lui en veux pas. Pas à Lipovsky, pas à Cassandre. Le seul coupable, c'est toi. Le seul; l'unique. Dépassé par ton passé. Dépassé par ce qu'il venait de se passer. Dépassé par ce que tu étais. Tu ne pouvais pas la laisser filer. Tu devais la rattraper. Tu devais te l'approprier. Elle. Un idylle. Tu avais besoin de son parfum. Tu t'en étais persuadé. C'était elle. Pourquoi, comment, peu importait. Et tu fixais le mur alors que tes larmes se calmaient. Et tu souriais déjà ironiquement. « Sérieux, quel con. » dis-tu, comme si tu réalisais, ta position, ton comportement. Et tu ris. Et tu te relèves, et tu vas vers le robinet de cette pièce, et tu te passes le visage sous l'eau gelée. Les volets sont toujours fermés. L'horloge était toujours arrêtée. Comme s'il ne s'était rien passé. Comme si tout avait été rêvé. Comme si rien n'avait été vrai. Sauf. Sauf.

    Une marque de rouge à lèvres sur ton col, un témoin étranglé à ces derniers instants passés.




    Sujet Clôturé.




« Imagined that from the outside. I was scared, as much as Ron in Harry potter in front of spiders. I didn't know how I had to act. My all body hurted. I didn't succeed to think. Crying, I went against her. Crying, I apologized in a murmur. Crying, I kissed her. » ;
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